mercredi 30 janvier 2013

Zéphyrin au Carnaval des animaux

Suspense, intrigues instiguées et stupéfaction : c'est le moment feuilleton ! 

Au firmament du monde règnent les esprits qui veillent sur toute chose vivante ici bas. Les années passent et le cycle de vie et de mort renouvelle la vitalité de la terre en lui apportant le liquide sacré qui détermine tout mouvement. Les sphères astrales se nourrissent, elles, des âmes des héros vaillamment tombés au combat.


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Hommes, femmes, esprits de notre tribu, entendez ma voix qui vous vient de l'autre côté. En cette nuit de deuil de l'enfance, nous devons nous rassembler autour du feu purificateur et nous rappeler les principes fondamentaux qui régulent notre existence. Nos futurs guerriers doivent entendre ce qui jusque là leur était tu, et saisir le sens de la mission qui leur sera dévolue.

Inspiration ... 
Expiration ...

Je ne vais pas vous raconter une histoire, mais vous la faire vivre. Inspirez en cadence et écoutez ici et maintenant, l'avènement de l'esprit totémique qui nous protège, le Serpentin.

Il y a longtemps, bien longtemps ... il était encore un simple animal. Sa malice, sa clairvoyance et son goût pour le challenge lui donnaient un avantage incontestable sur ses proies, et rares étaient les prédateurs qui osaient lui tenir tête.

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Pur, propre et pourpre descendant issu de générations et de générations de féroces écaillés, il usait vaillamment son émail sur les chairs à la tendresse sans égale des marmailles grouillantes et de leurs ascendants non moins goûteux du royaume animal ...

Voici comment l'animal atteignit la pleine conscience de soi, et comment il devint un esprit. 

Voici comment le Serpentin rencontra  Zéphyrin...

Silence, maintenant ! Voilà la chose ...



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Serpentin ne faisait guère de cas des humains. Comme c'est l'usage, il en croquait un de temps en temps pour maintenir la légende, comme on dit.

Parfois il apercevait, dans le lointain brumeux des méandres ombragés du Fleuve, des embarcations piquetées d'Hommes dont les mains rougies maniaient autant la pagaie que la sagaie, et n'hésitaient pas à plonger leurs flèches dans du poison de manioc. 

Souvent étaient-ils en recherche d'une de ces batailles dont les lointains fracas le passionnaient pour une raison particulière... 

En effet, il était féru de prose plus ou moins épique ! Voici pour vous, chère tribu, quelques mots édifiants de Serpentin, langue fourchue du Verbe :

"La guerre et ses travers, les forts et leur adresse, le sort des troupes adverses, le chagrin dans les palmières, le matin froid des blessures d'hier. Des poussières d'or aux poussières d'os, les cendres sont vivaces et revitalisent l'avenir. Nulle larme pour les vaincus."

Le Serpent appréciait et respectait la lutte : la loi de la jungle ajoutée à son métabolisme de reptile l'avaient naturellement destiné à la froideur sanguine. Quel mépris il avait pour ces guerriers agonisants et geignards ! Il n'aurait certes pas négligé une bataille, mais jamais il n'aurait dévoré un mourant car il n'était pas un charognard mais un chasseur, le meilleur d'entre eux.

Bien sûr, la vie d'un chasseur n'est pas aisée. Il faut chaque jour ou presque rôder, s'infiltrer, surveiller, jaillir, tomber, se battre et plus rarement ... manger. Mais les moments de détente ne sont pas rares, à profiter agréablement de la viscosité glaçante des filles herbacées, moussues et fraîches de la Forêt.

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Serpentin était donc recroquevillé tranquillement dans son repaire, quand soudain surgit Compère Kwikwi, le volatile le plus makwo de la forêt.

