jeudi 22 juin 2017

L'incendie du 22 juin 1890 à Fort-de-France

Manioc je me souviens : l'incendie du 22 juin 1890


Un quartier de Fort-de-France
après l'incendie
Source Manioc

Le 22 juin 1890, un incendie ravagea une grande partie de la ville de Fort-de-France. Retour sur cet événement tragique à travers quelques témoignages de l'époque.


L'incendie débute dans un immeuble de la rue Blénac. L'histoire En jouant au ballon avec ses camarades, le jeune Omer renverse malencontreusement le réchaud embrasé. Le charbon enflammé est projeté dans la pièce sur plusieurs vêtements. Le feu se propage en quelques minutes dans toute la chambre et rapidement dans les autres pièces de l'immeuble.

Un malheur n'arrivant pas seul, la ville manquait cruellement d'eau. En effet, cette année-là, un forte sécheresse avait vidé les bassins et asséchés les rivières. En arrivant sur les lieux, les pompes municipales, de l'artillerie et de l'infanterie ne suffisent pas à éteindre le feu. Après la rue Blénac, se sont les rues Victor Hugo et Saint-Louis qui sont embrasées.

Très vite les autorités décident de démolir plusieurs maisons afin de circonscrire les flammes. Entre temps des militaires et des pompes arrivent de Saint-Pierre. La décision fut prise par les autorités que toute une ligne de maisons de la rue des Capucins à la rue du Fossé sera détruite. 
"Vers midi, Saint-Pierre envoyait par mer ses pompes et une compagnie de sapeurs pompiers. Mais déjà le fléau avait détruit le marché et, les rues qui l’environnaient, la rue Blénac, le rue Victor Hugo, la rue Isambert, les rues Saint-Louis et Sainte-Catherine ne formaient qu’un affreux tourbillon de flammes autour de l’église qui s’embrasait également. Le clocher fut dévoré en un clin d’œil et on entendit le carillon entier s’effondrer, défoncer le plancher dans sa chute et se briser sur le sol avec un bruit pareil à un glas déchirant. L’hôpital civil n’existait plus, l’usine de la Pointe-Simon était en feu, la bibliothèque Schœlcher, l’école des filles et la mairie étaient en danger. Le palais de justice et la direction de l’intérieur étaient menacées". (Garaud Louis, Trois ans à la Martinique : études des mœurs, paysages et croquis, profils et portraits, Paris, A. Picard et Kaan, 1895, pages 258-259).
Malgré toutes ces tentatives, l'incendie prend de l'ampleur, il se dirige vers la partie militaire et administrative de la ville (la caserne, la prison et le presbytère). La lutte contre l'incendie dure toute la nuit, il n'est définitivement circonscrit qu'au petit matin du 23 juin 1890.

Fort-de-France est un champ de ruines. On dénombre une vingtaines de morts. 8000 personnes se retrouvent sinistrées. 1500 propriétés sont détruites pour une valeur de 8 millions de francs. Parmi les grands bâtiments détruits on compte, la bibliothèque Schœlcher, l'usine de la Pointe Simon, l'hospice, les postes et télégraphes, la cathédrale de Fort-de-France, les douanes ...
"La ville a été détruite dans le centre riche et commerçant et dans le quartier pauvre de la population ouvrière. Il ne reste rien des usines, des chantiers et des magasins qui longeaient le bord de la mer. L’église, l’hôpital civil, la bibliothèque Schœlcher, la mairie, l’école des filles n’existent plus. Le feu marchant rapidement contre le vent d’est qui soufflait violemment, a dévoré, sans épargner une maison du haut en bas de la ville, les rues Blénac, Victor Hugo, St-Laurent, St-Louis, Ste-Catherine et Fossé". (Contour Solange, Fort-de-France au début du siècle, Paris, L’Harmattan, 1994, page 107).


Bonne lecture ! 
C.P.


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mercredi 21 juin 2017

La Musique à l'honneur !

Manioc au rythme de la musique



A l'occasion de la fête de la musique, Manioc vous propose de consulter les dernières vidéos sur cette thématique.
Bonne découverte !


Vidéos 

Bonne écoute !
C.P.



