vendredi 21 avril 2017

Focus Manioc : Georges Élteuthère Mauvois

Hommage Manioc 



Les 23 et 24 février dernier, un Croisée-hommage a été rendu rendu à l'écrivain et dramaturge martiniquais Georges Élteuthère Mauvois.
"Durant la deuxième partie du siècle vingtième et jusqu’à son dernier texte, Le Merisier, l’écrivain martiniquais Georges Mauvois n’a eu de cesse, dans le divers de son oeuvre, de porter le particulier de la Caraïbe, et singulièrement de son île, aux horizons du monde. [...] Chez Mauvois, le personnage ne se contente jamais de paraître vraisemblable, il est ; toujours vrai, véritable, véridique, authentique, l’aura de réalité qui émane de ses corps projette le lecteur et/ou le spectateur dans l’immanence sensuelle du sublime comme dans la transcendance idéelle du Beau...". Retrouvez en ligne sur Manioc, l'intégralité de cet hommage.



Fonctionnaire des postes et des télécommunications, Mauvois s'est illustré en refusant sa mutation arbitraire en France, qui avait été motivée par son activité au sein du parti communiste Martiniquais et de syndicaliste engagé. Il fut alors révoqué des P.T.T. 
Après sa révocation, Mauvois se lance dans les études de droit. Il exerce au barreau de Fort-de-France en tant qu'avocat.
Georges Mauvois a une passion pour la littérature. Il commence sa carrière de dramaturge par la pièce Agénor Cacoul (1966), pièce dans laquelle il aborde le sujet de la corruption du pouvoir politique. 
Après une pause (il se lance dans l'apiculuture), Mauvois revient au théâtre dans les années 1980, un théâtre critique vis-à-vis du pouvoir français et de l’aliénation de ses compatriotes dont il se moque. Il fait en effet, la satire de la société coloniale, et souhaite réveiller les consciences. Défenseur du créole, Georges Mauvois a traduit en créole l’Antigone de Sophocle et le Dom Juan de Molière. 


Sur Manioc 


Bonne découverte !
C.P.



Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2017/04/focus-manioc-georges-elteuthere-mauvois.html

mercredi 19 avril 2017

Villes d’Art et d’Histoire en Guadeloupe : le paysage urbain de Basse-Terre

Le style architectural de Basse-Terre



Fort St Charles 
Source Gallica

Le blog Manioc vous propose de suivre deux exemples notoires d’implantations urbaines en  Guadeloupe : Basse-Terre et Pointe à Pitre. D’abord forts, puis paroisses, découvrez une histoire de leur expansion et de leur patrimoine…

Le dernier article de la série se focalise sur le paysage urbain de la ville de Basse-Terre. Bonne découverte !



Ali Tur a eu un large impact sur le visage du chef-lieu, mais la ville reflète d’autres surprises. Elle conserve aussi l’empreinte d’une militarisation plus importante que la ville de Pointe-à-Pitre …

Le quartier du Carmel

Le fort St Charles, actuellement Fort Delgrès, classé bâtiment historique en 1977, s’élève dès la moitié du XVIIe siècle. D’abord simple maison forte, sa construction va se poursuivre conjointement à celle des batteries alentours jusqu’à son déclassement en 1904. Classé parmi les monuments les plus remarquables en 1917, il va malgré tout servir pour la préparation des bananes destinées à l’exportation jusqu’à un incendie de 1950.

Eglise de Basse-Terre 
Source Manioc
A leur arrivée en 1651, Charles Houël fait don aux Carmes de la chapelle qu’il venait de faire construire. Elle sera ravagée par un ouragan au XVIIe siècle, et plusieurs fois incendiée par les attaques anglaises successives. Au début du XIXe siècle, après le départ des Carmes, Notre-Dame du Mont-Carmel est à l’abandon après quelques travaux de rénovation entrepris en 1792. Le cyclone de 1825 la délabre de nouveau. Rénovée en 1844, agrandie en 1857, ce n’est qu’en 1917, puis 1950 que de sérieux travaux sont entrepris pour lui donner son visage actuel en 1957. Elle est classée Monument en 2006.

Le quartier d’artillerie était établit dans les locaux laissés par les jésuites en 1764. A plusieurs reprises endommagé, il est reconstruit dans la seconde moitié du XIXe siècle, avant d’être désaffecté en 1907, puis vendu en 1912. Il est classé monument historique en 2005.

