mercredi 20 février 2019

Les Villes des Petites Antilles #4 : Kingstown, Saint-George, Port-of-Spain

Dernières escales

L'équipe Manioc a décidé de découvrir les villes des Petites Antilles en exploitant les différents matériaux présents dans Manioc.org. Dans le précédent épisode, Manioc faisait escale à Saint-Pierre, Castries et Bridgetown. Dans ce périple d'îles en îles, nous allons pour finir parcourir Kingstown, Saint-Georges et Port-of-Spain.

Kingstown, capitale de Saint-Vincent-et-les-Grenadines

Vue de Kingstown, capitale de Saint-Vincent
Nous laissons encore une fois parler les voyageurs et leurs impressions. La première  est celle contenue dans l'ouvrage Aux Antilles : hommes et choses de Robert Huchard lorsqu'il arrive à Saint-Vincent. 
Sa description, 
empreinte d'une forme de lassitude, est marquée par une certaine négativité, par un éloge du modèle colonial anglais et par des observations à la limite du racisme. Il est le témoignage de la façon de penser de l'époque (début du XXe siècle, c'est-à-dire, la période de la deuxième colonisation). Son écriture est très riche et colorée de détails, elle nous emporte et nous fait découvrir les subtilités de son voyage aux Antilles, les  parfums, les nuances capables d'être décelés par une âme sensible.

« Vues de la mer, toutes ces villes des Antilles se ressemblent ; mêmes murailles fendillées et jaunes, mêmes toits de tôle, même impression de vétusté au milieu d'un paysage toujours le même, lui aussi, magnifique et monotone, toujours surprenant néanmoins. » p. 74 
« Encore une nuit passée en mer. Encore au matin un surprenant réveil, une terre monte à l'horizon: Saint-Vincent. Les mêmes sommets, les mêmes montagnes, les mêmes sites : ciel, arbres, terrains grandissent, s'avancent. Les hauts cocotiers, à nouveau, font trembler, à l'extrémité de leurs longues tiges, leurs touffes de palmes vertes ; à nouveau aussi accourent des flottilles débarques nègres. L'île de Grenade s'est-elle donc prolongée jusqu'ici? C'est à le croire. Le climat, les types d'habitants, les lignes maîtresses du paysage: on retrouve tout, rien n'a changé.
Toutefois certains bâtiments diffèrent quelque peu à Kingstown de ceux déjà vus dans les autres îles. Ils sont plus hauts, deux, trois étages parfois. Quelques-uns bâtis en pierres noires, en moellons, en briques, offrent une certaine analogie avec les maisons de Fort-de-France. Seraient-ce là les derniers vestiges de l'occupation française? Car Saint Vincent, comme les autres Antilles d'ailleurs, nous appartint pendant un long temps. » p. 76 

PL. XIII Kingstown harbor, St. Vincent, looking west.

Pour enrichir cette première description de Kingstown, tournous-nous vers Henry Nelson Coleridge et son récit de voyage Six months in the West Indies. L'homme avait décidé d'entreprendre un voyage aux Antilles pour chercher dans le climat tropical une possible guérison à ses rhumatismes. Le ton est différent, les considérations personnelles de l’auteur sont partout et souvent, il divague largement sur nombre de frivolités. On est loin des descriptions minutieuses du Père Labat ou de J. Anthony Froude ; malgré tout, il livre un témoignage sur la situation sociale des possessions anglaises des Caraïbes au début du XIXe siècle. On y découvre d'excellentes descriptions de paysages et nombreuses réflexions sur les coutumes appliquées dans les différents îles. Un exemple : l’extrait suivant, tiré du chapitre dédié à Saint-Vincent. On y trouve une description de la ville et de la pratique cruelle réservée aux prisonniers, enchaînés dans les lieux publics, exposés aux regard de tous, chose pourtant interdite dans l'Angleterre du XIXe siècle.
Kingstown lies in a long and narrow line upon the edge of the water; on the eastern end is a substantial and somewhat handsome edifice containing two spacious apartments, wherein the council and Assembly debate in the morning, and the ladies and gentlemen dance in the evening; towards the western extremity is also a substantial and ugly building (…)” p. 101“One thing disgusted me much; I allude to the practice of working runaway, riotous, or convict slaves in chains in the public street of Kingstown.” p. 105




Saint-George, capitale de la Grenade.

Encore quelques mots venant de l'ouvrage d'Henry Nelson Coleridge Six months in the West Indies, cette fois ci pour la ville de Saint-GeorgeIl nous indique dans l'introduction, qu'il a voyagé non seulement dans les Antilles, mais aussi en Europe, et qu'en décrivant la pittoresque Saint-George il à l'impression de se retrouver en Italie. Voir les passages qui suivent... 

