mardi 22 mai 2018

Mois des abolitions : Bissette, oublié de l'Histoire

Longtemps délaissée, reléguée dans l’ombre toute-puissante de son rival politique Victor Schoelcher, la figure d’Auguste Bissette est aujourd’hui célébrée dans la lutte abolitionniste. En ce mois de commémoration de l’abolition de l’esclavage, Manioc vous propose de revenir sur cette figure martiniquaise.


Source : Manioc
Cyrille Charles Auguste Bissette (1795-1858), métif (ce qui signifie qu’il a l’allure d’un descendant de Mulâtre et de Blanc) appartient à une famille renommée, doublement rattachée aux Mallevault, famille noble d’officiers de marine, et aux Tascher de la Pagerie, que l’on ne présente plus, mais cette position enviable masque l’absence complète de fortune personnelle. Issu de la bourgeoisie urbaine, ses écrits laissent penser qu’il a reçu une solide éducation.

Fin 1823, un opuscule anonyme circulant clandestinement en Martinique commence à agiter les représentants du pouvoir royal. L’objet, 32 pages reliés de rouge et édité à Paris, porte un titre sans ambiguïtés : De la situation des gens de couleur libres aux Antilles françaises. Ces « gens de couleur libres », s’ils pouvaient posséder des esclaves, accumuler du capital et jouir de leur liberté, restaient confinés dans une position sociale inférieure face à l’élite blanche. L’affaire aurait pu en rester là, le libelle ne soulevant aucun soubresaut en Guadeloupe et en Guyane, et ne comportait rien qui ne soit déjà connu et précédemment dénoncé. Toutefois, son style porte la dénonciation au rang littéraire dans un style très enlevé :
« La caste privilégiée persisterait-elle à conserver ses révoltantes prérogatives ? On ne devrait cependant pas oublier quelles ont été les funestes causes qui nous ont ravi la plus belle de nos colonies.
Il est donc essentiel de s’occuper du sort d’une classe aussi utile que laborieuse, et qui s’accroît de jour en jour. Les gens de couleur libres demandent donc, au nom de la justice et de l’humanité, la destruction des lois exceptionnelles qui les régissent (…). Au reste, elle n’a rien qui puisse la rabaisser au-dessous de celle des flibustiers, des boucaniers, des engagés ou des hommes flétris par l’opinion, qui ont composé la primitive population blanches des colonies, et dont les orgueilleux descendants forment aujourd’hui la caste privilégiée. »
Certains cadres blancs martiniquais croient y déceler une conspiration destinée à mettre fin à leurs privilèges et, in fine, à leur « race ». Aussi, pressé par des magistrats entreprenants, le gouverneur Donzelot fait arrêter la nuit du 22 décembre Bissette en compagnie de ces supposés complices Louis Fabien et Jean-Baptiste Volny. Tous les trois sont condamnés aux travaux forcés à perpétuité et au fer rouge (marque GAL pour galérien) « pour avoir colporté, distribué clandestinement, et lu à divers, un libelle tendant à renverser la législation établie ». À la même époque se produit en Jamaïque un événement similaire, l’affaire Lecesne et Escoffery, à laquelle le pouvoir britannique réagit de même. Les puissances coloniales cherchaient donc avant tout à étouffer les réformes progressistes.
Source : Manioc


Après un passage rapide au bagne de Brest, les trois hommes voient leur peine commuée en interdiction de séjour dans les Antilles pendant dix ans, période qu’ils mettent à profit pour faire reconnaître l’application du droit commun dans les colonies. Ainsi, de 1834 à 1842, Bissette animera à bout de bras la Revue des colonies qui fera beaucoup pour la reconnaissance de l’égalité raciale et de l’abolition de l'esclavage (
dans une moindre mesure), tout en l’acculant à la faillite. Cette publication verra donc les premiers affrontements idéologiques avec Victor Schoelcher pour le leadership du mouvement abolitionniste. Si Bissette rencontre d’indéniables succès électoraux, notamment grâce à son alliance avec Pécoul, grand Blanc libéral, la méfiance – pour ne pas dire la hargne – qu’il inspire à la majorité possédante conduira à sa perte. En effet, après avoir brocardé Schoelcher, métropolitain acquis aux préjugés locaux concernant les libres de couleur selon lui, et une fois passé la liesse de mai 1848, celui que les Martiniquais renommèrent affectueusement Papa Bissette fait l’erreur de repartir pour la France en janvier 1950, laissant ainsi le champ libre au camp schoelcherien de se structurer et de s’arroger les seuls mérites de la politique post-abolition. Si le pamphlet La vérité aux ouvriers et cultivateurs de Martinique porte un coup dur à l’intégrité de Bissette, sa compromission avec le régime du Second empire, amplifiée par sa parenté, une maladie qui le ronge et une situation financière précaire, achève de le déconsidérer complètement une fois la IIIème République proclamée. En effet, Schoelcher, intransigeant avec le régime impérial, revenu d’exil, contribuera largement à discréditer son rival qui tombe alors dans un oubli quasi général.

X.H. 

Pour aller plus loin :
 Sur Gallica :

Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2018/05/mois-des-abolitions-bissette-oublie-de.html

lundi 14 mai 2018

Récits d'esclaves = Slave narratives

Écrits d'esclaves : des documents rares


Quatre siècles (XVIe-XIXe) marqués par le système esclavagiste déployé par les empires européens et les États-Unis en Amérique, n'auront laissé aux esclaves que peu de possibilité d'exprimer au monde leur expérience : l'apprentissage de l'écriture leur étant généralement interdit.