Aux abords du quartier, on trouve l’Hôpital militaire Saint-Louis (classé en 1979) érigé sur les ruines du couvent des Carmes. Hospice pour les pauvres fondé en 1664, agrandit en 1763 (puis partiellement détruit par un incendie), ce n’est qu’en 1820 que l’Hôpital s’érige. Désaffecté en 1945 il abrite depuis 1950 le lycée Gerville-Réache.

La ville d’Ali Tur

La construction d’une résidence du gouverneur a débuté en 1933 d’après une bâtisse entamée sous l’occupation anglaise, complètement détruit en 1825. Les quelques tentatives de reconstruction sont ravagées par un incendie en 1905. Occupée à titre provisoire des 1935, ce "Palais d’Orléans" (Préfecture depuis 1951) est classé depuis 1997, l’année suivant sa modification par Romney.
Le Palais de Justice est initialement construit en 1813 et détruit par le cyclone de 1825. Ali Tur remodèle le plan en U en équerre. Le bâtiment est classé Monument Historique en 1997.
Le Palais du Conseil Général, également classé en 1997, se dresse sur le site du "vieux gouvernement" dont il occupait déjà les fragiles locaux.


Sur Manioc :

Revues en ligne : 

  • Camille Fabre, Les Carmes de Guadeloupe, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 21, 01-01-1974, p. 9-40.
  • Gérard Lafleur, Basse-Terre et la mer, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 160, 01-09-2011, p. 67-91.
  • Bernadette Dusser-Vidalet, L'Habitation de Mont-Carmel, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 32, 01-04-1977, p. 5-23.
  • Bruno Kissoun, Emmanuel PHILIBERT : De la Grande Armée aux fortifications de Guadeloupe, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 160, 01-09-2011, p. 3-19.

Bonne lecture !
A.S.

Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2017/04/villes-dart-et-dhistoire-en-guadeloupe_19.html

mercredi 12 avril 2017

Décès de Jean Bernabé

Un hommage... sur le vif


Alors que nous venons d'apprendre le décès, cette nuit, du Professeur Jean Bernabé, quelques mots s'imposent, sur le vif, pour l'équipe de la bibliothèque numérique Manioc, qui n'existerait probablement pas sans cette figure de la vie universitaire et intellectuelle.



Jean Bernabé
Source : Image de la bibliothèque numérique Manioc
C'est en effet autour d'une table (en 2004 ou 2005 ?) que Jean Bernabé, alors directeur du CRILLASH et Marie-Françoise Bernabé, alors directrice du Service commun de la documentation de l'Université des Antilles et de la Guyane, avec quelques uns de leurs collaborateurs, ont pensé les prémices de cette bibliothèque numérique, imaginant les nouvelles formes que pourraient prendre la collaboration documentation-recherche.

La genèse de Manioc, ces deux "jambes" (documentation-recherche), - qui lui ont permis de cheminer jusqu'à présent, d'imaginer sans cesse de nouvelles perspectives et connexions, sans jamais se laisser enfermer -, doivent donc beaucoup à Jean Bernabé et à sa femme, que nos pensées accompagnent en ce jour.

Connu pour être l'un des co-auteur d'"Eloge de la créolité", Jean Bernabé a aussi œuvré à l'existence de nombreuses "choses" concrètes : l'Université des Antilles et de la Guyane, les études et la recherche sur le créole (création du GEREC-F, CAPES créole)... Toutes ces "choses", au-delà de leur incidence immédiate et toujours effective (même lorsque les institutions changent de forme), ont contribué à légitimer des cultures, des recherches universitaires, des voies et des voix jusqu'alors minorées. Mais ses travaux de linguiste comme les essais auxquels il s'est consacré jusqu'à son dernier souffle, vont bien au-delà de cette réhabilitation. Ils offrent une parole au monde dont il appartient à chacun de se saisir et de se ressaisir infiniment, dans cette dynamique critique d'exigence dont il ne s'est jamais départi.


Quelques interventions de Jean Bernabé sur Manioc


Interventions filmées



Textes





A.P.