“Early the next day we made Grenada, and came into the bay by twelve o'clock.If Trinidad is sublime, Grenada is lovely. I do not know why it should have put me in mind of Madeira, but it did so continually. The harbour is one of the finest in the West Indies, and the hurricanes have not ranged so far(…) The town covers a peninsula which projects into the bay; Fort George stands on the point, the spired church on the isthmus; within is the Carenage full of ships and the wharfs of the merchants surrounding it; beyond it lie three or four beautiful creeks indenting the cane fields, an aqueduct at which the boats water, the mangroves growing out of the sea, the great Lagoon, and Point Salines shooting out a long and broken horn to the south west. Over all, and commanding every thing in the vicinity, tower the Richmond Heights, which are crested with fortifications of prodigious extent, from which the Bocas of Trinidad have been seen on a clear afternoon. The rest of the prospect is delightful; in every direction the eye wanders over richly cultivated valleys with streams of water running through them, orchards of shaddocks and oranges, houses with gardens, negro huts embowered in plantain leaves, mountains and little hills romantically mixed and variegated with verdant coppices of shrubs and trees.” pp.  94-95
Saint George's
“My stay in this island was short, but I was much delighted with all that I saw. Grenada is perhaps the most beautiful of the Antilles, meaning by this that her features are soft and noble without being great and awful. There is an Italian look in the country which is very distinct from the usual character of the intertropical regions, and is peculiar to this colony. (...)
St. George's is a large town and picturesquely placed on a peninsula and the sides of a hill, but the consequence of this situation is that the streets are all so steep that the inhabitants consider it unsafe to use any sort of carriages on them. However they certainly make more of this than is necessary. I would engage to drive a tandem with perfect security from the landing place in the Carenage to Government House.” p. 96
“We left Grenada after dinner on the evening of Friday the 8th of April, passed at some distance to leeward of the long line of islands and islets called Grenadines, which are equally distributed between the two governments of St. Vincent's and Grenada, and after beating up for nearly twenty-four hours in sight of land, came to anchor in Kingstown Bay at five in the morning of Sunday the 10th. The view of the town and surrounding country is thought by many to be the most beautiful thing in the Antilles; it is indeed a delightful prospect, but, according to my taste, not within ken of the surpassing loveliness of the approach to Grenada. Trinidad is South American, but St. George's, the Lagoon, and Point Salines are perfect Italy.” p. 101 

Port-of-Spain, capitale de Trinidad-and-Tobago:

Aujourd’hui cette ville est un des principaux moteurs économiques des West Indies,  autrefois considérée comme une ville exemplaire en termes d’aménagement urbain, comme le témoigne le document suivant des archives de la ville de Fort-de-France :
Rapport [de la] commission municipale chargée d'examiner à Port-of-Spain (Trinidad) le mode de rechargement et d'entretien des rues, le fonctionnement des abattoirs, les services de propreté, des eaux, des pompes funèbres, et en général toutes les méthodes de voirie urbaine, d'assainissement et d'hygiène appliquées et d'examiner le moyen de les adapter à la ville de Fort-de-France. En effet, une commission ad hoc fut constituée par la Ville de Fort-de-France en 1920, pour mener à bien une mission de reconnaissance à Port-of-Spain. L'objectif était d'appréhender comment cette ville, considérée comme  exemplaire dans l'aménagement urbain, faisait face aux problématiques de la ville, telles vécues dans les îles de la Caraïbe. On le voit bien, l'étude comparée n'est pas une nouveauté des temps présents.


« La Commission nommée par le Conseil municipal à l'effet de se transporter à Trinidad (…) composée de :MM. I. Tarquin, 2ème adjoint au Maire, Délégué à la Voirie,O. Mosole, Conseiller Municipal,P. Nays, Agent-Voyer,a laissé la Martinique par le steamer faisant le service intercolonial des Antilles, le 27 février dernier ; elle a débarqué à Port-of-Spain le 29, y a séjourné jusqu'au 14 mars et est rentrée à Fort-de-France le 16 mars.Dès son arrivée dans la Colonie anglaise elle s'est présentée, avec une lettre de recommandation de M. le Gouverneur de la Martinique, à M. le Consul français. Celui-ci lui a remis aussitôt des lettres d'introduction pour M. le Secrétaire Colonial du Gouvernement de Trinidad qui a, lui-même, demandé aux autorités municipales de la localité de favoriser toutes les investigations auxquelles la Commission désirait se livrer. Avec l'obligeant concours de l'Ingénieur municipal et du chef du Service de prophylaxie, les délégués de la Ville de Fort-de-France ont pu procéder au Chef-lieu de la Trinidad et aux environs à toutes les observations ci-dessous développées qui leur ont paru devoir se rattacher à leur mission. » p.1 



St. James avenue, Port-of-Spain, Trinidad
«  ETABLISSEMENT et ENTRETIEN des RUES et CHAUSSÉES. — Sans aucune exagération l'on peut dire que la viabilité urbaine est excellente à Port-of-Spain. Les voies suburbaines, dans le rayon très étendu que nous avons pu visiter, sont dans le même état. L'aspect que présentent les chaussées, surtout celles des rues, est celui d'un glacis bétonné et enduit, de dix à douze mètres de largeur ». p. 1. 