Narration de la vie et des aventures de Venture Smith
Traduit de l'anglais par Emma Okwonkwo
édité par Manioc
Les documents considérés comme sources pour étudier l'histoire de l'esclavage ont été rédigés de façon quasi exclusive par des personnes qui représentent le point de vue de la métropole, voire défendent l'intérêt de l'ordre établi et du système esclavagiste. Les historiens doivent donc opérer une lecture "à rebours" ou "en creux" (pour reprendre une expression de Dominique Rogers) pour tirer des documents (juridiques, administratifs, littéraires, scientifiques ou économiques) des informations sur la vie des populations esclaves, le quotidien d'hommes et de femmes, leurs pratiques sociales, culturelles, leurs "interprétation" des événements coloniaux (guerre, première abolition de l'esclavage).

Interprétation, décodage, comparaisons ; si ces pratiques font partie du travail de l'historien, elles n'en sont pas moins rendues particulièrement complexes et ardues pour ceux qui travaillent sur l'histoire de l'esclavage. Ils doivent tenir compte, pour chaque document, des contraintes structurelles très fortes imposées par les systèmes esclavagistes, autant que des contextes spécifiques (nationaux et locaux) et des éléments immédiats (événements, enjeux, rôle ou fonction de l'énonciateur) qui conditionnent la production des documents.

Dans ce contexte d'absence de possibilité d'énonciation par les esclaves, les rares récits récoltés ou directement rédigés par les protagonistes présentent un grand intérêt pour la recherche scientifique, même s'ils sont également conditionnés par une dimension politique et idéologique. Il s'agit de récits de personnes nées esclaves mais qui ont échappé à leur condition servile, soit en s'évadant des plantations, soit en rachetant leur liberté. La fuite du sud esclavagiste des États-Unis vers le nord du pays ou l'esclavage est aboli au tournant des XVIIIème et XIXème siècles (en fonction de chaque État), permet aux anciens esclaves de changer de condition sociale, sans que cela ne doive masquer les disparités de classes ou les préjugés raciaux toujours ancrés dans l'ensemble de la population d'ascendance européenne.

Récits et auteurs les plus célèbres


  • Olaudah Equiano (Eboe, 1745 - Londres, 1797)
    Auteur de The Interesting Narrative of the Life of Olaudah Equiano, or Gustavus Vassa, the African. Written by Himself., Olaudah Equiano connaît un destin étonnant qui le conduit aux quatre coins de la planète. Enlevé à onze ans en Afrique puis déporté aux Antilles, il est l'un des rare à témoigner de la traversée du "passage du milieu" et de l'épreuve que l'arrachement aux siens, et sa mère en particulier, constitue. Il sert en tant qu'esclaves à bord des vaisseaux négriers de la marine royale du Royaume-Uni, ce qui lui permettra de parcourir le monde (Angleterre, Hollande, Écosse, la Caraïbe), avant de commercer avec des capitaines et des marchands, pour finalement parvenir à racheter sa liberté sur ses propres fonds.Il s'installe en Angleterre, entame des études et poursuivra ses voyages en Turquie, au Portugal, en Italie, en Jamaïque, à la Grenade. En 1773, il accompagne le
    Dr. Charles Irving au cours d'une expédition scientifique polaire partie à la recherche d'un passage au Nord-Ouest. Son autobiographie rencontrera un succès éditorial : 8 éditions anglaises en moins de dix années.
  • Frederick Douglass (1818-1895)
    Auteur de trois autobiographies : Narrative of the Life of Frederick Douglass, An American Slave (publié en 1845),  My Bondage and My Freedom (publié en 1855) et The Life and Times of Frederick Douglass (publié en 1881), aujourd'hui considérées comme l'essence du texte de récit d'esclaves et de l'exercice de style particulier qu'est l'autobiographie. Frederick Augustus Washington Bailey, autrement connu sous le nom de Frederik Douglass, est devenu, après avoir racheté
    sa condition d'esclave alors qu'il avait 20 ans, un leader américain célèbre. Au cours du XIXe siècle, il s'engage sur des combats contre l'esclavage, le racisme et la ségrégation, en multipliant les contributions dans la presse et les discours. Douglass incarne de son vivant un symbole pour tous les Noirs d'Amérique et une voix qui compte pour l'humanisme et la justice sociale. Empreint de compassion et de résilience, il conclut son dernier ouvrage par la phrase suivante : "My joys have far exceeded my sorrows, and my friends have brought me far more than my enemies have taken from me" ["Mes joies surpassent mes peines, et mes amis m'ont davantage apporté que ce que m'ont pris mes ennemis"].
  • Solomon Northup (1808-1863?)
    Immortalisé par le film éponyme de 2013 réalisé par Steve McQueen, il décrit son expérience dans Twelve Years a Slave: Narrative of Solomon Northup, a Citizen of New-York, Kidnapped in Washington City in 1841, and Rescued in 1853. Un récit intéressant à plusieurs égards, au premier lieu desquels Northup est né libre avant d'être illégalement enlevé, réduit en esclavage et installé de force sur une plantation en Louisiane. Son récit est articulé en deux grandes parties. Si la première partie décrit son expérience quotidienne de servitude, à la faconde très proche d'autres récits d'esclaves, la seconde trahit son éducation de citoyen libre d'un État du nord. Cette partie n'est pas dénuée d'humour, refuge qui permet à Northup d'endurer sa situation, mais surprend encore plus le lecteur par le regard quasi-ethnographique porté à la société esclavagiste du Sud que Northup
    décrit souvent avec la curiosité perplexe d'un touriste intellectuel. Toutes ces particularités expliquent pour partie le succès du livre : plus de trente mille exemplaires écoulés à sa parution.
  • William Wells Brown (1814?-1884)
    Auteur de Narrative of William W. Brown, a Fugitive Slave. Written by Himself, William Wells Brown est né sur une plantation du Kentucky d'un père blanc et d'une esclave africaine. Jusqu'à ses vingt ans, il subi l'esclavage dans des conditions très variées, ce qui assure à son récit un aspect documentaire précieux pour les historiens. Après au moins deux tentatives d'évasion, il réussit à s'enfuir pour le Canada le jour de l'an 1834 grâce à l'entremise du
    Quaker Wells Brown, nom qu'il adoptera par la suite en signe de gratitude et d'admiration. La parution de son livre est aussi un succès et lui permet de donner de la voix dans l'espace public. En effet, William W. Brown ne s'arrête pas là: il devient un abolitionniste politiquement engagé, même si son contemporain Frederik Douglass le relègue aujourd'hui dans l'ombre. Il est néanmoins aujourd'hui reconnu comme étant l'auteur du premier roman écrit par un Afro-Américain : Clotel; or, The President's Daughter: A Narrative of Slave Life in the United States, publié en 1853.
  • Mary Prince (1788–1833?)
    Première femme noire à prendre la parole dans The History of Mary Prince, a West Indian Slave. Related by Herself. With a Supplement by the Editor. To Which Is Added, the Narrative of Asa-Asa, a Captured African, Mary Prince entendait par ce récit dévoiler aux "bon peuple d'Angleterre ce qu'une esclave a ressenti et souffert", convaincue (à raison) que bon nombre de citoyens de l'époque ignorait complètement les réalités iniques du système esclavagiste. Son récit la voit évoluer des Bermudes à Antigua en passant par les îles Turques-et-Caïques, sans que sa condition ne s'améliore. Son écriture sans fard décrit un quotidien éprouvant où une violence sourde se tient toujours prête à exploser ; elle sera à plusieurs reprises l'objet de mauvais traitements. Ainsi, l
    à où les récits esclavagistes du dix-huitième siècle se concentraient sur les voyages spirituels chrétiens et la rédemption religieuse, celui de Prince épouse la tendance croissante du siècle suivant qui voit les thèmes abolitionnistes prendre le dessus en mettant l'accent sur les injustices éthiques et sociales de l'esclavage.