Voici ce que vint raconter Compère Kwikwi à Serpentin :

-Serpentin, Serpentin ! Ecoute, je me promenais à mon aise, zigzonillant au travers des ondes éthérées du vent mutin, lorsque tout d'un coup ! Je te le donne en mille ! J'aperçus quelque chose de si flûtement extraordinaire que j'en avalais presque mon râtelier. 
Ah, tu t'interroges sur l'existence de ces dents artificieuses ? Sache que dans notre Forêt verdoyante, loin des yeux sournois des ornithologues, les poules ont bel et bien des dents ! Du coup, nous autres volatiles narcissiques doublement volages mais édentés, avons-nous décidé de muter par substitution en picorant au gré des colliers des Hommes les éléments nécessaires à notre ersatz précaire mais néanmoins resplendissant de dentition. Enfin, bref !


-Shwishwi ...
-Je vois que ta langue commence à siffler, et ...
-N'est-ce pas ton nom ? Shwishwi ?
-Non, et inutile de me menacer de la sorte, j'y viens, j'y viens, à cette anecdote et si tu me permets cette synecdoque, la Forêt a des yeux, et ce sont ceux de Compère Kwikwi ! Donc ! J'étais en plein balan, voguant au gré du bel air et tournicotant tout pendant que ...
Aïe ! Pourquoi as-tu essayé de me mordre ?
-Au fait !
-Oui, oui, j'ai compris ! 

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J'en viens au fait : j'ai vu un Singe dans la Forêt, mais ce n'était pas l'un de ceux que nous connaissons. Il est arrivé au cours de la Demi-Lune sur la côte de l'Onde Brune, à bord d'un canot de couleur prune. Il y avait une Guenon à ses côtés. Je me suis approché et ai ouï ce qu'ils se disaient. C'est une histoire assez incroyable, je te préviens.
Le Singe tenait un bâton à la manière d'un Prophète, et maugréait dans sa moustache au sujet d'une manigance plutôt louche... La Guenon tentait d'attirer son attention mais il fixait obstinément le Fleuve, à la recherche d'une sérénité impossible et pourtant essentielle à son équilibre. Voici ce que j'ai cru comprendre... Le Singe était prisonnier quelque part. La Guenon l'en a délivré.
-Où ?
-Dans une prison, sur une de ces îles lointaines où les habitants se croient plus frais que ceux du continent.
-Dans une réserve pour braconniers ?
-Heu, non. Au fait, il y a un détail important qu'il me faut te signaler.
Ces deux singes étaient autrefois des hommes. 
Le Singe s’appelait Zéphyrin, et sa compagne, Orchidée.
-Ah, ils étaient donc dans un zoo humain ?
-Non plus ! Zéphyrin était un détenu de droit commun, peu communément étourdi, sujet à des exclamations mélancoliques et à de bizarres visites d'hommes poudrés et avinés. Orchidée a donc projeté puis exécuté son évasion.
-Pourquoi ?
-Je pense qu'elle l'aime.
-Comment a-t-elle agi ?
-En ayant recours à de peu recommandables moyens magiques.
-Est-ce à dire ?
-Par le vaisseau d'un ancestral Livre des transmogrifications.
-Ah, dis-m'en plus sur cet ouvrage ...
-Un ancien mage fut piégé par ses ennemis à l'intérieur d'un livre protéiforme, lequel fut enchaîné et enfermé dans une cache secrète au fond à gauche du second sous-sol des oubliettes d'un temple reculé. Tout au long de ses nombreux siècles d'enfermement, le Livre développa ses pouvoirs dont les manifestations séditieuses vis à vis des règles naturelles en firent un artefact légendaire. Mais plutôt que d'être entraîné dans des aventures périlleuses, haletantes et épiques avec des héros du cru, il finit banalement par être offert à une jeune fille par son père entrepreneur, qui avait au cours de l'un de ses voyages entrepris la destruction du dit temple (après l'avoir préalablement pillé) pour y faire construire une maison secondaire... Gentrification, quand tu nous tiens !
-Assez avec ton blabla !