« PROPRETÉ. — ENLÈVEMENT des IMMONDICES 
La propreté de Port-of-Spain fait l'admiration de ses visiteurs. Elle est poussée aux limites du possible. A toute heure du jour, l'étranger ressent la même impression favorable en parcourant les rues : celle d'une ville toujours parée sans que l'on se rende compte de l'heure à laquelle s'effectue sa toilette. C'est que le balayage des chaussées se fait de nuit, entre une et quatre heures du matin, que l'enlèvement des ordures ménagères commence à partir de 5 heures et se poursuit simultanément par une trentaine de grandes charrettes. L'atelier préposé seulement au balayage comprend cent vingt unités. Enfin Port-of-Spain possède un réseau d'égoûts desservant la plus grande partie, de la Ville. Les eaux usées et les vidanges des maisons vont à l'égoût. Pour les quartiers non munis d'égoùt l'installation d'un châlet de nécessité, dans la cour de l'immeuble, est obligatoire. Le service est assuré par la voirie qui procède sans transvasement ; à l'aide d'une pompe, les récipients, en béton armé, de ces châlets, (coquets pavillons bien aérés et ventilés) sont vidés, puis lavés et désinfectés : les matières sont recueillies dans des tonneaux à fermeture hermétique (couvercles à vis) et rendues à une bouche d’égout dans le voisinage de l'usine qui les refoule en mer». 
La propreté de Port-of-Spain fait l'admiration de ses visiteurs. Elle est poussée aux limites du possible. A toute heure du jour, l'étranger ressent la même impression favorable en parcourant les rues : celle d'une ville toujours parée sans que l'on se rende compte de l'heure à laquelle s'effectue sa toilette. C'est que le balayage des chaussées se fait de nuit, entre une et quatre heures du matin, que l'enlèvement des ordures ménagères commence à partir de 5 heures et se poursuit simultanément par une trentaine de grandes charrettes. L'atelier préposé seulement au balayage comprend cent vingt unités. Enfin Port-of-Spain possède un réseau d'égoûts desservant la plus grande partie, de la Ville. Les eaux usées et les vidanges des maisons vont à l'égoût. Pour les quartiers non munis d'égoùt l'installation d'un châlet de nécessité, dans la cour de l'immeuble, est obligatoire. Le service est assuré par la voirie qui procède sans transvasement ; à l'aide d'une pompe, les récipients, en béton armé, de ces châlets, (coquets pavillons bien aérés et ventilés) sont vidés, puis lavés et désinfectés : les matières sont recueillies dans des tonneaux à fermeture hermétique (couvercles à vis) et rendues à une bouche d’égout dans le voisinage de l'usine qui les refoule en mer». La propreté de Port-of-Spain fait l'admiration de ses visiteurs. Elle est poussée aux limites du possible. A toute heure du jour, l'étranger ressent la même impression favorable en parcourant les rues : celle d'une ville toujours parée sans que l'on se rende compte de l'heure à laquelle s'effectue sa toilette. C'est que le balayage des chaussées se fait de nuit, entre une et quatre heures du matin, que l'enlèvement des ordures ménagères commence à partir de 5 heures et se poursuit simultanément par une trentaine de grandes charrettes. L'atelier préposé seulement au balayage comprend cent vingt unités. Enfin Port-of-Spain possède un réseau d'égoûts desservant la plus grande partie, de la Ville. Les eaux usées et les vidanges des maisons vont à l'égoût. Pour les quartiers non munis d'égoùt l'installation d'un châlet de nécessité, dans la cour de l'immeuble, est obligatoire. Le service est assuré par la voirie qui procède sans transvasement ; à l'aide d'une pompe, les récipients, en béton armé, de ces châlets, (coquets pavillons bien aérés et ventilés) sont vidés, puis lavés et désinfectés : les matières sont recueillies dans des tonneaux à fermeture hermétique (couvercles à vis) et rendues à une bouche d’égout dans le voisinage de l'usine qui les refoule en mer». pp. 4 et 5.Le mode de vidanges est sans contredit la plaie de notre ville ; il a été et est souvent très sévèrement critiqué par nos visiteurs. A la vérité, tandis qu'en France, dans les colonies anglaises voisines, dans le monde entier, les progrès de l'hygiène et de l'assainissement se sont réalisés dans des villes beaucoup moins importantes que la nôtre, nous avons, au contraire, sinon régressé du moins marqué le pas. » p. 7 L'intensité de l'éclairage public n'est pas, proportionnellement, moindre à Fort-de-France qu'à Port-of-Spain ; mais en revanche l'éclairage électrique privé est beaucoup plus développé dans celte dernière ville dont la Compagnie de l'électricité possède une usine, d'une puissance considérable, qui fournit non seulement la lumière publique et privée mais aussi la torce motrice nécessaire à l'exploitation d'une ligne de tramways électriques desservant Port-of-Spain et ses environs. Le nombre de voitures omnibus circulant simultanément est de vingt-quatre réparties sur quatre lignes. L'usine est actionnée par des générateurs à vapeur ».p.  12
« VIDANGES 
Le mode de vidanges est sans contredit la plaie de notre ville ; il a été et est souvent très sévèrement critiqué par nos visiteurs. A la vérité, tandis qu'en France, dans les colonies anglaises voisines, dans le monde entier, les progrès de l'hygiène et de l'assainissement se sont réalisés dans des villes beaucoup moins importantes que la nôtre, nous avons, au contraire, sinon régressé du moins marqué le pas ». p. 7
 « SERVICE des EAUX
Ce qui fait la caractéristique du service des eaux de Port-of-Spain c'est sa réglementation… La réglementation du service des eaux permet à la population d'en avoir en tout temps. Elle consiste surtout dans la répression du gaspillage. Il est formellement interdit, sous peine d'amendes, de laisser ouvert le robinet de puisage en dehors des besoins ; la consommation particulière est ainsi réduite au minimum. Les abonnements sont proportionnels pour les maisons d'habitation ordinaires ; ils sont de quatre pour cent (4 o/o,) de la valeur locative brute. Dans les établissements le compteur est exigible. Il nous manque, certes, à Fort-de-France, une réglementation des eaux. Le débit de notre eau d'alimentation pourrait largement suffire à tous les besoins si un réglage convenable était opéré et si surtout il était mis un frein à la dépense plus qu'excessive des concessionnaires de la route de Didier ». p. 1
« ECLAIRAGE ÉLECTRIQUE  
L'intensité de l'éclairage public n'est pas, proportionnellement, moindre à Fort-de-France qu'à Port-of-Spain ; mais en revanche l'éclairage électrique privé est beaucoup plus développé dans celte dernière ville dont la Compagnie de l'électricité possède une usine, d'une puissance considérable, qui fournit non seulement la lumière publique et privée mais aussi la torce motrice nécessaire à l'exploitation d'une ligne de tramways électriques desservant Port-of-Spain et ses environs. Le nombre de voitures omnibus circulant simultanément est de vingt-quatre réparties sur quatre lignes. L'usine est actionnée par des générateurs à vapeur ». p. 12

Port of Spain, capitale de la Trinidad


« CONCLUSIONS L'impression générale que la mission rapporte de Port-of-Spain est en tous points excellente. Au point de vue matériel : une grande et belle ville, active, bâtie dans des conditions hygiéniques des plus favorables avec des maisons spacieuses, hautes de plafond dont beaucoup entre cour et jardin. Des voies de communication larges, solides, bien entretenues, d'une propreté admirable ; les établissements publics installés avec le maximum de confort ; les moyens de locomotions nombreux et faciles, (lignes de tramways électriques, divers établissements de location de voitures et automobiles) contrôlés et tarifés d'ailleurs par les autorités municipales pour la sauvegarde des intérêts du public qu'elles n'ont pas voulu laisser livrés à l'arbitraire des intérêts privés. En un mot, ville de progrès moderne ». pp. 14-15


Comme nous l'avons annoncé, Port-of-Spain était la dernière étape du voyage. Nous espérons que cette incursion dans les villes de la Caraïbe à travers différents siècles a su capter votre attention.