Les traductions de ces récits en français sont rarement disponibles sur internet mais quelques unes commencent à faire l'objet de publication. Vous pourrez ainsi vous procurer dans le commerce ou emprunter dans les bibliothèques, les ouvrages de la collection "Récits d'esclaves" publiés par les Presses universitaires de Rouen et du Havre et notamment Le récit de William Wells Brown, esclave fugitif, écrit par lui-même écrit en 1847 et traduit en 2012 par Marie-Jeanne Rossignol.

A ce jour, aucun récit d'esclave rédigé en français n'a été identifié. La bibliothèque Manioc possède néanmoins quelques documents dans la langue de Molière. Très récemment, grâce au travail de traduction d'une étudiante de l'université des Antilles, a été mis en ligne le récit (rédigé en anglais) de Venture Smith. Par ailleurs, le Discours d’un nègre marron qui a été repris dans un combat et qui va subir le dernier supplice, de Guillaume-Antoine Lemonnier (1759), s'inscrit dans la tradition des récits liée aux représentations lyriques du marronnage alors en vogue dans l'Europe des Lumières. Il s'agissait pour les philosophes de donner une voix à ceux qui en sont dépourvus, mais surtout d'exposer leurs vues morales qui sont pour le moins ambiguës. Bien souvent, il dénonçaient moins le système esclavagiste que la dégradation injuste que subissaient ces hommes et ces femmes, des êtres sensibles et doués de raison. La postface du Discours d'un nègre marron est à cet égard édifiante :
"Le but de l'auteur dans ce Discours a été d'exciter les Blancs à l'humanité envers les Noirs. Si l'on ignoroit combien ces Noirs sont capables de zèle, d'attachement et de tendres sentiments lorsqu'ils sont traités en homme, on citeroit plusieurs traits honorables pour eux. On se contentera d'assurer ici qu'on n'a pas eu dessein de les aigrir contre leurs Maîtres. Ils ne savent pas lire. Et quand ils liroient ce Discours, ils n'y trouveroient qu'un exemple de soumission et de douceur."

Pour aller plus loin

Jean-Pierre Sainton, Dominique Rogers, Dominique Aurélia, Marie-Jeanne Rossignol, Rencontre-débat : récits d'esclaves, 2015. 

"North American Slave Narratives", in Documenting the American South.
Le projet met à disposition des récits d'esclaves en texte intégral ainsi que des présentations des récits d'esclaves et de leurs auteurs.



A.P. et X.H.


Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2018/05/recits-desclaves-slave-narratives.html

lundi 7 mai 2018

Manioc au Québec pour célébrer l'anniversaire des classiques des sciences sociales !