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jeudi 8 juin 2017

Révolution, dictature, résistance, dans le monde américano-caraïbe

Nouvelles vidéos en ligne sur manioc.org ! 


En avril dernier, des journées d'études étaient organisées autour de la thématique suivante : "Révolution, dictature, résistance, dans le monde américano-caraïbe". Manioc vous propose de consulter dans son intégralité les conférences. 
Bonne découverte ! 



Bonne découverte ! 
C. P. 


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mardi 6 juin 2017

Focus Manioc : Ali Tur (1889-1977)

L’identité architecturale de l’Etat en Guadeloupe



A la suite de notre volet Villes d'Art et d'Histoire en Guadeloupe, Manioc vous propose un focus sur l'architecte parisien Ali Tur qui a été mandaté pour reconstruire les édifice publics en Guadeloupe, suite au cyclone du 12 septembre 1928. Entre 1929 et 1937, 120 édifices ont été réalisés par l'architecte ...Bonne découverte !


Ali Georges Tur est né le 20 février 1889 à Tunis, d'un père fonctionnaire envoyé y refaire la voirie. Mobilisé en 1914 alors qu’il étudie aux Beaux-Arts, puis diplômé en architecture après la guerre, il gagne le grand prix de la décoration de la fondation Rougevin et intègre en 1925 la liste des 10 architectes du ministère des colonies.

En 1928, la Guadeloupe est dévastée par un cyclone. Lors d’un séjour à Paris, le gouverneur Tellier rencontre Ali Tur et le choisit comme architecte chargé de la reconstruction de l’île. De plus, à l’approche du tricentenaire de l’occupation française, il s’agit de lui "offrir un autre visage". Les deux hommes y arrivent le 22 mars 1929.

Il s’agit de "construire le plus vite possible et le plus économiquement possible". Un contrat de 4 ans est établi le 1er Avril "pour la réalisation de divers bâtiments gouvernementaux" pour un montant de 40 millions d’anciens francs. C’est un emprunt total de 125 millions de francs que la colonie effectue pour se procurer les matériaux nécessaires auprès de l’Allemagne. Des cadres et techniciens, majoritairement italiens, sont déménagés vers les Antilles pour former la main d’œuvre locale au béton armé. Ali Tur décide de mettre en place une procédure d’appels d’offres, permettant à de nombreuses entreprises de travaux publics de s’installer sur le territoire.
Des enseignements des savoirs météorologiques de l’exposition coloniale de 1928 en tête, le style Ali Tur, qui mêle arts déco et béton, montre que le risque cyclonique et les conditions climatiques des Antilles sont bien connus de l’architecte qui ne se croit pas en Afrique. Ses constructions dialoguent avec les paysages et les Alizées. À Basse-Terre, il signe, entre autres, le palais du gouverneur, celui du Conseil général, le palais de justice. Sur le reste du territoire également : mairies à Pointe-Noire, Anse Bertrand, Lamentin et Baillif, églises de Sainte-Anne et de Baie-Mahault, bureaux de poste de Bouillante et de Vieux-Habitants et bien d’autres édifices.

Entre 1931 et 1937 soit deux ans de plus que prévu à force de nouvelles commandes et travaux, Ali Tur aura réalisé environ cent vingt bâtiments, pour un coût total de 50 millions de francs supplémentaires à la commande initiale. Il est d’ailleurs en 1938 en procès face au gouvernement de la colonie à ce sujet et l’emporte. Le début de la guerre l’année suivante met un frein aux travaux d’Etat et au remboursement de son indemnisation. Il s’éteint le 26 septembre 1977.

Cinq édifices (Hôtel de la préfecture de la Guadeloupe, le Palais du Conseil général, Le Palais de Justice, L'Hôtel de ville de Pointe-Noire et l'Eglise Saint-André de Morne-à-l'eau) sont tout de même protégés en 1991 à l'occasion d'une campagne thématique sur l'oeuvre de cet architecte en Guadeloupe. Il est l’introducteur de l’architecture moderne en Guadeloupe, jouant des constructions traditionnelles locales et du courant classique. Aux abords surprenants, ses immeubles fonctionnels ont eu un grand impact sur le patrimoine guadeloupéen.