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-Si j'écarte les détails, tu n'y comprendras rien ! Ecoute, voyons. Alors, le Vautour (père d'Orchidée) lui a  offert le Livre dans sa démarche de compensation vénale du manque d'affection familiale. Notre reliure par tous les diables habitée, elle, devait payer le prix de son savoir maudit en sombrant dans la plus fade sensiblerie suivant les phases de la lune (ses "marées"). Fasciné par la tourmente émotionnelle de cette fleur bleue d'Orchidée, le Livre a brocardé ses principes et s'est grimé en journal intime, avec couverture rosée et papillons au fil des pages parsemés.

Usant de la technique ancestrale du matou errant, il se dit qu'en maintenant le contact suffisamment longtemps, il progresserait en tant que confident jusqu'à ce qu'Orchidée le rejoigne enfin vers ce qu'il désirait lui avouer de tout son être : son amour ... 

Hélas, cet amour n'était pas partagé, et le Livre s'est créé son ennemi personnel dans la figure jusque là encore impersonnelle du rival inconnu et incarcéré. Sa psychose en vint jusqu'aux hallucinations, et il imaginait Zéphyrin présent dans la pièce, menaçant la pauvre Orchidée d'écrire les tourments qu'il lui infligeait en détournant son inclination du seul être qui la comprenne vraiment ...


-Oh... Intéressant ! Y aurait-il quelque infâme vilenie à suivre par la suite ?
-Oui, c'est sûr. Donc, Orchidée s'est introduite dans la prison, en prétextant l'organisation d'un évènement littéraire pour l'élévation morale et intellectuelle des résidents généralement peu instruits.
-Ce qui lui a permis de rentrer avec le Livre.


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-C'est exact. Dans le feu de l'action, elle a pris goût à sa séance de lecture, durant laquelle elle a fait preuve de préciosité certaine en lisant une piètre composition personnelle relative aux amours incomprises et tourmentées d'un palefrenier et d'une championne d'équitation, dont le pompeux haras intégralement volé au cours d'une machination stupéfiante finit par faire le bonheur d'un forain qui s'appliquera sans succès pendant 150 pages à reformuler la recette du succès mondial qu'il eut 15 ans plus tôt avec son petit poney Vert-Pomme, canasson talentueux qui fut applaudi à tout rompre par des assistances époustouflées lorsqu'il entonnait étonnamment d'entraînants hymnes équestres hennis et frappés par la cadence de ses sabots bien vernis. Quant au couple, ils rejoignent la savane où ils passeront des jours misérables mais passionnés à tenter de dompter des chevaux sauvages.
-Hmm. Vu le genre, elle a sans doute envoyé son manuscrit à Arles, aux éditions Charles Quint.
-C'est ce que je me suis dit aussi. Enfin, bref. Au fil de la soirée, lecture assommante aidant, les gardes comme les prisonniers ont tous pris sommeil. Il ne restait plus à Orchidée qu'à rejoindre la cellule d'isolement où Zéphyrin avait été enfermé. Arrivée au devant de son aimé, elle a invoqué les puissances occultes du Livre ... Il lui avait en effet promis de l'aider, le roublard !



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-Et ?
-Hé bien, c'était bien un Livre des transmogrifications, t'en souviens tu ? Aigri par cette confrontation si redoutée avec son rival, il les a transformé tous les deux en singes. 

Cet épisode imprévu, déconcertant pour tous les deux, a failli tourner au tragique lorsqu'un marmiton dégourdi qui n'avait pas assisté à la séance d'endormissement d'Orchidée, a tenté de les attraper pour améliorer l'ordinaire du ragoût (car les chiens y étaient déjà tous passés).

Épouvantés par cette perspective peu ragoutante, le couple simiesque a fait le mur et s'est précipité sur les cordages délavés d'un navire en partance pour d'autre horizons.