Les 25 ans des classiques des sciences sociales


Le 86e congrès de l'Association francophone pour le savoir (Acfas) se réunit du 7 au 11 mai à l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) autour du thème "Célébrer la pensée libre". C'est ce bel espace de rencontre entre des chercheurs de toutes disciplines  et des quatre coins du globe (118 colloques !) qui a été choisi pour fêter l'anniversaire des Classiques des sciences sociales auquel la bibliothèque numérique Manioc a été conviée. 
Pour honorer cet événement, le blog Manioc met en lumière les collections caribéennes des Classiques des sciences sociales et les collections québécoises de Manioc !


Le colloque anniversaire

Les Classiques des sciences sociales ont souhaité célébrer ces 25 ans en réunissant des personnes engagées dans la création et la gestion de plateformes d’archives ouvertes et de bibliothèques numériques en libre accès, des chercheurs, des enseignants et des contributeurs qui s’intéressent à divers aspects de ces plateformes. Il s'agit de réfléchir ensemble à différents enjeux auxquels sont confrontées les bibliothèques numériques francophones, de discuter des possibilités qu’elles ouvrent et des effets qu’elles ont sur la recherche en sciences humaines et sociales.
Le colloque "Plateformes, archives et bibliothèques numériques en libre accès : enjeux, possibilités et effets sur la recherche en sciences humaines et sociales dans la francophonie" se déroule mercredi 9 mai de 8h45 à 17h00 en salle P1-6090 de l'UQAC. L'expérience de la bibliothèque numérique Manioc contribuera à cette réflexion par l'intervention Rendre visible l’invisible : effets, perspectives et problématiques des bibliothèques numériques.


Les collections caribéennes des Classiques des sciences sociales

La bibliothèque numérique Les Classiques des sciences sociales propose près de 7000 textes en ligne, et donne accès à des auteurs incontournables pour les étudiants, les chercheurs et le grand public en quête de culture (Lévi-Strauss, Boas, Merleau-Ponty, et tant d'autres). Elle propose aussi deux collections spéciales très directement tournée vers la Caraïbe : "Les sociétés créoles" et "Etudes haïtiennes".
la collection "Les sociétés créoles" propose quelques textes anciens et surtout des écrits contemporains d'auteurs que l'on retrouve souvent dans les collections de Manioc : Jean Benoist, Jean-Luc Bonniol, Gerry L'Etang, Monique Desroches. Elle est dirigée par Jean Benoist, l'un des fondateur de l'anthropologie créole aux Antilles, installé en 1966 à fonds Saint-Jacques (Sainte-Marie, Martinique) dont il souhaitait faire une base scientifique de formation à la recherche pour les étudiants québécois et, de manière plus générale, un centre dédié à une meilleure connaissance de la société des îles. Cette collection illustre donc une longue histoire des relations universitaires entre le Québec et les Antilles...
La collection "Etudes haïtienne" est dirigée par Ricarson Dorsé. Elle rassemble des textes anciens, des écrits contemporains en littérature, économie, anthropologie (...), des mémoire et thèses. La collection est en développement constant grâce à l'implication du Réseau des jeunes bénévoles des Classiques des sciences sociales en Haïti.


La "Nouvelle France" dans Manioc ?


Vue de Québec au début du XVIIIe siècle
Manioc
Cela pourrait paraître étonnant de retrouver dans une bibliothèque numérique Caraïbe-Amazonie des documents sur le Canada, et pourtant, la "Nouvelle France" fut bien une colonie française d'Amérique, et ces liens historiques se retrouvent dans les écrits anciens numérisés... Qu'ils s'agissent de récits, d'ouvrages de marine ou d'économie, ces textes abordent très souvent plusieurs territoires des Amériques et/ou du monde colonial. Quelques exemples :
On retrouve également quelques illustrations liées à l'histoire du Québec comme la carte ci-dessus ou le portrait de Samuel Champlain ci-dessous.
"Samuel de Champlain"
Manioc
Les hasards de la numérisation souvent liés aux recueils factices que l'on a pas souhaité tronquer, permettent également de trouver dans Manioc, des documents édités au Québec par le Comité permanent de la survivance française dans les années 1940 et notamment quelques numéros de la revue Pour survivre :
Pour terminer cette sélection spéciale Manioc au Québec, voici quelques exemples d'interventions filmées disponibles dans la collection Audio-Vidéo de Manioc qui traitent du Québec  :

Longue vie aux bibliothèques numériques ! 
Profitez bien des collections qu'elles mettent gratuitement à la disposition de tous, bonnes lectures !

AP



Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2018/05/manioc-au-quebec-pour-celebrer.html

samedi 21 avril 2018

La France antarctique (1555-1560)

L'expédition Villegagnon à la source de deux grands classiques de la littérature de voyage

Sous le terme trompeur de France antarctique se cache la tentative insolite et malheureuse d'implanter une colonie française au Brésil, dans la baie de Rio de Janeiro.

Carte de l'Amérique du Sud d'après 
Sébastien Cabot. Source : Manioc
Les Portugais, qui n'entreprennent officiellement la colonisation du Brésil qu'en 1548, font face à une vraie concurrence des autres couronnes européennes. Suite à la première tentative française de prendre pied au Brésil (expédition de Gonneville en 1504), des marins, normands pour l'essentiel, naviguent déjà sur les côtes du Brésil, notamment pour faire commerce du bois de braise, de couleur rouge, alors recherché pour les teintures. Ces Français nouent des contacts avec les Tupinambas et établissent des bases que les Portugais s’efforcent de détruire. Avec le soutien royal, ces initiatives privées sont relayées par l'autorité de l’État depuis que François Ier a eu ce bon mot : « Le soleil luit pour moi comme pour tous les autres : je voudrais bien voir la clause du Testament d’Adam qui m’exclut du partage du monde ». Il obtient du pape Clément VII une interprétation plus souple du traité de Tordesillas auquel cette phrase fait référence : il est admis que le partage du monde signé en 1494 ne concerne que les terres alors connues et non « les terres ultérieurement découvertes par les autres couronnes »


