mardi 17 janvier 2017

Etudes caribéennes : nouvelle parution

Quel entrepreneuriat pour quel développement en Haïti ?




Le dernier numéro de la revue Etudes caribéennes, coordonné par Bénédique Paul, Directeur du CREGED à l'Université Quisqueya consacre un dossier spécial à l'entrepreneuriat en Haïti. Etat des lieux, propositions concrètes pour faire des entreprises un véritable levier du développement d'Haïti... 



Entrepreneuriat : Quelle voie pour le développement d'Haïti ?


Hors dossier


Compte-rendu de lecture


Bonne lecture !
C.P.


Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2017/01/etudes-caribeennes-nouvelle-parution.html

mardi 10 janvier 2017

De la rue Lauriston au rocher du Diamant

Regard sur Lauriston


Né à Pondichéry en 1786, mort Paris en 1828, Jacques Alexandre Bernard Law, marquis de Lauriston, ne connut rien du choix de la Geheime Staatspolizei (police secrète d'Etat du Troisième Reich) d'établir, de 1941 à 1944, ses quartiers parisiens au 93 rue Lauriston, au coeur du très chic 16ème arrondissement...


Que de résistants, d'opposants, de juifs  livrés au sadisme sans limite des chefs de la Gestapo Lafont et Bonny, et de leurs séides ! En 2004, un film qui connut un certain succès ("93, rue Lauriston") s'attacha à mettre en scène le souvenir de ce lieu funeste et de ses tristes acteurs.

On dit "rue Lauriston" pour évoquer la Gestapo avec la même facilité de langage dont on use pour désigner, par le nom de l'artère ou du secteur qui les abritent, tel monument célèbre ou telle institution connotée: "Le Quai d'Orsay" vaut surnom d'office pour les Affaires étrangères, comme naguère vouer quelqu'un à "Charenton" était renvoyer l’intéressé à sa folie et le désigner ainsi comme chaire à camisole pour le célèbre asile psychiatrique située dans cette zone du Val-de-Marne [l'équivalent martiniquais serait l'hôpital de Colson]...



Il y a pourtant  une autre dimension historique à accorder à ce marquis de Lauriston que ce voisinage douteux avec les pires crapules de l'Occupation. Comme nous l'indique  France pittoresque ou Description pittoresque, topographique et statistique des départements et colonies de la France, Lauriston a laissé son empreinte dans l'histoire de la Martinique d'une manière plus glorieuse.


Général de division en 1805, ce militaire de carrière fut de ceux qui, la même année, dans le cadre d'une expédition sur fond de guerre franco-anglaise aux Antilles, participèrent à la prise du rocher du Diamant (Martinique), occupé depuis 1804 par une garnison britannique, et réputé imprenable. Déjà des histoires de résistance et d'occupation... Décédé en 1828, Lauriston est inhumé au Père Lachaise.







Tiré de l'ouvrage "Les Antilles filles de France :
 Martinique, Guadeloupe, Haïti
" (p. 105)
Pour les non connaisseurs, voici, à l'appui de l'illustration ci-dessous, une brève présentation de cette "petite île inhabitée située dans la mer des Caraïbes au sud-ouest de la Martinique" dont les enjeux  géostratégiques dépassaient alors le simple agrément touristique...















P.O.A


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L' Atelier 45


Vidéos en ligne sur manioc.org


Tropiques Atrium Scène Nationale de Martinique a démarré sa saison 2016-2017 par une exposition rendant hommage à l’Atelier 45. Cet atelier a été créée par 3 hommes, Raymond Honorien, Marcel Mystille et Germain Tiquant. Une génération de précurseurs dans le domaine de la peinture antillaise qui vont se regrouper au sein de leur atelier et poser les fondements d'une nouvelle esthétique en Martinique.
Retrouvez en ligne sur manioc.org l'intégralité du colloque autour de l'atelier 45.