Sur Manioc

Autres sources 
  • Sophie Paviol, Ali Tur, un architecte moderne en Guadeloupe, in Culture et Recherche, Patrimoines des outre-mer, n° 126, Hiver 2011-2012, p. 39-40.
  • Sophie Paviol, Ali Tur, un architecte moderne en Guadeloupe, Infolio, 2014, 169 pages.
  • Jean Michel Guibert, Ali Tur, vidéo, Architectes du patrimoine.
  • Michèle Robin-Clerc, Guadeloupe - Années 30, Ali Tur. L'architecte d'une reconstruction, Région Guadeloupe , Somogy, éditions d'art, 2015, 247 pages.
  • Dominique Amouroux,  Ali Tur, l'architecte et le cyclone : Guadeloupe 1928, Nouvelles éditions JMP, 2016, 84 pages.
  • Christian Galpin, Ali Tur architecte, 1929-1937 : itinéraire d'une reconstruction, Conseil général de la Guadeloupe, 1991, 8 pages.

Bonne lecture ! 
A.S.





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mardi 30 mai 2017

Nitassinan : une revue au nom des peuples autochtones des Amériques

Présentation de la revue Nitassinan 


Nitassinan : notre terre. D’emblée les rédacteurs de la revue publiée par le Comité de Soutien aux Indiens des Amériques (CSIA) ont placé au cœur de leur réflexion militante la question fondamentale de la spoliation des terres, orchestrée par les pouvoirs coloniaux de l’Alaska à la "Tierra del fuego".

Un témoignage des mobilisations politiques et sociales amérindiennes

Créée en 1978, Nitassinan prend le parti de défendre les luttes politiques des Amérindiens partout où elles éclosent sur le continent, elle désigne clairement les peuples autochtones comme figure de la résistance à l’ordre colonial. Cette revue a donc accompagné le "réveil indien" des années 1970 symbolisé notamment par les mobilisations de Wounded Knee en 1973 aux États-Unis, l’insurrection zapatiste du Chiapas en 1994 ou encore l’accession du syndicaliste Evo Morales à la Présidence de la République de Bolivie en 2006.


Nitassinan témoigne en somme d’une reconnaissance des peuples amérindiens, passés de la marginalisation sociale et politique, le plus souvent violente, à une certaine centralité dans nombre d’États latino-américains. C’est un autre mérite de la revue dirigée par Marcel Canton que d’avoir su exposer le caractère à la fois populaire et identitaire des luttes amérindiennes. La radicalité de la critique sociale amérindienne s’est en effet nourrie d’un attachement viscéral à la tradition sans pour autant verser dans un culturalisme étroit.


Les peuples autochtones de Guyane et la France 

A ce titre, cette publication trouve naturellement sa place dans la bibliothèque Manioc où l’histoire culturelle et politique des populations caribéennes et amazoniennes tient une place essentielle. Nous mettons à la disposition de nos lecteurs le numéro 4 daté de 1985 consacré aux Peuples indiens de "Guyane française".

Les guillemets choisis par les rédacteurs se lisent comme un abus de langage et résument assez bien l’orientation générale de la publication. Les principes républicains sont ainsi sous le feu de la critique et, dans cette mise en question, les pratiques assimilationnistes sont vigoureusement dénoncées. L’universalisme de la République est-il synonyme d’acculturation forcée ? La République une et indivisible peut-elle accueillir en son sein les cultures amérindiennes de Guyane tout en respectant leur intégrité ?
Nitassinan nous propose des réponses à l’aune de son engagement anti-colonial. 


Pour aller plus loin :

  • Yves Géry, Alexandra Mathieu et Christophe Gruner, Les abandonnés de la République : vie et mort des Amérindiens de Guyane française, Albin Michel, 2014, 352 pages.
  • Eduardo Galeano, Les veines ouvertes de l'Amérique latine‎ : une contre-histoire, Pocket, 1993, 447 pages‎.
  • Élise Marienstras, La résistance indienne aux États-Unis‎ : XVIe-XXIe siècle, Gallimard, 2014, 349 pages.


Bonne lecture !
C.B.



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