L'expédition Villegagnon

N. D. de Villegagnon
Son fils Henri II souscrit à cette vision et appuie ses sujets désireux de prendre part à l'aventure coloniale. Henri II, peut-être sous l'influence de sa maîtresse Diane de Poitiers, charge l'amiral Gaspard de Coligny, ministre et homme de confiance, de monter une expédition sous couvert en direction du Brésil. Coligny s'en remet au chevalier de Malte et vice-amiral de Bretagne Nicolas Durand de Villegagnon (1510-1571). Les deux hommes, catholiques, sont favorables à un compromis avec les protestants et envisagent la future colonie comme un refuge pour les seconds, alors persécutés en France, et un modèle de concorde religieuse où chacun pourra pratiquer librement et ouvertement son culte.

Pour ne pas attirer la méfiance des milieux diplomatiques portugais - mais aussi par manque de moyens matériels et humains, seuls deux navires lèvent l'ancre un jour d'été 1555 du port du Havre pour arriver début novembre dans la baie de Guanabara. En butte aux Indiens et aux Portugais, Villegagnon se replie sur l'île de Serigipe où il fait construire par les colons et des Tamoios, une tribu alliée, le fort Coligny pour assurer la défense de la colonie.
La France antarctique. Source : Gallica
Une poignée d'hommes (ils sont 600 au départ) survivent alors sur cet ilôt sans ressources tout en apprenant au contact des Tamoios dont ils dépendent fortement pour leur approvisionnement et leur sécurité (attaques portugaises et d'autres tribus). La situation empire : Villegagnon fait régner une discipline de fer après avoir échappé à une conspiration, impose un rythme de travail de forçats et traverse une crise spirituelle. Désespéré, cherchant un moyen d'asseoir l'emprise humaine de la colonie, toujours animé par son désir d'utopie religieuse, il écrit en 1556 à Calvin, au côté duquel il a étudié le droit, pour lui demander des renforts. Depuis Genève, Calvin envoie un contingent qui débarque l'année suivante, avec quelques femmes. Alors que les premiers temps de cohabitation se déroulent dans une atmosphère apaisée, les vieilles querelles théologiques reprennent de plus belle entre les deux camps. Le point de rupture consommé est atteint à la Pentecôte à l'issue d'un débat sur l'eucharistie.  
Fin et échec de l'expédition. Manioc

Les calvinistes se réfugient alors sur la terre ferme, vivant parmi les Indiens, avant de retourner en Europe en 1558 où ils s'empresseront de dénigrer Villegagnon et dénoncer les exactions commises envers eux et les Indiens (voir à ce sujet : Pierre Richer, Réfutation des folles resveries et mensonges de Nicolas Durand, dit le chevalier de Villegaignon, 1562). Villegagnon confie le gouvernement du fort à son neveu et retourne à Paris en 1559 pour se défendre contre ces attaques, mais aussi pour se justifier auprès du Roi. Ce dernier a changé entre-temps : François II n'a que 15 ans et c'est sa mère, Catherine de Médicis, qui assure la régence. La France est tiraillée de l'intérieur, les conflits religieux deviennent pressants et la France antarctique est relayée à l'arrière-plan. D'autre part, pressés par les jésuites, les Portugais préparent l'offensive. Le 15 mars 1560, la forteresse tombe et l’aventure coloniale s'achève. La présence française au Brésil continue par l'intermédiaire d'escarmouches, d'incursions corsaires et de commerce interlope, jusqu'à inspirer des années plus tard l’expérience de la France équinoxiale - pérenne malgré les difficultés.

Le récit d'André Thevet

Palmier du Brésil. Manioc
Ornement. Manioc

Panapana (poisson non identifié). Manioc
Au-delà de cet échec et de la tonalité irréelle des événements, cette expédition est source d'une littérature de première main et de première importance. 
André Thevet, cordelier et futur cosmographe du roi, fait partie du premier voyage. Malade, il doit retourner en France avec ceux qui sont chargés de transmettre à Calvin les renforts demandés par Villegagnon. Il ne sera resté que six mois au Brésil. Pourtant, Singularitez de la France antarctique, publié dès 1557, fait forte impression. Toujours soucieux de faire primer l'expérience sur l'autorité, il n'hésite pas à bousculer certaines croyances enracinées depuis l'Antiquité ou colportées par des colons affabulateurs ou emportés par leurs jugements moraux. Sa description des Tupinambas, qui s'efforce de porter un regard distancié, offre toujours aux anthropologues contemporains une précieuse documentation sur les tribus perdues du littoral sud-américain. Il offre un tableau illustré des ressources animales et végétales et, parmi les premiers, ne parle pas de la forêt tropicale comme d'un "Enfert vert" mais en propose une vision idyllique et quelque peu idéalisée. Il n'échappe toutefois pas à la tendance générale de tomber dans le merveilleux dès que sa connaissance n'est plus empirique (reprise du portrait des Amazones supposées vivre le long du fleuve éponyme), mais sa description de l'anthropophagie rituelle fit sensation puisqu'il s'attache à en fournir une description neutre et détachée, sans indignation morale. Si le livre est un succès à sa parution, immédiatement traduit en plusieurs langues européennes, Thevet, un temps tenté par le protestantisme avant d'intégrer l'aile dure du catholicisme, fit face à cause de ce louvoiement à de nombreuses critiques et attaques.