Quelques mots sur les artistes :

Raymond Honorien
Né à Paris d'un père guadeloupéen et d'une mère martiniquaise, Raymond Honorien est une figure peu connue de l'histoire artistique antillaise. Ses œuvres témoignent  des années de guerre et d'après-guerre. Il a incarné la naissance d'une peinture novatrice en Martinique. En effet, c'est à lui qu'on doit la création du premier centre municipal des beaux-arts à Fort-de-France en 1966. Avec ce centre, il voulait élargir ses perspectives dans le monde de la peinture et terminer le cantonnement des clichés "romantiques et doudouistes" de la Martinique. Grâce à la rencontre d'autres artistes comme Joseph De la Nézière (peintre orientaliste français qui a séjourné aux Antilles) et Géo François, Raymond Honorien trouvera une véritable émulation et un grand épanouissement dans sa vie artistique.
C'est en quittant l'école des arts appliquées qu'il décide avec deux des ses amis, Germain Tiquant et Marcel Myrtille, d'établir un nouveau projet artistique celui "d'inventer une peinture à la mesure de leur ambition". Ensemble, ils trouvent un local et mettent en commun : documentation, matériel, et étudient les peintres européens, et décident de peindre le plus souvent en plein air. Des sorties basées sur une peinture plus réaliste de la vie quotidienne : "Nous ne cherchions plus les beaux coins, et en cela nous rompions avec la période picturale passée [...] pour nous la peinture devait coller à l'image de la réalité non travestie".

Marcel Mystille
Né à Fort-de-France en 1920, Marcel Mystille pratique la peinture en marge de son activité professionnelle. Le travail de Mystille se situe entre les travaux des impressionnistes et les productions des caribéens anglophones ou hispanophones. Son goût pour les paysages, les couleurs primaires, son attachement au bleu, au vert et à toutes leurs nuances. 

Germain Tiquant
Né en 1920 en Martinique, le jeune Tiquant est issu d'une famille modeste de marin pêcheur. Élève brillant, il réussit en 1936 au concours d'entrée à l'enseignement technique. Par la suite, il intègre l'école des Arts appliqués en section céramique. Mais il ne suivra pas cette formation en son terme. Tiquant préfère opter pour la section bâtiment de l'enseignement technique et est diplômé en 1945. Son diplôme lui vaut d'être recruté par les Travaux Publics en qualité de chef du bureau d'études en juillet 1945. Il terminera en sa carrière comme ingénieur - chef à la mairie de Fort-de-France.
Au sein de l'Atelier 45, le travail de Tiquant s'inscrit dans la retranscription du quotidien traditionnel de la population martiniquaise : les marchandes de fruits de pistaches... , les paysans, les ouvriers agricoles et d'autres scènes de vie (domino, combat de coq).
"La peinture me permet d'exprimer ma vision personnelle de la réalité. Je m'inspire des scènes, des lieux, des gens que l'on côtoie, que l'on a tendance à négliger, voire à ignorer. Le désir d'affirmer la réalité du quotidien me guide".
Il cherche continuellement à transmettre une identité culturelle dans ses tableaux. Il se voit comme "un conteur de nos traditions". Une authenticité qu'il veut transmettre sur chacune des ses toiles.


Découvrez l'intégralité du colloque sur l'Atelier 45 :

Bonne découverte !
C.P.



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jeudi 15 décembre 2016

Le manioc s'expose au Musée des cultures guyanaises à Cayenne



Racines de Manioc

On a coutume d’identifier quatre grandes civilisations agri-culturelles : la civilisation du mil, du blé, du riz et enfin du maïs (qui a d’ailleurs gravement souffert des activités de l’industrie chimique). L’exposition consacrée au manioc qui se tient jusqu’au 17 juin 2017 au Musée des cultures guyanaises à Cayenne vient nous rappeler que l’histoire agri-culturelle de l’humanité s’est enrichie   d’une cinquième civilisation grâce à cette autre plante.



Au-delà de l’évidente et riche question alimentaire, l’exposition aborde les multiples usages de la plante dans l’histoire locale guyanaise, de la pharmacopée aux mythes et contes en passant par l’artisanat, elle souligne en somme que le manioc est un « fait social total ».