Livres anciens sur Manioc :

-Aux Antilles : hommes et choses, Huchard, Robert, Paris : Librairie Académique D. Perrin. 1906, Récit journalier d'un voyage effectué aux Antilles au début du 20e siècle, rythmé par les petites anecdotes vécues par l'auteur et ponctué de commentaires.

-Six months in the West Indies, in 1825, Coleridge, Henry Nelson (1798-1843), 1832.


Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2019/02/les-villes-des-petites-antilles-4.html

vendredi 8 février 2019

Le crime d'empoisonnement dans les Antilles françaises

François Macandal et les esclaves empoisonneurs...


François Macandal fut une figure mythique de l'histoire haïtienne, considéré comme l'un des plus grands leaders du marronnage, précurseur de la révolution haïtienne. Il est notamment connu pour avoir organisé sa résistance par des empoisonnements massifs orchestrés dans toute la région au XVIIIe siècle. Il n'est pas le seul à avoir usé de ce moyen de résistance qui a constitué l'une des grandes terreurs des colons blancs pendant toute la période coloniale. Manioc possède dans ses collections numérisées des documents qui évoquent ce thème et vous propose de se pencher sur certaines de ces sources.

Le Marron inconnu par Albert Mangonès, Port-au-Prince

La figure de Macandal à Saint-Domingue

La question de l'empoisonnement fut présente de longue date dans les préoccupations coloniales. Dans son ouvrage Loix et constitution des colonies... publié en 1785, Moreau de Saint-Méry reprend un arrêt du conseil du Cap à Saint-Domingue du 20 janvier 1758. Il concernait "l'empoisonneur Macandal et ses complices".  

À travers la lecture de différents auteurs, on apprend que François Macandal est né en Afrique, puis qu'il a été esclave au Limbé à Saint-Domingue avant de marronner. L'écrivain Edgar Selve évoque ainsi "Un congo, Makandal, appartenant à M. Le Normand de Mézy, planteur du Limbé" (p. 850). L'archiviste Pierre de Vaissière écrit que "ce Macandal était un nègre de Guinée, qui fut longtemps esclave de l'habitation Le Normand, au Limbé. Ayant eu la main prise au moulin à cannes et devenu manchot, il avait été fait gardien d'animaux. Il partit marron et se réfugia dans les montagnes" (p. 236). Enfin, le religieux Jean-Marie Jan dit qu'"Au mois de janvier 1758, on arrêta au Limbé un esclave de M. Le Tellier, marron depuis 18 ans". (p.  121).

Souvent, les récits appuient sur le caractère, la force d'esprit, l'audace et l'intelligence de Macandal ou Macanda, voire makendal. L'homme, outre le fait d'être un chef, leader de marronnage,  a cultivé une certaine image de sa personne auprès de la communauté marronne qu'il fréquentait. Il est souvent présenté comme un sorcier ou un magicien, voire un homme pratiquant le vaudou. Les textes relatent qu'il se présentait comme envoyé par une divinité et aussi qu'il avait dit qu'à sa mort, il se transformerait en maringouin ou en mouche et reviendrait parmi les vivants. 

Durant son marronnage, François Macandal a mis en oeuvre une résistance organisée notamment par des empoisonnements massifs orchestrés dans toute la région, inspirant la terreur aux colons de Saint-Domingue. On le suspecta parfois d'avoir eu pour projet d'éradiquer tous les colons blancs de l'île. Arrêté et accusé de crimes multiples, il fut brûlé vif sur la place d'armes de la ville du Cap le 20 janvier 1758. Au cours des 5 mois qui suivirent, 24 esclaves et 3 libres de couleur subirent le même supplice ; 150 autres furent mis en prison.

Dans l'arrêt du 20 janvier 1758, les chefs d'accusation contre Macandal furent nombreux : "Séducteur, profanateur et Empoisonneur" (p. 217). On lui reprochait ainsi la réalisation de maléfices, d'impiétés, de profanations, qu'il aurait pratiqués et incités à pratiquer par d'autres et aussi "d'avoir en outre composé, vendu, distribué des poisons de toute espèce" (p. 217). Son influence fut telle que l'arrêt demandait aussi "que l'Edit du roi du mois de juillet 1682, contre les Devins, Magiciens, et Empoisonneurs, sera publié et affiché par trois dimanches consécutifs, aux portes des Eglises paroissiales du ressort " (p. 218) et en d'autres lieux.
Quelques mois plus tard, le 11 mars 1758,  un autre arrêt de règlement du Conseil du Cap défendait "aux Nègres de garder des paquets appelés Macandals, ni de composer et vendre des drogues"


Le souvenir de l'affaire Macandal a laissé des traces profondes comme en témoigne sa mention par Descourtilz, dans sa Flore pittoresque, qui fait des Makendals un synonyme de "magiciens des Nègres" (p. 287). On ne sait s'il faut donner foi à Moreau de Saint-Méry qui écrit : "nous n'aurons que trop à entretenir nos lecteurs de la célérité funeste de Macandal dont le nom, justement abhorré, suffit pour désigner tout à la fois un poison et un empoisonneur ; c'est encore l'injure la plus atroce d'un esclave puisse vomir contre un autre à Saint-Domingue" (p. 218) ; en tout cas, cette note montre que loin de s'estomper dans le temps, le souvenir de Macandal fut au contraire vivace et marquant.