Le récit de Jean de Léry

Le deuxième ouvrage directement tiré de l'expérience vécue au cours de ces années est l'Histoire d'un voyage faict en la terre du Brésil de Jean de Léry,
Danse des Tupinambas. Manioc
protestant arrivé avec le contingent de réformés en 1557. Remettant en cause certaines descriptions de Thevet, sur fond de querelle théologique, Léry procède à un patient recueil d'un année vécue dans la baie. Il s'inscrit dans la lignée des auteurs qui critiquent les atrocités commises par les colons, de préférence catholiques !, et s'attaque à l'ethnocentrisme à grand renfort d'anecdotes et de comparaisons qui trahissent son sens de l'humour (voir l'illustration de l'entrée "Anthropophages" ci-dessous). C'est dans cet ouvrage que Montaigne trouva l'inspiration pour son célèbre chapitre des Essais consacré aux
Anthropophages. Manioc
cannibales, et son influence est aux sources du mythe du Bon sauvage qui irrigua la pensée et les controverses des Lumières. Célébrés par Claude Lévi-Strauss et Alfred Métraux, Léry comme Thevet sont toujours édités et étudiés avec soin, intégrant ainsi les classiques de la littérature de voyage. En 2001, l'académicien Jean-Christope Ruffin fait revivre la France antarctique dans son roman Rouge Brésil qui doit beaucoup aux deux auteurs.



Pour aller plus loin :

Sur Manioc, des ouvrages anciens mais non contemporains des faits relatent en détail l'aventure de la France antarctique :

Sur Manioc, plusieurs ouvrages du XIXème siècle dresse un tableau plutôt sévère de cet épisode, parmi lesquels :
  • Ferdinand Jean Denis, Brésil, Paris : Firmin-Didot frères, 1837
Sur Gallica, il est possible de consulter les éditions originales des deux ouvrages majeurs résultant de cette épopée :
Enfin, pour en savoir plus sur la biographie de l'amiral Villegagnon :
X.H.

Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2018/04/la-france-antarctique-1555-1560.html

mercredi 14 mars 2018

Evènement Martinique : Édouard Glissant, l’éclat et l’obscur

Colloque international et transdisciplinaire organisé par L’Université des Antilles et Louisiana State University

Édouard Glissant, incontournable écrivain, poète et philosophe contemporain martiniquais, a beaucoup influencé la pensée scientifique de son ère. Il développe des concepts tels que ceux de la Relation, du Tout Monde et de la Créolisation, qui engendrent une dialectique entre les lieux, les cultures insulaires et les métropoles. La pensée de E. Glissant revisite la façon dont l’être caribéen intègre et retranscrit son histoire, une histoire biaisée par la traite négrière. E. Glissant pousse les penseurs et scientifiques de notre temps à interroger les éléments qui constituent les cultures caribéennes et à questionner la façon dont ces cultures peuvent être un incubateur pour une nouvelle approche du phénomène de la globalisation.


L’Université des Antilles, en collaboration avec la Louisiana State University présentera du 20 au 23 mars 2018 un colloque intitulé « Édouard Glissant, l’éclat et l’obscur » à l’Université des Antilles en Martinique.

Manioc vous propose de découvrir le programme de cet événement très attendu ci-dessous.

Édouard Glissant, l’éclat et l’obscur
Colloque international et transdisciplinaire organisé par
L’Université des Antilles et Louisiana State University
Du 20 au 23 mars 2018

Programme

Lundi 19 mars 2018 : Ode à Édouard Glissant : La plage ardente
09h00 à 13h30 : Matinée Poétique
Maison Édouard Glissant, Diamant

15h30 à 17h00 : Accueil et inscription
Bureau des Relations Internationales, Campus de Schœlcher à Édouard Glissant, La plage 
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Mardi 20 Mars 2018 : Une nouvelle région du monde: Amphithéâtre Hélène Sellaye Campus de Schœlcher

7h30 à 8h00 : Inscription des participants
8h00 à 9h00 : Ouverture officielle du colloque

Mr le Président de l’Université des Antilles
Mme la Vice-Présidente du Pôle Martinique
Mme le Doyen de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines Mme Sylvie GLISSANT, Directrice de l’Institut du Tout Monde Mr Gerry L’ÉTANG, Directeur du CRILLASH
Mme Dominique AURELIA, Vice-Présidente déléguée aux Relations Internationales
Mr Jean-Pierre SAINTON, Professeur, Université des Antilles
Mr Alexandre LEUPIN, Professeur, Louisiana State University, Baton Rouge (LA)

Présentation : Glissant Translation Project, Alexandre LEUPIN
Présentation : Library of Glissant Studies, Raphaël LAURO

9h00 à 11h00 : Conférences inaugurales

« Édouard Glissant, la narration du monde » Jacques COURSIL · Professeur émérite, Université des Antilles, 
Lauréat prix Édouard Glissant 2017
« La beauté de la beauté : Francis Pavy, le peintre créole d'une nouvelle région du monde » Alexandre LEUPIN · Professeur, LSU Directeur du Centre d’Études Françaises et Francophones

11h00 à 11h15 : Pause-café

11h15 à 13h00 : Terres ouvertes
Modérateur : Alexandre LEUPIN · Louisiana State University