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lundi 10 avril 2017

Villes d’Art et d’Histoire en Guadeloupe : paysages urbains de Pointe-à-Pitre

L'Architecture de la ville de Pointe-à-Pitre





Le blog Manioc vous propose de suivre deux exemples notoires d’implantations urbaines en Guadeloupe : Basse-Terre et Pointe-à-Pitre. D’abord forts, puis paroisses, découvrez une histoire de leur expansion et de leur patrimoine … Ce billet vous propose quelques exemples de bâtiments classés monuments historiques dans la ville de Pointe-à-Pitre. 

Bonne découverte !






Bâtiments religieux


Eglise de Pointe-à-Pitre 

Le plus imposant bâtit religieux, et premier à recevoir un orgue en Guadeloupe, est l’Eglise St Pierre et St Paul (classée en 1978). C’est en 1807 qu’est posée la première pierre d’un édifice, finalement inauguré en 1818. Néanmoins, après le tremblement de 1843, le gouverneur Gourbeyre décide d’entreprendre la construction d’une église en fer qui ne s’entame qu’en 1847. Inaugurée en 1853, le clocher fut érigé en 1876 et seule la façade fut refaite après le tremblement de terre de 1897. 

L’ancien presbytère (actuel Pavillon de la ville, classé en 1992) fut construit en 1806. Réparé en 1831, il s’effondre pendant le séisme de 1843. Rapidement rebâtit, il est complété et rénové en 1853, puis en 1855, en 1873, en 1882 et en 1893 avant que les colonnes soient abattues après le tremblement de 1897. 

Parmi les bâtiments religieux classés monuments historiques, il y a aussi l’externat St Joseph de Cluny (achevé en 1860, classé en 1988). 




Ville militaire

En 1823, l’administration décide, puisqu’il n’y en a toujours pas à Pointe-à-Pitre, de transformer le tribunal en caserne d’infanterie, conjointement à la prison. Après un agrandissement, le bâtiment est achevé en 1833, alors que l’Etat achète des terrains en 1838 et 1840. Le bâtiment est détruit en 1843 et reconstruit en 1847 et complété en 1858, 1861, 1863 puis 1868. La garnison est finalement supprimée en 1905. Devenue actuelle sous-Préfecture, elle est classée en 1995. 

La construction d’un hôpital militaire a été commencée en 1778. Complété et agrandit de 1826 à 1832 il sera entièrement détruit par le séisme de 1843 puis reconstruit dès 1852 et au début des années 1860. Réaménagé en 1883, il est depuis 1895 "lycée Carnot" (classé en 1979). 



Bâtiments publics

Le marché 

Au début des années 1880, le maire Armand Hanne lance la construction de l’hôtel de ville (actuelle médiathèque Achille René Boisneuf, classée en 1987), inauguré en 1885. Bâtit après le séisme de 1843, détruit en 1871, le marché central s’établit en 1874 (classé en 1992). 

Premier musée Pointois, le Musée Schœlcher qui abrite des dons de Victor Schœlcher est inauguré en 1887 et classé en 1979.






Sur Manioc
Livres anciens :

Vidéos Manioc : 

Revue en ligne :

Bonne lecture !
A.S.

Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2017/04/villes-dart-et-dhistoire-en-guadeloupe.html

mardi 4 avril 2017

5ème Congrès international des écrivains de la Caraïbe

Le dialogue des écritures




Du 6 au 9 avril, débute le cinquième Congrès international des écrivains de la Caraïbe  en Guadeloupe. Le dialogue des écritures sera la thématique centrale de ce congrès. Elle permettra de s’interroger sur la motivation du choix d’écrire sur la Caraïbe. L’auteur peut-il s’émanciper de l’imaginaire ou du réel fertilisant Caribéen pour s’adresser au monde? Quels sont les plaisirs que procure l’acte d’écrire sur la Caraïbe insulaire et continentale? Et pour dire quoi au lecteur d’ici et d’ailleurs? Des questions qui sous-tendent les défis que les auteurs caribéens doivent relever... A noter qu'un hommage sera rendu à Derek Walcott et Guy Tirolien.


Pour découvrir le programme détaillé, cliquez-ici.