Une pratique de résistance effrayante pour les colons

Le crime d'empoisonnement ne se limite pas à l'histoire de Macandal. Au XIXe siècle, Adrien Dessales consacrait tout un passage de son Histoire générale des Antilles... à l'usage du poison à Saint-Domingue. S'interrogeant sur les causes qui conduisaient à l'emploi du poison, il notait que "détruire les bestiaux d'une habitation, diminuer le chiffre de son atelier, la ravager par le poison, était un moyen de la discréditer, d'en réduire la valeur". (p. 345). Frappant le bétail comme les hommes, le poison était ainsi craint par les colons tant pour leur vie propre que pour l'impact économique sur leur habitation. Évoquant Saint-Domingue et la guerre de Sept Ans (1753-1763), Adrien Dessales racontait encore :
"Le poison y avait reparu avec toutes ses horreurs, avec tous les effrois qu'il occasionne à l'habitant (...) profitant du trouble qui agitait la colonie, il s'était formé des confréries d'empoisonneurs, sorte de franc-maçonnerie qui ne laissait personne en repos. Le colon se trouvait d'autant plus à plaindre, que, n'ayant aucune preuve à porter en justice des crimes qui le ruinaient, il se voyait en proie eux soupçons." (p. 343)
Les propos de l'écrivain sont intéressants, car Dessales offre ici la perspective du colon. Tellement persuadé du bon fondement de ses craintes, il en vient à se focaliser sur le fait que le colon est à plaindre de ne pas être cru sur parole dans ses accusations. Mais à aucun moment, il ne songe à l'aberration de condamner quelqu'un en l'absence de preuve, pas plus qu'il ne considère l'éventualité que le crime n'en soit pas un ; alors même qu'il fournit indirectement une des causes probables de certains des morts, quand il parle de "ces moments de crise où le poison, semblable à une épidémie, se développe sous des apparences terrifiantes". (p. 344) Combien d'esclaves ont ainsi été accusés de tuer, là où les épidémies ont vraisemblablement ravagé des ateliers d'habitations ? Dans son Histoire de la Guadeloupe, Auguste Lacour mentionne ces deux situations, celle de l'épidémie en Guadeloupe et celle du crime d'empoisonnement. 
"Tandis que les plantations de la Guadeloupe étaient ravagées par l'ouragan, ses troupeaux étaient décimés, emportés par une effroyable épizootie. Cependant elle fut moins malheureuse que quelques autres colonies ses voisines. Elle n'était pas du moins en proie à une triste et désolante pensée : elle ne supposait point que le fléau cachait un crime abominable. Dans le même temps la mort planait également sur les troupeaux de la Martinique ; mais là on s'armait contre un fait humain, le poison. Le 12 août 1822, une cour prévôtale était établie pour réprimer le crime d'empoisonnement; cette colonie eut ensuite à se défendre contre une révolte d'esclaves, qui, dans la nuit du 12 au 13 octobre, éclata sur les hauteurs du Carbet". (p. 325)
Cette peur des colons a parfois conduit à de grandes violences. Dans L'abolitioniste français (sic), l'auteur dénonce les cruautés de certains maîtres à l'encontre de leurs esclaves.
"sur le soupçon qu'un boeuf, qui venait de mourir, avait été empoisonné par un de ses nègres, ce colon fit couper la tête de l'animal et obligea l'esclave, sur qui il faisait planer le soupçon d'empoisonnement, de la porter pendant les heures de travail de l'atelier sur sa tête et sur sa poitrine, jusqu'à ce qu'elle fût en complète putréfaction. L'odeur infeste qu'elle exhalait occasionna l mort de ce malheureux." (p. 152)
Encore dans L'abolitioniste français, on trouve mention du sieur Brafin, "acquitté il y a plusieurs années en cour d’assises, où il était accusé de sévices atroces" (p. 364). L'homme avait en effet littéralement torturé plusieurs de ses esclaves, car il était persuadé que la mort de plusieurs autres sur son habitation était le fait de crime d'empoisonnement. 
La peur parfois irrationnelle des empoisonnements s'est traduite par de nombreuses exécutions en place publique. Dans son ouvrage Histoire de la Martinique..., Sidney Daney propose un état des condamnations prononcées par le tribunal spécial sur le crime d'empoisonnement. Il avait été espéré que l'existence de ce tribunal dédié, créé en 1803 par le gouverneur de la Martinique de l'époque, allait aider à endiguer les crimes d'empoisonnements. L'état des condamnations de Sidney Daney recense les dates et lieux des jugements, le nombre des condamnés, les noms des suspects qui n'ont pas été condamnés. Entre 1802 et 1810, pas moins de 26 jugements sont prononcés. Les châtiments sont à la hauteur de la crainte inspirée : 67 esclaves y perdirent la vie et 35 autres furent condamnés à des peines diverses (galères, déportation, prison à perpétuité...). 101 noms figurent encore dans la colonne des individus suspects mais non condamnés. De nombreux esclaves furent parfois condamnés simultanément, comme en 1807, où 19 esclaves de Basse-Pointe furent condamnés à mort et 9 à d'autres peines. 
Extrait de l'état des condamnations prononcées par le tribunal spécial sur le crime d'empoisonnement


Regard sur l'empoisonnement en 1838-1839 dans les îles anglaises

Dans les années 1838 et 1839, Jules Lechevalier Saint André menait une étude sur le statut de l’esclavage dans les colonies françaises au nom du Ministère français de la Marine et des Colonies. Il produisit un rapport sur les questions coloniales publié en 1844 dans lequel il recueillait les opinions de divers notables des différentes îles de la Caraïbe. Les questions abordaient des thèmes aussi variés que la religion, les mœurs, l'instruction publique, l'organisation du travail, l'agriculture, l'industrie... 
Manioc a plus particulièrement regardé les questions et réponses données pour ce qui touche à l'empoisonnement. La question est posée avec quelques variantes, mais elle se résume le plus souvent à savoir si on voyait "beaucoup d'exemple d'empoisonnement sur les maîtres, sur les esclaves entre eux, sur les bestiaux". 