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-Quel bien piètre dramaturge tu fais ! Mais je t'en prie, continue. Je suppose que pour ajouter du suspense, tu évoqueras l'immanquable tempête qui manque de renverser le navire, lequel échoue sur une île peuplée d'enchanteresses mièvres et herbivores en lutte avec des équarrisseurs imbuvables aux yeux torves, arbitrée sans surprise par nos deux protagonistes. Shwishwi ... La prose a évolué depuis quelques siècles déjà, mon ami. S'il ne fallait en citer que cent, je pourrais te faire part de mille histoires similaires à la tienne. L'incurie de notre époque ne va pas beaucoup plus loin ! L'imagination, fidèle à sa nature volatile, est devenue un mirage auquel se raccrochent des écrivaillons assoiffés de gloire, dont la déshydratation littéraire fait regretter à de nombreux connaisseurs d'avoir un jour entrepris l'apprentissage de la lecture ...
-Je vois que tu tiens à certains principes, même si la digression n'est pas le moindre de tes nombreux défauts. 


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-Mes dents ont quelques défauts également, voudrais-tu les examiner de près, compère peu discret ?
-Laissons cela. En fait, nul épisode de ce genre n'eut lieu, si ce n'est l'arrivée tranquille du navire dans les eaux de notre Forêt. Une petite embarcation fut avancée afin de remonter le Fleuve, à bord de laquelle les singes se faufilèrent. Puis alors que la Lune était masquée au détour d'un affluent, ils se saisirent des perches de navigation et firent couler corps et biens tous les marins. 
-Ils se sont noyés ? Des marins ?
-Apparemment, il y a davantage de marins que l'on ne croit qui ignorent les clés du déplacement aquatique. Enfin, c'est là que je les vis pour la dernière fois, et que je recueillis innocemment leurs échanges houleux, Zéphyrin étant fort marri de s'être fait ainsi amarrer par l'aimante Orchidée dont la fraîcheur mentholée n'enlevait rien à un caractère possessif pimenté...
-Il lui en veut pour sa métamorphose ?
-En effet, il voulait vivre l'aventure, mais l'aventure l'a pris au mot en changeant sa devanture. 


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Donc, sur ce canot retrouvés, Zéphyrin et Orchidée commencèrent à ressentir les affres de la faim. Ils n'avaient guère mangé que des biscuits secs volés dans la cambuse. Ils décidèrent de quitter leur moyen de transport en sautant habilement sur la berge d'une rive proche et suivant leur nouvel instinct, ils se rapprochèrent des cris de silhouettes isomorphes : la horde des cimes... 

Les singes des bois étaient une trentaine d'individus, et l'heure était justement au festin, fait de bacuri, de graviola et d'acerola. Le couple, tout émoustillé par l'imminence d'un repas, se précipita vers le lieu des festivités, un entrelacs de branches stratégiquement bien placé à l'abri des curieux ... 

Ah, mais quelle erreur ! Les étrangers n'étaient pas les bienvenus dans ce groupe social, et l'accès aux fruits sévèrement gardé. Le mâle alpha fut le premier à venir mettre le holà, leur tournant autour avec la mine épanouie par la circonspection. Le signal fut donné par la calbèche apposée sans délicatesse à Zéphyrin, ce qui eut le mérite d'agiter toute la tribu et de déclencher leur ire vengeresse et furieuse. 




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Courbaturés par les coups, Zéphyrin et Orchidée ne durent leur salut qu'à l'arrivée soudaine de chasseurs munis de sarbacanes aux flèches engourdissantes dont l'appétit pour la chair de singes était démultiplié par l'imminence de la célébration de la procession des Esprits. Une dizaine de primates firent les frais de cet évènement auquel ils auraient volontiers pris part si on les y avait formellement invités, mais la coercition leur fut imposée car on les connaît, ceux qui disent oui à toutes les sollicitations et qu'on ne voit jamais dans les soirées, n'est-ce pas ? Leur moisson faite, les chasseurs s'en retournèrent à leur village. Et nos deux amoureux ? Hé bien, durant l'incident, ils avaient été pris de panique comme les autres et ils se retrouvèrent bientôt faits prisonniers des rets efficaces et filés de ces rôdeurs aux sens affûtés. La progression au sein des bois dura deux longs jours au cours desquels Zéphyrin et Orchidée s'imaginèrent le pire, leurs lamentations criardes faisant écho au tumultueux torrent d'imprécations tour à tour horrifiées et désespérantes de leurs frères et soeurs d'infortune.