Manioc vous propose des documents en relation avec la thématique du congrès.
Vidéos :

Sur Etudes et Recherches :

  • Nancy Morejon, Les littératures de la Caraïbe, Cultures sud, n° 168, 01-03-2008, p. 148-163.
  • Victoria Curiel, Littérature anglophone de la Caraïbe, Cultures sud, n° 168, 01-03-2008, p. 166-175.
  • Jean-Pierre Arsaye, La littérature en langue créole de la zone américano-caraïbe francophone, Cultures sud, n° 168, 01-03-2008, p. 192-201.

Bonne lecture !
C.P.


Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2017/04/5eme-congres-international-des.html

lundi 27 mars 2017

Villes d’Art et d’Histoire en Guadeloupe : XIXe - XXe siècles

Deux rivages, deux rivaux ?

Pointe-à-Pitre


Le blog Manioc vous propose de suivre deux exemples notoires d’implantations urbaines en  Guadeloupe : Basse-Terre et Pointe à Pitre. D’abord forts, puis paroisses, découvrez une histoire de leur expansion et de leur patrimoine…


Après une première moitié de siècle difficile et éprouvante, les deux villes cherchent un nouveau souffle : en pierre pour Basse-Terre, en fer pour Pointe-à-Pitre. Pourtant, il y a encore quelques épreuves à traverser avant que les deux villes aient le visage qu’on leur connait aujourd’hui…

Nombre de nouveaux libres sont très démunis et en 1849, un hospice est installé à Basse-Terre. En 1850, on aménage les alentours de l’Eglise Saint-Pierre suite à la création des évêchés coloniaux. La ville reste néanmoins triste, et le cyclone de 1865 et l’épidémie de choléra qui s’en suit, n’arrangent pas les choses et laissent la ville en état de forte insalubrité : les plus aisés ne sont pas plus épargnés que les malheureux à cause de l’habitat beaucoup moins "ségrégé" qu’à Pointe-à-Pitre.
L'usine Darboussier
Cette dernière s’active alors à récupérer la gestion administrative de l’île, et à développer économiquement ses faubourgs : en 1869 on implante l’usine Darboussier à la place d’une vinaigrerie fondée près d’un siècle plus tôt, près du carénage. Cette construction vient faire écho au parc à charbon (1860) et au hangar de cantonnement des immigrants indiens (1868) implantés à la pointe Fouillole. En 1866, le gouverneur Frébault entreprend d’améliorer le balisage de la passe, suite au curage du port entamé en 1862 par la drague à vapeur. Contre l’indication des officiels, les bâtis continuent à s’effectuer avec un rez-de-chaussée en pierre et des étages en bois. Après l’incendie de 1871, la préoccupation majeure est toujours l’approvisionnement en eau douce.
Malgré des fondations marécageuses, l’eau est puisé par un siphon depuis l’habitation la Jaille dès 1872, jusqu’à un réservoir à Bergevin, répartissant par canalisations l’eau dans la ville. Les habitants s’approvisionnent ainsi à des fontaines (place du marché, par exemple). L’habitat reste quand même enchevêtré. En 1897, Pointe-à-Pitre connait un séisme et un incendie important en 1899 suite à plusieurs années de sécheresse. La ville  va aussi s’enrichir d’une église (Lauricisque, 1888), crèche et orphelinats (1860 à 1884).
De plus, à l’aube du XXe siècle, à Basse-Terre, l’hôtel de ville est malgré tout inauguré en 1889 et en 1892 la place du marché s’ouvre de deux pavillons en "fer économique". La ville a alors presque pris son visage actuel.
Mais en 1928, un violent cyclone dévaste la Guadeloupe et pose la question urgente de la reconstruction, avec des matériaux plus appropriés. Grace à des fonds importants débloqués par l’Etat et des matériaux de la dette allemande de grands travaux sont lancés. C’est l’architecte Ali Tur qui sera choisi pour mener les chantiers des bâtiments gouvernementaux. Son but est de rebâtir vite, durablement et à faible coût. Ce sont plus de 120 édifices conçus entre 1930 et 1936 dont, à Basse-Terre, le palais du conseil général, la résidence du gouverneur et le palais de justice ainsi qu’un plan d’urbanisme seulement partiellement réalisé.
Dans les années 60, des barres HLM font leur apparition. Un poste à quai est édifié en 1961 et un boulevard maritime élargit et aménagé s’établit entre 1962 et 1965. Dans son prolongement, un nouveau pont est construit au-dessus de la rivière du Gallion au milieu des années 1970. L’activité de la Soufrière en 1976 force l’évacuation de la ville pendant plusieurs mois, qui ne s’en est économiquement toujours pas remis, en contraste avec à la prospérité pointoise…