Gilberto Freyre dans Maîtres et esclaves : la formation de la société brésilienne, illustre ce caractère civilisationnel du manioc en évoquant la diffusion de ses usages à l’ensemble des populations, la plante devient alors creuset de la nation brésilienne en formation : 

 « La nourriture préparée par les femmes consistait surtout en pâte ou farine de manioc. Gabriel Soares vit, vers 1500, les Indiens râpant des racines de manioc jusqu'à ce qu'elles deviennent blanches :  « après les avoir lavées, ils les râpent avec une pierre ou une râpe à cet usage, puis ils en expriment le jus à l'aide d'un moulin de palmier qu'ils appellent tapitim et lorsque la pâte est bien sèche, ils en font la farine qu'ils mangent, cuite en une terrine à cet effet; on y met la pâte, on la fait sécher sur le feu, tandis qu'une Indienne la remue avec une moitié de calebasse, comme quand on fait des dragées, et cela jusqu'à ce qu'elle soit tout à fait sèche, sans un brin d'humidité, comme du couscous; mais plus blanche, et c'est ainsi qu'on la mange, elle est très douce et savoureuse » .
Les colons adoptèrent la farine de manioc à la place du pain de blé; les propriétaires ruraux préférant la farine fraîche au début, celle que l'on faisait tous les jours. Gabriel Soares dit à ce sujet que « le manioc est plus sain et meilleur que le bon blé et d'une digestion plus facile. La preuve en est que Tomé de Sousa, D. Duarte et Men de Sa ne mangeaient plus de pain de blé au Brésil, car ils ne s'en trouvaient pas bien, et beaucoup d'autres personnes en font autant».
La victoire du manioc indigène sur le blé fut complète; il devint la base de l'alimentation du colon (malheureusement sans avoir la valeur nutritive et la digestibilité que lui suppose l'ingénuité de Gabriel Soares). Encore aujourd'hui le manioc est l'aliment fondamental du Brésilien et la technique de sa fabrication reste, pour une grande part de la population, la même que celle des indigènes. A l'extrême Nord, la farine préférée est celle dite d'eau; voici comment les cabocles la préparent d'après H. C. de Sousa Araujo : « La macération est terminée lorsque le manioc se détache de son écorce, on le transporte alors dans des tipiti pleins d'eau, où on le laisse quelques jours. Quand il est bien mou, on le brise et on le râpe, on met la pâte dans de longs cylindres de jonc tressé ou de roseaux. Ces tipiti ont de un mètre et demi à deux mètres de longueur et sont suspendus au faite de la maison, une fois bien remplis, avec une pierre attachée à leur extrémité inférieure. Quand le suc du manioc, nommé tucupi, cesse de couler, on enlève cette pâte amylacée, on la fait sécher, puis on la porte au four. Cela donne une farine grossière, formée de boulettes dures, difficiles à mâcher». Au Nord-Est on préfère la farine « sèche », appelée autrefois « de guerre » et on la prépare comme à l'extrême Nord avec des « corbeilles tubulaires élastiques faites de feuilles de palmier », selon la définition de Teodoro Sampaio.
L'utilisation du manioc dans la cuisine indigène était d'une riche variété et bien des produits, préparés autrefois par les mains rougies des Indiennes, sont faits aujourd'hui par les mains blanches, brunes, marron ou noires des Brésiliennes de toutes les origines et de tous les sangs. La Brésilienne a appris de l'Indienne l'art des plus exquises friandises de manioc : la farine fine, de carima pour le bébé; la bouillie; le mbeiu ou beiju… ». 

(Maîtres et esclaves : la formation de la société brésilienne. Editions Gallimard, p.132-133).

Manioc (qui n’a jamais été si bien nommé) vous propose donc de préparer et d’accompagner votre future visite de l’exposition en consultant les documents suivants :

Livres et articles

Vidéos

Bonne lecture !

C.B.

Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2016/12/le-manioc-sexpose-au-musee-des-cultures.html

mardi 13 décembre 2016

Hommage à Léo Elisabeth


Manioc a le regret de vous annoncer le décès de Monsieur Léo Elisabeth survenu le samedi 10 décembre à Paris. Il était âgé de 85 ans.
Agrégé d'histoire, enseignant au lycée Schœlcher (1961 et 1977), Léo Elisabeth devient inspecteur pédagogique régional en 1977. Docteur d'Etat en histoire en 1988, il prendra sa retraite en 1997. En 2003, il devient le président de la Société d'Histoire de la Martinique. Léo Elisabeth est l'auteur d'une centaine d'articles sur la société martiniquaise.


Manioc vous propose de découvrir ou redécouvrir quelques-uns de ses articles à partir du Catalogue collectif des périodiques Caraïbe-Amazonie :

  • Journal de Pierre Philippe Lecourt (septembre 1792 - mars 1794), Les Annales des Antilles : bulletin de la Société d'histoire de la Martinique, n° 29, 1994, p. 5-106.
  • La cession de Saint-Barthélémy à la Suède (1779-1785), Les Annales des Antilles : bulletin de la Société d'histoire de la Martinique, n° 31, 1997, p. 77-103.
  • Lettres de Charles de l'Yver lieutenant du régiment de Champagne relatant son séjour aux Antilles de 1779 à 1784, Les Annales des Antilles : bulletin de la Société d'histoire de la Martinique, n° 26, 1983, p. 1-100.
  • Europe, Afrique, Nouveau monde : femmes d'antan aux origines de la femme créole, Les Annales des Antilles : bulletin de la Société d'histoire de la Martinique, n° 27, 1988, p. 76-96.
  • Le référendum de 1958 à la Martinique, Les Cahiers de l'Outre-mer : revue de géographie trimestrielle publiée par l'Institut de la France d'outre-mer de Bordeaux, par l'Institut de géographie de la Faculté des lettres de Bordeaux et par la Société de géographie de Bordeaux, n° 358 à 359, 2008, p. 107-131.
  • Histoire : la ville, Les Cahiers du patrimoine : revue trimestrielle éditée par le Bureau du Patrimoine du Conseil Régional de la Martinique, n° 11 & 12, 01-1991, p. 13-18.
  • Histoire : la ville : De la révolution à 1848 : cinquante ans de luttes pour ou contre le droit commun, Les Cahiers du patrimoine : revue trimestrielle éditée par le Bureau du Patrimoine du Conseil Régional de la Martinique, n° 11 & 12, 01-1991, p. 23-32.
  • Vichy aux Antilles et en Guyane : 1940-1943, Outre-mers : revue d'histoire, n° 342-343, 01-01-2004, p. 145-173.
  • Le référendum de 1958 à la Martinique, Outre-mers : revue d'histoire, n° 358-359, 01-01-2008, p. 107-131.
  • Départementalisation adaptée 1958-1960 : une espèce d'autonomie, Outre-mers : revue d'histoire, n° 368-369, 01-09-2010, p. 75-96.
  • La Revue et le thème de la Martinique : huit décennies de contacts, Outre-mers : revue d'histoire, n° 376-377, 01-09-2012, p. 447-451.
  • Christianisation et monde colonial à la Martinique sous l'Ancien régime, Outre-mers : revue d'histoire, n° 380-381, 01-09-2013, p. 35-62.
  • La création des évêchés coloniaux, Les Annales des Antilles : bulletin de la Société d'histoire de la Martinique, n° 34, 2000, p. 7-64.
  • Léo Elisabeth et Jacques Adélaïde-Merlande, VIIIe colloque des sciences historiques : La période révolutionnaire aux Antilles et dans les Guyanes, Les Cahiers d'Eghin : revue de l'Association des enseignants de géographie et d'instruction civique de la Martinique, n° 1, 10-1989, p. 3-7.


C.P.




Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2016/12/hommage-leo-elisabeth.html