« Étudier Édouard Glissant aux Antilles ou la paradoxale aporie de l’origine » Cécile BERTIN · Université des Antilles
« La Lézarde a débordé » Juliette ELOI-BLEZES · Agrégée de Lettres Modernes
« De la Martinique à l’Algérie : Édouard Glissant, Kateb Yacine et les autres » Benaouda LEBDAI · Université Le Mans

13h00 à 14h00 : Déjeuner libre

14h00 à 15h30 : Lieu clos, parole ouverte
Modératrice: Valérie LOICHOT · Emory University

« De/liberating the message- translation as trans/relation of knowledge »
Christine RAGUET · Paris 3 Sorbonne Nouvelle
« La dialectique Méditerranée-Caraïbe d’Édouard Glissant » Michelle ZERBA · Louisiana State University
Franck COLLIN · Université des Antilles

15h30 à 16h00 : Pause-café

16h00 à 17h30 : Le terrifiant est du gouffre
Modératrice : Juliette ELOI-BLEZES · Auteure de De la Lézarde à Ormerod. Une poétique de la répétition (2016)
« Penser le gouffre méditerranéen à travers l’œuvre d’Édouard Glissant »
Naima HACHAD · American University Washington DC
« L’écriture du tremblement : Glissant et la génétique des textes » A confirmer
Claudia AMIGO PINO · Université Sao Paulo
« Soleil de la Conscience, quand les images viatiques donnent à voir la pensée de la relation » Anaïs STAMPFLI · Université des Antilles

8h45 à 21h00 : Soirée
Inauguration expo GLISSANT Bibliothèque Universitaire « La chair de l’histoire » Performance de Fabienne KANOR · Auteure et réalisatrice

Cocktail dînatoire

Mercredi 21 mars 2018 : Bâtir la Tour : Amphithéâtre Hélène Sellaye · Campus de Schœlcher

7h30 à 8h00 : Inscription des participants
8h00 à 9h30 : L’intraitable beauté du Monde
Modératrice : Christine RAGUET · Paris 3 Sorbonne Nouvelle

« L’intraitable beauté de la créolisation chez Édouard Glissant » Hugues AZERAD · Magdalene College / University of Cambridge
« Beauté et justice » Jean-Pol MADOU · Université de Savoie Mont Blanc
« Poétiques féminines de la créolisation » Pauline AMY DE LA BRETEQUE · Paris 4 Sorbonne

9h00 à 10h30 : Conférence
« L’autre féminin dans l’œuvre d’Édouard Glissant » Corinne MENCÉ-CASTER · Paris 4 Sorbonne

10h30 à 11h00 : Pause-café

11h00 à 12h00 : Langues d’éclats
Modératrice : Liliane FARDIN · Université des Antilles

« Défense et illustration du théâtre dans le Discours Antillais ; une relation ambiguë » Kerry-Jane WALLART · Paris 4 Sorbonne
« Premiers éclats, traces obscures, textes enfouis » Axel ARTHERON · Université des Antilles Raphaël LAURO · Université Paris Ouest Nanterre

12h00 à 13h00 : « Il n’amène à rien d’avoir un peu de terre, quand toute la terre n’est pas à tous »
Modératrice : Cécile BERTIN-ÉLISABETH · Université des Antilles

« ‘Cela qui nous tient en poésie’ - ou la Tragédie de la perte : quêtes éthiques et épistémologiques dans la pensée d’Édouard Glissant » Nadia NAAMI· University of Miami
« Édouard Glissant au regard de la littérature yiddish moderne du XXème siècle : une perspective comparatiste heuristique » Cécile ROUSSELET · Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle
« L’éclat de l’histoire et l’obscur du canon : Glissant et l’histoire de la littérature au Brésil » Luz PINHEIRO · Université Fédérale do Espirito Santo/Fapes

14h00 à 16h00 : Acoma(s)
Modératrice : Corinne MENCÉ-CASTER · Paris 4 Sorbonne

« Pour une nouvelle théorie littéraire, Édouard Glissant et sa poétique de la relation » Ewa GROTOWSKA-DELIN · Université des Antilles
« Redécouvrir Le sel noir, une poétique de la fraternité ? » Liliane FARDIN · Université des Antilles
« Transoceanic Glissant » Anaya KABIR et Elina DJEBBARI · King’s College (London)

19h00 : Soirée
Les Foudres de Glissant, Habitation Saint Étienne.

Jeudi 22 mars 2018 : De Bezaudin, Martinique, au Tout-Monde : Maison du bèlè · Sainte-Marie

8h30-11h00 : Visite
Morne Bezaudin, Morne Macroix, Habitation Pied en l’air
Patricia CONFLON GROS-DÉSIR · Université des Antilles

11h15 à 12h00 : Le souffle, le paysage, la mémoire
Modératrice : Kerry-Jane WALLART · Paris 4 Sorbonne

« Renverser les gouffres : Édouard Glissant et l’éthique relationnelle de l’histoire et des mémoires de la traite » Loïc CERY · Institut du Tout-Monde

12h00 à 13h00 : « Naitre au monde »
Modératrice : Dominique AURÉLIA · Université des Antilles

« Les voix du détour dans la littérature contemporaine en langue française » Viviane PEREIRA · Université Fédérale du Paraná (Brésil)
« Édouard Glissant, une parole ouverte sur le monde » Mylène DANGLADES ·Université de Guyane
« Au clair obscur de la relation : l’architectonie poétique d’Édouard Glissant » Frédéric LEFRANÇOIS · Université des Antilles