Sur Manioc
Livres anciens :

Sur le catalogue collectif des périodiques Caraïbe - Amazonie :
  • F. Fabre et G. Stehle, Le cyclone de 1928 à la Pointe à Pitre, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 91 à 94, 01-01-1992, p. 41-73.
  • Roméo Terral, La ville de Pointe-à-Pitre du cyclone de 1928 au départ du Gouverneur Félix Eboué (1938) : Le virage vers la Modernité, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 157, 01-09-2010, p. 19-39.
  • Caroline Pourtugau et Bruno Kissoun, Le morne Darboussier à Pointe-à-Pitre : de l'habitation à la constitution de l'usine centrale, 1807-1867. L'histoire par un cimetière d'habitation, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 166 à 167, 01-09-2013, p. 5-101.
  • Roméo Terral, La rénovation urbaine de Pointe-à-Pitre, du départ de Félix Eboué (1938) à la fermeture de l'usine Darboussier (1981), Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 169, 01-09-2014, p. 111-116.
  • Christian Schnakenbourg, La banque de la Guadeloupe et la crise de change (1895-1904). Loi de l'Usine ou loi du marché ?, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 87 à 90, 01-01-1991, p. 31-95.
  • Christian Schnakenbourg, La banque de la Guadeloupe et la crise de change (1895-1904). Loi de l'Usine ou loi du marché ? (suite), Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 104 à 105, 01-04-1995, p. 3-99.
  • Josette Fallope, Le problème sucrier en Guadeloupe dans la première moitié du XIXe siècle (1815-1860) - 1ère partie, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 23, 01-01-1975, p. 3-55.
  • Josette Fallope, Le problème sucrier en Guadeloupe dans la première moitié du XIXe siècle (1815-1860) - 2ème partie, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 24, 01-01-1975, p. 3-50.

Revues en ligne : 

Ouvrages disponibles dans les bibliothèques de l'Université des Antilles  : 
  • Anne Pérotin-Dumon, La ville aux îles, la ville dans l'île Basse-Terre et Pointe-à-Pitre, Guadeloupe, 1650-1820, Karthala, 2001.
  • Bruno Kissoun (dir.), Pointe à Pitre, urbanisme, et architecture religieuse, publique et militaire, XVIIIe-XIXe siècles, (par le service patrimonial de la ville de Pointe-à-Pitre), Jasor, 2008.
  • Maison architecture Guadeloupe, Regards sur la ville, art architecture et citoyenneté dans la Caraïbe, PLB Editions, 2013.
  • R. Bélénus, Le Carmel, berceau de l’histoire de la Guadeloupe, Editions du signe, 2012.
  • M-E. Desmoulins (dir.), Basse-Terre, patrimoine d’une ville antillaise, (par le service régional de l’Inventaire général de la DRAC Guadeloupe), Jasor, 2006. 
Bonne lecture ! 
A.S.

Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2017/03/villes-dart-et-dhistoire-en-guadeloupe_27.html

jeudi 23 mars 2017

Hommage à Derek Walcott

Le prix Nobel de la littérature de la Caraïbe s'en est allé ...


Derek Walcott

C'est avec une grande tristesse que nous avons appris vendredi dernier le décès du poète, et dramaturge Derek Walcott, qui s'est éteint à l'âge de 87 ans sur son île, Sainte-Lucie. Manioc vous propose un hommage au chantre de la Caraïbe.