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Les chasseurs arrivèrent auprès des Anciennes de la tribu, qui étaient en pleine incantation préparatoire à la confection du poison nécessaire aux libations du soir. Je parle bien sûr de cette substance immorale obtenue par fermentation alcoolisée. 
Des curieux occupaient les espaces ombragés proches, tout à l'espoir vain de pouvoir goûter par avance aux délices goulus de la boisson. 
Les chasseurs rendirent hommage aux Anciennes, et reprirent leur chemin, qui n'était pas bien long puisqu'ils étaient à quelques portées de flèche à peine de leur village.





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Leur arrivée fut saluée par des clameurs distinguées bien qu'indistinctes et ni une, ni deux, mais bien trois princes soufflèrent le début des festivités, au cours desquelles les singes assoupis devaient finalement intégrer le menu du souper. La ronde des ouailles était chaloupée et digne à la fois, syncopée et agile au son de cette mélopée sibylline. Style et grâce rythmant la danse, le cercle hypnotique transcendait la tribu toute entière, et le mouvement se fit plus intense jusqu'à atteindre un paroxysme frénétique.

Puis ... le silence. Et la géhenne en la forme d'une marmite sur feu de bois. Et la gastronomie de s'exprimer naturellement, n'en déplaisent aux tabous des étrangers. Hélas, Orchidée fut la première à être sacrifiée,  et cette Andromède sylvestre de succomber tragiquement ... Car Zéphyrin n'était ni Persée, ni Hanumân mais juste un pauvre zigue transformé en singe aux tympans percés par les cris de ces congénères de circonstance ... Par un effort digne des moments de pur désespoir, il se libéra des lianes captatrices et s'enfuit loin du méchoui, loin du village, loin de tout ... 


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Son âme prisonnière des tourments de l'existence, sa conscience rongée par la mort d'Orchidée, Zéphyrin était encore plus torturé qu'à l'ordinaire. Comme n'importe quel homme métamorphosé en singe au fond d'une forêt, il décida cependant d'agir. Il mâcha lui-même les feuilles pour faire le wikou ! Quelle déchéance ! Il se badigeonna de roucou, n'importe comment et sans prononcer les paroles d'usages, puis sans relâche se remit chaque jour à son ouvrage irrévérencieux. Depuis lors, seul, sans tribu ni conseil, il a bu des litres d'eau de feu qui lui ont rougi les oreilles. Transi par le poison, il a divagué et s'est laissé choir dans l'oubli. Dramatiquement, l'entropie le conduisait vers une sensation de culpabilité accrue, et par instinct de mort, il tentait de tromper son destin en précipitant sa chute.
-Quel sens du tragique, dis-moi ...
-Au pied des racines de son domaine arboricole, il se saisissait de la bouteille et la secouait en cherchant à en extraire quelques gouttes, mais la poterie était depuis longtemps aussi vide que son cœurAlors que je m'apprêtais à partir te rejoindre pour te raconter tout cela, je le vis introduire sa patte dans la bouteille et l'y laisser coincée, peut-être comme témoignage public auto-flagellant de son addiction ... Ou peut-être que c'était juste un autre stupide singe ivre et que j'ai imaginé toute cette histoire pour me rendre intéressant ? Oh, perspective peu flatteuse pour le dindon de la farce !
-Mais dangereuse pour ta santé ... et alléchante pour mes babines non littérales ...
-Ne t'inquiète pas, je n'ai pas travesti le moindre mot, bien que j'en ai maquillé certains...
-Quelle est la fin de l'histoire ? 


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-Mon ami, ce sera à toi de la découvrir, car si mes ailes sont certes promptes au battement, je n'ai pas plus d'endurance qu'un vieux paresseux nonchalant. D'après ce que j'ai entendu, Zéphyrin serait retourné on ne sait comment vers le domaine des Sorciers de Fer, où la puissance des sorts du Livre se serait amoindrie. On y aurait vu un homme se laver avec force motivation sur une place publique comme pour se laver de ses péchés !