Dr N. Nugent, président de l'assemble coloniale d'Antigua fut formel : 
"Avant l'émancipation, quelques nègres ont cherché à se venger en empoisonnant le bétail de leurs maîtres quelques rares exemples se sont présentés de géreurs morts de la même manière, par suite de ressentiments. Mais, depuis cette époque, les nègres ne sauraient avoir les mêmes motifs de vengeance." (p. 69)
Messieurs Howell, géreur, et David Cranstoun, administrateur, à Antigua :
"Dans ce pays-ci les personnes ont été rarement exposées aux atteintes d'un pareil crime ; mais, dans les troupeaux, la mort subite à laquelle succombaient en grand nombre les bestiaux a souvent excité des soupçons. Depuis plus de vingt ans, aucun esclave n'a été convaincu du crime d'empoisonnement sur la personne de son maître ou de quelqu'un de sa propre classe. Avant l'abolition de la traite, ces crimes n'étaient pas rares." (p. 74)
Dr J. Osborn, planteur, membre de l'assemblée coloniale pour le quartier dit Bermudian-Valley à Antigua avait un tout autre avis :
"En assez grande quantité; mais le nombre a augmenté depuis l'émancipation." (p. 77)
"(...) les maléfices et pratiques superstitieuses, comme tous les autres vices, se sont accrus au centuple depuis l'émancipation, et exercent une influence funeste sur l'esprit du peuple. Ceux qui se livrent à ces pratiques répandent les ulcères, le scorbut et toutes affections malfaisantes. C'est à tel point, que les nègres parlent ouvertement de ses sorciers (obeah-mùen)- et, pour vous intimider, vont jusqu'à citer le nom de celui avec lequel ils sont particulièrement en relation. (...)" (p. 81)
Mais Lechevallier n'hésitait pas à souligner dans le rapport que "le Dr Osborn, propriétaire de deux sucreries considérables, représente ce qu'il y a de plus exalté parmi les adversaires de l'émancipation. Des personnes appartenant à toutes les nuances d'opinion m'ont averti que ce témoignage ne pouvait pas être admis sans contrôle".  

M. Fergusson, planteur et négociant à Sainte-Lucie, répondait laconique :
"Non, surtout dans ces dernières années." (p. 93)
Enfin, M. Chamberlain Ferrral à Sainte-Croix (colonie danoise) faisait de même :
"Sont très rares ; on en entend à peine parler." (p. 107)


Le 8 février 1822, l'esclave Gertrude fut exécutée sur la place de l'église du Petit-Bourg en Guadeloupe. Elle avait été accusée de crime d'empoisonnement. Son histoire que l'on peut découvrir dans le livre d'Ary Broussillon est loin d'être un cas isolé. Comme elle,  de nombreux hommes et femmes, privés de liberté, furent condamnés à mort, suspectés d'avoir tué d'autres esclaves, des bestiaux et parfois des maîtres blancs. Avec l'abolition de l'esclavage, la crainte des colons blancs semble s'estomper, car les motifs qui pouvaient conduire les esclaves à utiliser ce moyen de résistance passent pour disparaître. Mais avant cela, dans les sources historiques, l'importance donnée au crime d'empoisonnement est à la mesure de  l'inquiétude, démesurée au regard des cas avérés.


Livres anciens sur Manioc.or


Sur Macandal (par année d'édition)

Pour aller plus loin

  • Broussillon, Ary, L' exécution de l'esclave Gertrude : l'empoisonneuse du Petit-Bourg, Abymes : Éd. Créapub, 1999.
J.P. 

Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2019/02/le-crime-dempoisonnement-dans-les.html

mercredi 16 janvier 2019

Les Pharisiens, découverte d’un roman inédit de Maryse Condé

Le premier roman de Maryse Condé, un inédit pour la première fois dévoilé au public



On pensait jusqu’ici que Maryse Condé était née à l’écriture relativement tard, publiant ses premières pièces de théâtre (Dieu nous l’a donné, Mort d’Oluwémi d’Ajumako) et son premier roman (Heremakhonon) dans les années soixante-dix. La découverte du tapuscrit Les Pharisiens, retrouvé par hasard dans un tiroir, éclaire d’un jour nouveau la genèse de son œuvre.

Dans ce court roman écrit en 1962, alors que Maryse Condé n’a que 25 ans et vient tout juste d’arriver en Guinée avec ses enfants, l’auteure revient sur sa vie en Guadeloupe, ses errements et ses déceptions ; la peinture sans concession d’une Guadeloupe engluée dans les querelles de castes, les discriminations et les injustices sociales permet de comprendre le choix de l’auteure qui s’apprête à passer une partie de sa vie en Afrique. 

La future écrivaine ne l’ayant pas jugé assez bon pour être publié, ce premier texte est resté inédit et inconnu du grand public comme des chercheurs pendant plus de 50 ans.

Offert à l’Université des Antilles avec un ensemble de tapuscrits originaux de ses œuvres (Heremakhonon, La Vie sans fards, Le Destin triste et fabuleux d'Ivan et d'Ivana jumeaux dizygotes), le tapuscrit inédit des Pharisiens est aujourd’hui consultable librement sur le site dédié à Maryse Condé de la collection ECCA (Écritures contemporaines de la Caraïbe et de l’Amazonie) sur la bibliothèque numérique Manioc.