Né le 23 janvier 1930 à Sainte-Lucie, orphelin de père à l'âge d'un an, Derek, son frère jumeau et sa sœur sont élevés par sa mère Alix.
Après une licence d'anglais, latin et français à l'University College de la Jamaïque, il bénéficie de la bourse Rockefeller (1958) qui lui permet d'aller à New York étudier le théâtre. Lors de son séjour, le jeune Derek découvre la comédie musicale, ainsi que les genres dramatiques chinois et japonais.
À son retour, il fonde en 1959, le Trinidad Theatre Workshop qu'il dirige jusqu'en 1976, dans le but de former des acteurs capables aussi bien de "jouer du Shakespeare que de chanter du calypso". Avec cette troupe, il met en scène les classiques mais aussi ses propres pièces comme Dream on Monkey Mountain (1970), Rêve sur la montagne au singe et Ti-Jean and his Brothers (1970). Dans ses pièces, il mélange le folklore et les contes populaires créoles.
En 1950, Derek Walcott crée sa première pièce Henri Christophe, qui met en scène le premier roi noir du Nouveau Monde. Le théâtre de Walcott trouve également sa source dans la comédie musicale avec The Joker of Seville (1978).
Parallèlement à sa production dramatique, Walcott a toujours écrit des poèmes. Dès l'âge de 19 ans, il se fait remarquer par ses recueils poétiques tels que : Poems et Epitaph for the Young (1948), 25 Poems (1949), In a Green Night (1962), The Castaway (1965) ou The Gulf (1969). Ses thèmes principaux sont la solitude, l'exclusion sociale, l'humain ainsi que la condition du poète dans le monde, les relations entre les Noirs et les Blancs, les colonisés et les colonisateurs ...
Depuis la fin des années 70, Walcott est professeur de littérature aux Etats-Unis. Il a enseigné à Yale, à Harvard et à la Boston University.
En 1990, il publie Omeros, un poème épique aux accents homériques, qu'on a souvent comparé à l'Iliade, traité à la manière Caraïbe. En 1992, Derek Walcott, reçoit le prix Nobel de littérature. Il fut le deuxième auteur noir, après le nigérian Wole Soyinka, à recevoir cette récompense.

"Break a vase, and the love that reassembles the fragments is stronger than that love which took its symmetry for granted when it was whole." 
Le célèbre discours du prix Nobel The Antilles: Fragments of Epic Memoryinvite, sur les ruines de l'esclavage et de la colonisation, à réinventer un imaginaire de la Caraïbe, autour de la capacité à "performer" ensemble, avec la diversité des mémoires sociales, avec un contexte, un environnement urbain, naturel (...), pleinement participant à l'oeuvre collective.
Rassembler les fragments, créer pour réhabiliter les connexions passées et présentes... 
Ce discours, comme l'ensemble de son oeuvre, inspire l'action de nombreux intellectuels, artistes et professionnels de la Caraïbe. On peut l'associer à la genèse de la bibliothèque numérique Manioc, que nous avons d'ailleurs eu la chance de présenter à Sainte-Lucie, en sa présence en janvier 2016

Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2017/03/hommage-derek-walcott.html

mercredi 22 mars 2017

Villes d’Art et d’Histoire en Guadeloupe : XVIIIe - XIXe siècles

Deux rivages dérivants…

"Plan de Pointe-à-Pitre"
Source Gallica


Le blog Manioc vous propose de suivre deux exemples notoires d’implantations urbaines en  Guadeloupe : Basse-Terre et Pointe à Pitre. D’abord forts, puis paroisses, découvrez une histoire de leur expansion et de leur patrimoine…



Depuis 1766, il existe une route clairement tracée et fiable reliant Pointe-à-Pitre à Basse-Terre. Pourtant, les deux villes se développent l’une sans l’autre et ce dès l’éclatement de la Révolution… mais pas sans similarités : villes coloniales au XIXe siècle, elles subissent de multiples destructions et épidémies.

Ainsi, les révoltes d’esclaves au début des années 1790 et la prise de l’île par les Anglais en 1794 laissent les deux villes presque entièrement détruites à cause des incendies et de l’entretien négligé des lignes et postes de défense. Victor Hugues réussit à la reprendre cette même année et cette reconquête est aussi économique : l’abandon de l’exclusif est acté tant pour Basse-Terre que Pointe-à-Pitre. De par son activité commerciale revigorée et son rôle dans la préparation et l’armement des navires pour la reconquête des petites Antilles, le port de Pointe-à-Pitre prend alors son envol définitif, le plaçant au centre de la colonie en voie vers la prospérité !