Voilà ce que j'avais à dire, quant à son futur, je ne le connais pas davantage que le sens de ce mot ! Le présent apporte déjà son lot de surprises, et le passé est toujours source d'eaux claires pour ceux qui sont assoiffés de contes et de médisances ! Adieu, Serpentin !  On se reverra ... à l'occasion !"

Et c'est ainsi, mon peuple, que s'achève le récit du compère Kwikwi ... mais l'histoire de Zéphyrin, elle, continue. Serpentin, intrigué, décidera de suivre sa trace loin des eaux du Fleuve, à travers les ondées de la Forêt et jusqu'aux pointes enneigées des Montagnes les plus lointaines. Car il ne devient notre Esprit tutélaire qu'au prix de nombreuses épreuves ! Mais ce soir n'était que le premier de notre procession vers l'illumination des âmes. Le récit reprendra vie sous une autre forme, par une autre voix. La quête de soi-même, tel est le destin commun qu'ils partageront lors de cette aventure.


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A présent, il est temps ! Portez vos masques et suivez-moi, car il est temps ! Temps des dissimulations, temps des transformations, temps des sublimations, temps du ... Carnaval !












Après quelques mois de hiatus, le troisième épisode des mésaventures de Zéphyrin est enfin achevé. Comme précédemment, je précise qu'il s'agit d'un récit parodique visant à mettre en valeur le fonds iconographique de Manioc.

Vous pouvez accéder aux deux premiers épisodes ici et ici

Bonne lecture, et passez de bonnes fêtes de Carnaval !


Post-scriptum

Voici la liste des livres anciens dont sont issues les images: 




Auguste Cook - Guyane indépendante (1889)

H. Laviol - Les Mystères du bagne ou Blondel le condamné innocent (19e siècle)

Jean Ferdinand Denis et César Famin - Brésil. Colombie et Guyanes (1837)

 
IP

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vendredi 25 janvier 2013

Joséphine de Beauharnais

Le Domaine de la Pagerie fête les 250 ans de l'impératrice Joséphine


Pour fêter les deux siècles et demi de la naissance de Joséphine de Beauharnais, l'association "La Pagerie, Joséphine et le monde" a choisi de promouvoir le Domaine de la Pagerie, lieu de naissance de l'ancienne impératrice et d'organiser, tout au long de l'année 2013, de nombreuses manifestations culturelles (concerts, expositions et conférences ...). A cette occasion, Manioc vous propose quelques documents (ouvrages et images) sur Joséphine.

Ouvrages numérisés sur Manioc : 

Venez découvrir les iconographies sur Joséphine de Beauharnais : 

Image tirée de l'ouvrage
L'impératrice Joséphine
de Roland Pichevin
Image tirée de l'ouvrage
Saint-Pierre - Martinique
de Charles Lambolez
Image tirée de l'ouvrage
Madinina "Reine des Antilles"
étude de mœurs martiniquaises

de William Dufougeré
                                 

Dans un souci de neutralité, nous mentionnons la polémique qui entoure Joséphine, laquelle fut accusée d'avoir encouragé Napoléon à rétablir l'esclavage aux Antilles en 1802. En effet, une première abolition avait été votée par la Convention le 4 février 1794. En réaction, la statue à son effigie qui est placée sur la Savane de Fort-de-France fut décapitée au début des années 1990, et l'on ignore toujours qui en est responsable.

Bonne lecture et restez à l'écoute des médias pour les manifestations à venir sur l'impératrice Joséphine.


PC et IP.




Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2013/01/josephine-de-beauharnais.html

lundi 21 janvier 2013

Le père Labat

Manioc sur les traces du père Labat


Le père Labat (1663-1738)

Le saviez-vous ?

Le 6 janvier dernier a été le 275e anniversaire de la mort de Jean-Baptiste Labat. Missionnaire dominicain, chroniqueur, explorateur, le père Labat est l'auteur de plusieurs récits de voyage dont celui sur les îles d'Amérique. A cette occasion, Manioc vous propose d'approfondir vos connaissances et de lire les ouvrages de l'auteur.