IM


Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2019/01/les-pharisiens-decouverte-dun-roman.html

lundi 14 janvier 2019

Appel à contributions : congrès ACURIL 2019 du 2 au 6 juin à Aruba

Accès et opportunités pour tous : Bibliothèques, archives et musées de la Caraïbe soutiennent les objectifs de développement durable des Nations Unies



L’Association des bibliothèques universitaires, de recherche et institutionnelles de la Caraïbe (ACURIL) est heureuse d’annoncer que sa 49ème conférence, qui se tiendra du 2 au 9 juin 2019 sur l’heureuse île d’Aruba, portera sur les objectifs de développement durable (ODD), qui sont le cadre de l'agenda ONU 2030. Le thème de notre conférence est : Accès et opportunités pour tous : Bibliothèques, archives et musées de la Caraïbe soutiennent les objectifs de développement durable des Nations Unies.

En septembre 2015, les États membres des Nations Unies (ONU) ont adopté « Transformer notre monde : le programme de développement durable à l'horizon 2030 », qui comprend 17 objectifs de développement durable (ODD) couvrant le développement économique, environnemental et social. Les bibliothécaires et les professionnels de l'information de la Caraïbe contribuent à améliorer les résultats des ODD en promouvant l'alphabétisation universelle, en comblant les lacunes en matière d'accès à l'information, en favorisant l'inclusion numérique, en servant de cœur de la recherche et du monde universitaire, en préservant et en donnant accès à la culture et au patrimoine. 

À travers des présentations dynamiques, des sessions de posters, des ateliers et le salon des exposants, le congrès ACURIL 2019 poursuit les objectifs suivants :

  1. Améliorer et approfondir les connaissances des bibliothécaires et autres professionnels de l'information de la Caraïbe sur les objectifs de développement durable et les progrès accomplis depuis la mise en œuvre de ces objectifs en 2015.
  2. Mettre en réseau et échanger des informations sur les « enseignements tirés » en présentant des études de cas et des projets de divers pays de la Caraïbe et de différentes régions linguistiques.
  3. Offrir un forum de discussion sur l'Agenda 2030 et sur la manière de traduire ces objectifs en initiatives concrètes pour les bibliothèques de la Caraïbe.
  4. Élaborer des recommandations politiques pour les gouvernements et institutions de la Caraïbe sur la manière d'impliquer les bibliothèques dans la réalisation des ODD au niveau local.

SOUS-THÈMES DE LA CONFÉRENCE ARUBA 2019 D'ACURIL
Le comité du programme de la conférence ACURIL 2019 ARUBA sollicite des propositions de communications, ateliers et posters qui explorent les sous-thèmes suivants :

  1. Services d'information sur la réduction de la pauvreté et la sécurité alimentaire
    Sujets: services d'information sur l'emploi, services de bibliothèque pour les sans-abri, prévention de la toxicomanie, inclusion sociale, agriculture durable, information sur la nutrition.
  2. Promouvoir l'alphabétisation et l'apprentissage tout au long de la vie
    Sujets : Programmes d'alphabétisation, de lutte contre l’illettrisme, pour tous les âges ; Programmes d'alphabétisation numérique (litéracie) pour populations à faible revenu, enfants, population ayant des besoins spéciaux, immigrants, services de bibliothèque mobile, collaboration avec les autorités locales et les organisations à but non lucratif pour offrir des programmes d'alphabétisation et de lutte contre l’illettrisme, Makerspaces, programmes de formation (litéracie) pour soutenir l'enseignement, l'apprentissage et la recherche.
  3. Bibliothèques et soutenabilité
    Sujets : Bibliothèques vertes, Bibliothèques du patrimoine, Programmes de bibliothèques visant à sensibiliser aux changements climatiques, à la conservation de l’énergie / de l’environnement et à la gestion des ressources, Préservation des savoirs autochtones, Conservation, Recyclage, dépôts de données institutionnelles et autres.
  4. Bibliothèques contribuant à des sociétés pacifiques et justes
    Sujets : Services de bibliothèque pour la promotion de la paix, de l’éthique, de la transparence et de la bonne gouvernance; Accès public à l'information; Droits de propriété intellectuelle.
    POUR ACURIL 2019 ARUBA, nous incluons le sous-thème suivant :
  5. Stratégies intégrées pour atteindre plusieurs ODD
    Sujets : Services d’information pour la promotion d’une croissance économique durable et inclusive, projets de bibliothèques pour la promotion du développement social et de la protection de l’environnement, programmes dans l’intérêt de tous, y compris les femmes, les enfants, les jeunes et les générations futures.

Appel à contributions

Soumission des résumés 31 janvier 2019

Notification d'acceptation 28 février 2019
Document final à remettre le 29 avril 2019

Pour toute question, contactez :
Mrs. Monique Alberts Msc.
ACURIL President 2018-2019 and Chair, Conference Programme Committee
Email address: acuril2019@gmail.com

APPEL À CONTRIBUTIONS - Guide pour la soumission des présentations

Format du document :

  • Pour le travail final, chaque présentateur doit fournir un document au format électronique de la présentation.
  • Le document au format électronique doit être envoyé sous forme de fichier Microsoft Word (.doc) avec les diapositives et les vidéos de la présentation.
  • Titre du titre - Times New Roman 12 pt, gras, centré, majuscule
  • Sous-titres - Times New Roman 11 pt, centre
  • Nom et titre, affiliation institutionnelle, e-mail - Times Roman, 11 pt, centré.
  • Le résumé
  • Style de citation de la bibliographie : American Psychological Association (APA), 6th ed.
  • Document final à remettre le 30 avril 2019

APPEL À CONTRIBUTION - Guide pour proposer des ateliers (workshop)
Objectif(s) de la présentation de l'atelier

  • Les présentations de l'atelier sont destinées à fournir aux participants l'occasion d'échanger des études de cas et des projets liés à un ou plusieurs objectifs de développement durable.
  • La présentation de l'atelier doit aborder l'un des sous-thèmes susmentionnés et doit être pratique, avec une expérience concrète. En outre, les présentateurs sont invités à relier leurs ateliers aux groupes de discussion sur les groupes d’intérêt spécial ACURIL ou aux tables rondes sur les contenus.

