lundi 21 novembre 2016

L'aventurier François-Joseph Laveau

L'aventurier de la Guyane



Cette année, Manioc vous propose tous les mois le portrait d'un explorateur. Pour ce deuxième numéro, nous avons choisi de vous faire découvrir l'aventurier : François-Joseph Laveau. 


Portrait de
François-Joseph Laveau
Passionné par les voyages, le jeune François-Joseph Laveau monte à Paris pour rencontrer le célèbre explorateur Henri Coudreau, dans le but d'intégrer sa prochaine expédition. Ainsi, il embarque pour un voyage de quatre ans en Guyane. Ces années lui permettront de s’aguerrir et de se faire connaitre dans le milieu de l'exploration.
De retour à Paris, le Jardin zoologique d'acclimatation lui propose de ramener des "Indiens Caraïbes" dans le but d'être montré au public lors des "exhibitions ethnographiques". Il repart donc en Guyane, mais il tombe malade et renonce à remonter le Maroni. Il décide alors de recruter des Galibis [Kali'na] et des Arawaks [Lokono] dans les villages alentour. Ainsi une trentaine de personnes (hommes, femmes et enfants) embarquent pour Paris. A leurs arrivées, ils sont parqués dans un enclos. Durant les visites, ils sont contraints de se donner en spectacle. Les mauvaises conditions d'hygiène les affaiblissent, certains tombent malades et d'autres décèdent sur place. La décision est alors prise de les renvoyer en Guyane. En dépit de cet échec, les deux voyages vers la Guyane confortent Labeau : son avenir est là-bas. Fini la vie parisienne, il rêve d'aventures et de faire fortune. 

De retour en Guyane, François-Joseph Laveau ouvre un bazar. Mais il fait faillite, et rentre en France avec femme et enfants. Là-bas, il devient tenancier d'hôtel à Vienne puis à Macon. Mais l'appel de l'or est plus fort. Il retourne dès 1905 à Saint-Laurent en laissant sa famille pour y ouvrir une gargote. 

En 1910, Laveau quitte son commerce pour regagner Paris en faisant des petits boulots. Mais rien n'entrave son rêve de devenir un grand explorateur. C'est ainsi qu'il propose d'organiser une grande mission d'études économiques et géographiques sur le Haut-Maroni auprès de plusieurs ministères. Seul, le Ministère des Colonies lui verse une aide de 3000 francs en 1911. Mais la mission de Laveau est repoussée à plusieurs reprises en 1911 et 1912. Alerté, le Ministère des Colonies ouvre un enquête et constate les mensonges apporté par Laveau lors de la présentation de son projet : il n'est "ni membre fondateur", ni "Lauréat de la Société de Géographie" comme il le prétendait. Ajoutons à cela le portrait peu flatteur que dresse la veuve d'Henri Coudreau. Le Ministère annule donc sa mission en mars 1913 et demande le remboursement intégrale de la somme perçue.

Malgré les recherches de la police, aucun signe de vie de l'explorateur. Il s'était déjà embarqué à bord du paquebot Venezuela en route vers la Guyane, accompagné par son fils et deux anciens militaires :  Louis Doreau et Bournac.
En septembre 1914, une mission Laveau quitte Saint-Laurent en direction des monts Tumuc-Humac. Une mission de deux ans qui se termine tragiquement. En effet, l'équipe perd tout d'abord Doreau emporté par la maladie, et en mai 1915, la pirogue ramenant une partie de l'équipe se renverse. Laveau perd son fils, ses collections, ses notes, ses relevés et l'or récolté. Il est rapatrié à Paris aux frais du Ministère des Colonies. Notons que son voyage sera retranscrit par Gilles Normand dans son ouvrage : Au pays de l'or.
Malgré son humiliation par l'Office colonial, on retrouve les traces de François-Joseph Laveau à Saint-Laurent vers les années 1920, sans-doute pour une nouvelle expédition. Mais, il rentre à Paris, sans le moindre sou et travaille comme employé de commerce. Il décède le 8 avril 1929. 

Retrouvez sur notre blog, les articles sur la thématique des explorations :


Bonne Lecture !
C.P.

Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2016/11/laventurier-francois-joseph-laveau.html

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