mercredi 8 février 2017

Le séisme du 8 février 1843 en Guadeloupe

"La Pointe-à-Pitre n'existe plus"


Source Gallica



Il y a 174 ans, un tremblement de terre ravagea la Guadeloupe un 8 février 1843 en fin de matinée. Un séisme de magnitude 8 ! Il toucha surtout la Guadeloupe, mais aussi la Dominique, la Martinique, Montserrat, Antigua, Barbuda ...
Une terrible catastrophe pour l'île, car à la suite de ce séisme, la ville de Pointe-à-Pitre sera dévastée par un incendie. Un lourd bilan : des milliers morts, de nombreux dégâts matériels, des conséquences économiques, sanitaires considérables et un traumatisme pour les survivants.




En Guadeloupe, la Grande-Terre est durement touchée, ainsi qu'au Moule où l'on comptait déjà une trentaine de morts. La plupart des bâtiments sont détruits ainsi que les moulins et les usines sucrières. Même constat pour les communes de Sainte-Rose, Petit-Bourg et Goyave. Mais la catastrophe toucha également Pointe-à-Pitre : un incendie ravagea ce qu'il restait des ruines de la ville et causa la mort de nombreux habitants. Témoignage de l'abbé Peyrol :
"un four brûlait, il s’affaisse ; mais le bois qu’il contenait enflamme la charpente de la maison, et voilà le feu qui s’empare de tout ce qui l’entoure. [...] Le feu, poussé par un vent sud-ouest, s’empare de toutes ces charpentes qui s’offrent à son activité : il dévore tout ce que le tremblement de terre avait laissé de vêtements et de provisions dans cette malheureuse ville. En deux heures, il avait promené partout ses ravages, fait de nouvelles victimes, empêché de secourir les premières et changé ces tristes ruines en un monceau de cendres. [...] Et tandis que les flots de l’Océan baignaient nos pieds, nous n’avions pas le moindre vase pour les puiser et les jeter sur ces flammes dévorantes."

Source Gallica
Des mesures furent prises par l'administration concernant les cadavres pour éviter tout risque éventuel d'épidémie : le transport en mer des corps dans le canal des Saintes, être enterrés dans la fosse commune de morne Savon ou encore incinérés sur la place de la Victoire.
L’administration, sous l’autorité du gouverneur Augustin Gourbeyre (1786-1845), prit très rapidement les mesures nécessaires pour secourir les blessés et les sinistrés, et maintenir l’ordre en ville et dans le restant de l’île.
"Accouru à bride abattue de Basse-Terre, il a su être très vite ,  [...] sur le lieu principal du drame [...], il a su se montrer en tous lieux, prendre immédiatement divers arrêtés, communiquer sur le sujet avec les habitants de Pointe-à-Pitre , ceux de toute l'île, ceux des îles voisines , la Martinique d'abord mais aussi toutes les autres, puis gérer la correspondance que ses appels au secours ont générée, et cela jusqu'à sa mort. Même chose  avec les ministres mais aussi avec les maires ou présidents des chambres de commerce des villes portuaires , avec tel industriel belge lui offrant des maisons préfabriquées "en fer", [...] ou tel "chef d'institution" lui proposant d'accueillir gratuitement des élèves, voire avec de simples particuliers désireux d'adopter un ou plusieurs orphelins ou orphelines." (Claude Thiébaut, Sur les ruines de la Pointe-à-Pitre. Chronique du 8 février 1843. Hommage à l'Amiral Gourbeyre, Tome 1, L'Harmattan, p. 44).
Augustin Gourbeyre donna surtout des consignes au lendemain du tremblement de terre : comment assurer les récoltes, planter des ignames, des patates, du manioc pour nourrir les habitants de Pointe-à-Pitre. De sa propre initiative, il débloqua des fonds nécessaires au déblaiement de la ville et à la construction de hangars pour abriter les nécessiteux et ouvrir des ports aux bois et matériaux venus de l'étranger, et assurer la répartition des secours. De 1843 à sa mort, Gourbeyre mis tout en oeuvre pour reconstruire Pointe-à-Pitre et relancer l'économie de l'île sur de nouvelles bases : en favorisant le développement des usines centrales au lieu de reconstruire des petites sucreries détruites lors du tremblement de terre.
Augustin Gourbeyre décède le 7 juin 1845 terrassé par la typhoïde. En hommage à son action et son dévouement, la commune de Dos d’âne prit le nom de Gourbeyre en 1846 (voir délibération du conseil municipal du 20 juin 1845).


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Bonne lecture !
C.P.


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