Format d'atelier

  • L’atelier sera limité à 25 participants afin d’encourager les échanges. Les présentateurs sont également encouragés, le cas échéant, à utiliser un large éventail d'illustrations pour appuyer les présentations de leurs ateliers. Les ateliers peuvent être présentés dans l’une des trois langues officielles d’ACURIL : anglais, français ou espagnol.
  • Durée de l'atelier : 1 heure avec questions et réponses.
  • Les propositions doivent être soumises par courrier électronique.

Les propositions doivent inclure :

  • Titre de l'atelier
  • Résumé (200 - 500 mots) dont le contenu est lié à l'un des sous-thèmes de la conférence.
  • Nom du / des présentateur (s)
  • Présentation du (des) intervenant (s) (150 mots)
  • Fonction / titre du / des présentateur (s)
  • Affiliation employeur / institution
  • Adresses postales
  • Numéros de téléphone / fax
  • E-mail (s)
  • Matériel informatique nécessaire
Les résumés des présentations des ateliers seront publiés dans le programme final.
Si vous avez des questions sur votre soumission, veuillez nous contacter.
Tous les résumés d'atelier doivent être soumis au plus tard le 31 janvier 2019.
Mme Monique Alberts Msc.
Président d'ACURIL 2018-2019 et Président du comité du programme de la conférence
Adresse e-mail: acuril2019@gmail.com


APPEL À CONTRIBUTION POSTERS - Guide pour proposer des posters (affiches)
Qu'est-ce qu'une présentation par poster ?

La présentation par poster (affiche) a pour but de fournir aux professionnels de l’information des occasions de mettre en valeur et de partager des idées et des expériences réussies en présentant un projet, une stratégie de résolution de problèmes, une étude, un programme ou un service novateur dans une bibliothèque et / ou des services d’information en relation avec le thème de la conférence.

Une présentation par poster est un bon moyen de présenter vos projets ou d’obtenir des commentaires sur une idée mise en œuvre. L'information sera sur un panneau d'affichage qui permet aux spectateurs de passer et d'observer une œuvre particulière présentée. Toutes les affiches seront exposées au ACURIL Posters Caribbean Boulevard à ACURIL 2019 ARUBA.

Comment soumettre un résumé de proposition de poster ?

Les présentations par poster peuvent être dans l’une des trois langues officielles d’ACURIL - anglais, espagnol ou français. Les propositions peuvent être soumises par courrier électronique.

Les propositions doivent inclure :

  • Titre de la présentation du poster (en relation avec le thème de la conférence)
  • Résumé (250 mots)
  • Nom du / des présentateur (s)
  • Fonction / titre du / des présentateur (s)
  • Affiliation employeur / institution
  • Adresses postales
  • Numéros de téléphone / fax
  • Email
  • Skype
Les résumés des présentations par affiches seront publiés dans le programme final.

Recommandation, guide :

  • Les posters seront montés à Oranjestad, Aruba, du 2 au 5 juin 2019.
  • Ils doivent porter sur l’un des sous-thèmes de la conférence.
  • Le poster doit contenir un énoncé du thème ou du problème, les objectifs de la recherche, du projet ou de l'idée présentée, la méthodologie utilisée pour résoudre le problème ou mettre en œuvre le programme, les principaux résultats ou effets et leurs conséquences, leurs conclusions, et au moins 3 références (style APA, 6ème édition).
  • Une présentation efficace par poster doit démontrer visuellement les éléments clés ou les points importants d’un thème, d’un produit ou d’un service lié à la conférence.
  • Les dimensions des affiches doivent être au format vertical: 2,6 mètres de large x 3,3 mètres de haut; c'est 31 x 40 pouces.
  • Les impressions peuvent être sur papier, à partir d’une présentation PowerPoint ou de caractéristiques usuelles de posters.
  • Les sérigraphies, graphiques, dessins, photographies et autres graphiques ainsi que le texte servant à illustrer la présentation sont les bienvenus.
  • Le lettrage doit être facilement lisible.
  • Les affiches peuvent être accompagnées de prospectus.
  • Tout le matériel à afficher doit être préparé avant votre arrivée. Les fournitures ne seront pas disponibles sur le site de la conférence.

Les présentateurs sont tenus d’apporter leurs affiches finies à Oranjestad, Aruba.
Aucun support électrique ou connexion Internet n'est disponible dans la zone des affiches.

Pour toute question, merci de contacter :
Dr. Luisa Vigo-Cepeda, Coordinator, Caribbean Posters Boulevard executivesecretariat@acuril.org / luisa.vigo@upr.edu

Les propositions de résumé de poster doivent être soumises au plus tard le 31 janvier 2019 à : 
Mrs. Monique Alberts Msc.
ACURIL President 2018-2019 and Chair, Conference Programme Committee
Email address: acuril2019@gmail.com

Dr. Luisa Vigo-Cepeda, MSLS, MA, Ph.D.
Coordinator
ACURIL Caribbean Posters Boulevard
executivesecretariat@acuril.org
luisa.vigo@upr.edu
Cel. 787-612-9343
Skype: luisa.vigo

Toute l'équipe d'ACURIL attend avec impatience vos contributions !

AP





Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2019/01/appel-contributions-congres-acuril-2019.html