Quelques mots sur le père Labat : 

En 1682, Jean-Baptiste Labat entre au couvent des Jacobins où il fait sa profession de foi le 11 avril 1685. Plus tard, il enseigne la philosophie et les mathématiques au collège de Nancy. Il est également aumônier auprès d'un régiment pendant la guerre des Flandres. 

En 1693, il accepte de partir en mission aux îles d'Amérique pour remplacer les dominicains qui étaient mort de la fièvre jaune en Martinique. Il arrive en Martinique en janvier 1694, à l'âge de 31 ans, et dirige la paroisse du Macouba. Quelques années plus tard, il voyage en Guadeloupe et en Dominique.


Carte des Antilles
tirée de l'ouvrage
 "Les Antilles filles de France"
En 1696, il retourne en Martinique et devient procureur syndic des missionnaires des îles d'Amérique et gagne l'habitation Fonds Saint-Jacques qu'il met en valeur. De 1696 à 1704, il est nommé administrateur de l'habitation qui comprend pas moins de 90 esclaves. Là-bas, il y améliore les techniques de production du sucre et du rhum.

Durant son séjour, le père Labat entreprend une série de voyages aux Antilles françaises, anglaises, néerlandaises avant de regagner l'Europe. 

En 1705, le père Labat rentre en Europe pour représenter les dominicains et défendre les privilèges des missions au Chapitre général de Bologne. Mais, il ne peut pas repartir aux Antilles. Pour cause, le roi le fait exiler au couvent de Toul et le contraint à une année de retraite au couvent de La Rochelle.


Interdit de voyager aux Antilles, le père Labat, visite l'Espagne et L'Italie. En 1716, il rentre définitivement à Paris, dans son couvent d'origine, où il y restera 22 ans, se consacrant à l'écriture de ses mémoires et ceux d'autres voyageurs. Il meurt en 1738.

En 1722, le père Labat publiera son ouvrage majeur, Nouveau voyage aux îles d'Amérique, qui relate la vie dans les colonies d'Amérique, qui deviendra un ouvrage de référence sur la vie aux Antilles aux premiers temps de la colonisation. Notez que cet ouvrage constitue également une référence historique sur la flibusterie.

Ouvrages du père Labat :


Sur Manioc, retrouvez notre sélection d'ouvrages en ligne sur le père Labat et l'histoire des Antilles : 



Vidéos :




Si vous désirez approfondir vos connaissances sur Jean-Baptiste Labat, retrouvez notre sélection disponible dans nos bibliothèques en cliquant ici.


Bonne lecture !


C.P.


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mardi 15 janvier 2013

Violence entre hommes et femmes

Des mots pour l'exprimer ...


La violence est l'une des interactions usuelles entre personnes, caractérisée par l'usage de la contrainte physique ou morale. Cette contrainte s'exerce souvent au sein des familles, où la proximité et les liens affectifs peuvent parfois dégénérer jusqu'au tragique.


Phénomène mondial et naturel présent dans toutes les cultures, la violence est également un sujet littéraire très répandu, qui à la fois met en lumière et exorcise des situations de détresse et de souffrance.

Dans son livre "Le Sari Vert", la romancière mauricienne Ananda Devi présente la violence familiale à travers un conflit opposant trois générations qui se déchirent à cause d'anciennes rancoeurs (le meurtre de la femme d'un médecin, dont il est soupçonné par sa petite-fille).

Cette oeuvre a fait l'objet d'une conférence dans le cadre de la 2ème journée d'études pluridisciplinaires "De l'usage de la liberté à l'oppression", présentée par Karine Benac-Giroux, maître de conférences en Lettres à l'UAG. Vous pouvez la visionner ici.

Pour aller plus loin, Manioc vous propose également la conférence suivante, organisée par le CRPLC et intitulée "Genre et violence à la Martinique", suivie d'un débat.

Enfin, vous pouvez suivre un article parent sur le thème de la violence sur le site de la Bibliothèque de l'Université des Antilles et de la Guyane ici.

IP

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