13h00 à 14h00 : Déjeuner (offert par Osatour)
14h00 à 16h00 : Après-midi doctoral

Session 1 : Modérateurs : Alexandre LEUPIN et Christine RAGUET

« La relation aux Antilles dans la colonialité marseillaise, 1719-2015 » Philippe K. YERRO · Marseille
« La rhétorique d’Édouard Glissant : l’interpénétration des genres oratoires dans son œuvre romanesque » Mohammed LAMINE RHIMI · Université Islamique Muhammad Ibn Saoud de Riyad
« La littérature taïwanaise à la lumière des concepts d’Édouard Glissant » Yueh-ta CHEN· Université Catholique de Taiwan
« Interdisciplinarité » Mfonzié ZACHARIE-BLAISE · Université de Yaoundé
« common places : archipelagicand continental thoughts on Interdisplinarity” Miguel GUALDRON-RAMIREZ · DePaul University

Session 2 : Modérateur : Jacques COURSIL

« Le dépassement chez Édouard Glissant » Jeanne JÉGOUSSO · Louisiana State University
« Édouard Glissant’s sense of errancy » Benjamin P. DAVIS · Emory University
« Les enjeux majeurs de la langue vernaculaire dans la littérature caribéenne » Karine BELIZAR · Louisiana State University
« L’abyssatrice : entre Édouard Glissant et Fabienne Kanor Brenda MOORE · Emory University

Vendredi 23 mars 2018 : La Savane de la première nuit : Amphithéâtre Michel Louis / Amphithéâtre Hélène Sellaye Campus de Schœlcher

9h00 à 10h00 : Conférence musicale et poétique du chaos
Amphithéâtre Michel Louis · Campus de Schœlcher

« Jazz et créolisation » sur une idée de Coline TOUMSON Mario CANONGE / Luther FRANCOIS

10h00 à 11h00 : Conférence
Amphithéâtre Hélène Sellaye · Campus de Schœlcher

« Une Famille d’éléphants : les dessins d’Édouard Glissant » Valérie LOICHOT · Emory University

11h00 à 11h15 : Pause-café

11h15 à 12h45 : « C’est un cri qui prend l’air à partir de nos étincellements de brousse… »
Modérateur : Benaouda LEBDAI · Université Le Mans

« Édouard Glissant, le poète/Roberto Matta le peintre : lectures croisées sur le Monde, entre chaos-monde et échos-monde » Géraldine BANARÉ · Université des Antilles
« Pour une délecture de l’entour : la faille des couleurs chez Édouard Duval-Carrié et Édouard Glissant » Charly VERSTRAET · Emory University
« Édouard Glissant : Architecte de l’esthétique caribéenne » Patricia DONATIEN · Université des Antilles
« Quand le silence enfin s'emmêle au bruit : esquisse d’une esthétique musicale dans La Cohée du Lamentin »
Jean-Luc TAMBY · Conservatoire Rennes, Université de Rouen

12h45 à 13h45 : Déjeuner libre

13h45 à 15h15 : « et avec des lianes bleuies et des algues en arc-en-ciel. »
Modératrice : Myriam MOÏSE · Université des Antilles

« Fouiller l’antan, mesurer la terre’, relayer nos paroles » Serge DOMI · Sociologue (Martinique)
« Du paysage à la poétique de la terre : Dialogues entre la philopoétique d’Édouard Glissant et l’art contemporain » Michel MINGOTE · Université de Minas Gerais
« Pratiques cinématographiques et pensée d’Édouard Glissant » Guillaume ROBILLARD · Université Paris 1 Sorbonne
« Jaillit des troubles, la lumière » Valérie PEREZ · ESPE Guadeloupe, Université des Antilles

15h30 à 16h30 : Le lieu du Monde
Modérateur : Jean-Pierre SAINTON · Université des Antilles

« Édouard Glissant et l'économie politique dans le discours antillais » Christian SAAD · Université des Antilles
« Édouard Glissant, Géopoétique et mondialité » Véronique BRAUN DAHLET · Université de Sao Paulo
« Glissant ou un autre regard sur l'histoire : L'étude de Franc-Jeu » Monique MILIA-MARIE-LUCE ·Université des Antilles

16h30 à 17h00 : Conclusion
« L’éclat et l’obscur » » Jean-Pierre SAINTON · Université des Antilles

19h00 : Soirée de clôture et remise du prix Mycea

Hôtel l’Impératrice – Fort-de-France

Organisateurs


COMITÉ SCIENTIFIQUE
Cécile BERTIN-ÉLISABETH · Université des Antilles Sylvie GLISSANT · Directrice de l’Institut du Tout-Monde Alexandre LEUPIN · Louisiana State University
Valérie LOICHOT · Emory University, Atlanta (GA) Corinne MENCÉ-CASTER · Université Paris IV Sorbonne Jean-Pierre SAINTON · Université des Antilles

COMITÉ D’ORGANISATION
Axel ARTHERON · Université des Antilles Dominique AURELIA · Université des Antilles Patricia GROS-DÉSIR · Université des Antilles Myriam MOÏSE · Université des Antilles
Régine ROUVEL · Université des Antilles



Sélection documentaire Manioc


En 2014, notre blog publiait un recensement des documents de et sur Glissant signalés dans Manioc que nous vous invitons à redécouvrir : sélection 2014

Les collections de Manioc se sont depuis enrichies de nombreuses interventions sur l'oeuvre d'Edouard Glissant :


MF






Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2018/03/evenement-martinique-edouard-glissant.html