Après la création du statut de commune sous la Révolution, la stabilité administrative retrouvée et améliorée par la création d’un préfet colonial en 1801, de grands travaux s’entament avec notamment un plan directeur pour Pointe-à-Pitre en 1806. Les guerres Napoléoniennes  y mettent un terme, drainant les moyens financiers… N’ayant pas eu le temps de renforcer les défenses de l’île, les Anglais en reprennent possession pendant les années 1810 et poursuivent les travaux de rénovation planifiés avant leur arrivée.

A leur départ définitif en 1816, on prévoit plusieurs accroissements vers les faubourgs pour une Pointe-à-Pitre presque entièrement rebâtie par l’occupant, afin qu’elle s’étende non plus vers les Abymes au nord mais vers l’ouest. En 1830 alors que s’achève la construction des quais, on creuse le canal Vatable et des efforts sont faits sur la voirie durant toute la décennie, aidant à l’assainissement du centre-ville qui finit alors presque de prendre le visage qu’on lui connait. Du côté basse terrien, également bien reconstruit sous l’occupation, le gouverneur Lardenoy décide d’établir un hôpital au carmel en 1819 et quatre casernes un peu plus loin en 1921.

Touchée par 3 violents cyclones en 4 ans la ville n’est plus qu’une ruine en 1925. L’administration se réfugie sur les hauteurs de Saint-Claude, loin du chaos et des épidémies. Dès 1828 des travaux sont entrepris pour reloger le gouvernement, malheureusement sans fonds… En 1844, un grand incendie ravage le cours Nolivos. Afin de garantir un meilleur accès à la mer (autant pour prévenir les incidents que pour le commerce), on crée alors la place Nolivos. Il faut attendre presque 30 ans avant que la Municipalité se lance dans des travaux de canalisation afin de séparer l’eau propre et les eaux usées. La situation du côté pointois n’est pas meilleure : là où Basse-Terre en souffre peu, le séisme de 1843 révèle la précarité des faubourgs insalubres : en 1865 y prend naissance une des plus importantes épidémies de choléra des Antilles françaises, conduisant au décès de plus de 1300 personnes en quelques mois !

Contrairement aux habitations de Basse-Terre, Les maisons y sont basses et mal aérées, au même niveau que le sol boueux, à l’exception de l’hospice civil Saint-Jules (actuel centre Rémy Nainsouta), achevé en 1847, telle une lueur d’espoir à la veille de l’abolition …


Sur Manioc
Ouvrages anciens:

Vidéos : 

Sur le catalogue collectif des périodiques Caraïbe - Amazonie :
  • Yves Bénot, Documents concernant Victor Hugues en 1795, Bulletin de la société d'histoire de la Guadeloupe, n° 130, 01-10-2001, p. 47-62.
  • Léon Rameau DANQUIN, Chronologie indicative des évènements de la période 1794-1802, Études guadeloupéennes (Abymes), n° 8, 01-08-2003, p. 19-32.
  • Max  CHARTOL , La Guadeloupe au milieu du XIXe siècle. Problèmes économiques et sociaux, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 19 à 20, 01-01-1973, p. 7-117. 
  • Gérard Lafleur, Basse-Terre et la mer, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 160, 01-09-2011, p. 67-91.
  • Lucien Abénon, En marge du siège de 1759 en Guadeloupe : les mémoires du Gouverneur Nadau Du Treil, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 27, 01-01-1976.
  • Marcel Chatillon, Trahison des royalistes guadeloupéens par les anglais, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 106, 01-10-1995, p. 100-117.
  • Anne Pérotin-Dumon, La ville aux îles, la ville dans l'île Basse-Terre et Pointe-à-Pitre, Guadeloupe, 1650-1820, Karthala, 2001.
  • Bruno Kissoun (dir.), Pointe à Pitre, urbanisme, et architecture religieuse, publique et militaire, XVIIIe-XIXe siècles, (par le service patrimonial de la ville de Pointe-à-Pitre), Jasor, 2008.
  • Maison architecture Guadeloupe, Regards sur la ville, art architecture et citoyenneté dans la Caraïbe, PLB Editions, 2013.
  • R. Bélénus, Le Carmel, berceau de l’histoire de la Guadeloupe, Editions du signe, 2012.
  • M-E. Desmoulins (dir.), Basse-Terre, patrimoine d’une ville antillaise, (par le service régional de l’Inventaire général de la DRAC Guadeloupe), Jasor, 2006. 

Bonne lecture ! 
A.S.

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