lundi 16 octobre 2017

Les missionnaires aux Antilles : Le Père Breton

Le Père Breton (1609-1679)


Les sources narratives du début de la colonisation française sont limitées : le travail des "chroniqueurs" a longtemps représenté la première et principale source de travail des historiens. Manioc vous propose de redécouvrir certains d’entre eux. Notre premier focus se porte sur le père Raymond Breton.


Né en 1609 à Beaume, Raymond Breton intègre à 16 ans le Prieuré Saint-Jacques à Paris.En 1635, il fait partie de l’expédition de Guadeloupe avec trois autres religieux de l’ordre des Dominicains comme lui-même et reste sur l’île les cinq premières années de sa colonisation. Le témoignage qu’il a rédigé, en latin, aurait servi d’inspiration aux œuvres de Du Tertre et Du Puis. 
En 1640 il s’implante à Saint-Domingue et y réalise un méthodique et fastidieux travail de traduction des langues des autochtones. Ainsi, de 1664 à 1667, il publie trois ouvrages sur les langues et conceptualisation de la culture Kalinago : un petit catéchisme destiné aux Caraïbes, un dictionnaire français-caribe et une grammaire caraïbe. 

Sur Manioc :

Bonne lecture !
A.S.


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lundi 9 octobre 2017

Focus Manioc : l'abbé Joseph Rennard (18../1958)

Quelques mots sur l'abbé Rennard ...


Cette semaine Manioc  vous propose de découvrir un personnage connu de l'histoire antillaise, celle de l’abbé Joseph Rennard, prêtre, auteur d'ouvrages et d'articles autour de l'histoire religieuse des Antilles. Il a analysé l'évolution ecclésiastique des Antilles françaises depuis les débuts de la colonisation jusqu'à la veille de la première guerre mondiale dans son ouvrage : Histoire religieuse des Antilles françaises des origines à 1914 (1954). Une source documentaire qui a aidé de nombreux chercheurs dont Gabriel Debien :
"M. Rennard, qui a longtemps été curé à la Martinique, étudie le passé religieux de cette île depuis trente ans et plus. Il a vu les registres paroissiaux, les archives des fabriques, il connaît les traditions orales et chaque fois qu'il vient en France, c'est pour courir aux Archives Nationales ou à celles de la rue Oudinot. Il a même poussé jusqu'aux Archives de la Propagande à Rome. Il a publié des textes, une Bibliographie des sources de Vhistoire religieuse des Antilles, une Histoire des paroisses de la Martinique". (Gabriel Debien, J. Rennard, Histoire religieuse des Antilles françaises des origines à 1914, d'après des documents inédits, in Annales. Économies,, Sociétés, Civilisations. 11ᵉ année, N. 4, 1956. pp. 552-553).
L'abbé Rennard a exercé en Martinique pendant près d'une quarantaine d'années, en s'intéressant à l'histoire locale de chaque paroisses. D'abord celle de Mont-Saxonneix en Savoie, puis celle de Martinique (curé à Case-Pilote, au François, au Robert), à Constantine et enfin à Philippeville où il est décédé.


Sur Manioc :


  • Joseph Rennard, Les écoles de la Martinique au XVIIe et au XVIIIe siècle, Les Annales des Antilles : bulletin de la Société d'histoire de la Martinique, n° 22, 1978, p. 15-53.
  • Joseph Rennard, Les écoles à la Martinique au XIXème siècle jusqu'à la troisième République, Les Annales des Antilles : bulletin de la Société d'histoire de la Martinique, n° 22, 1978, p. 46-53.

Autres documents : 
  • Joseph Rennard, Histoire religieuse des Antilles françaises des origines à 1914 : d’après des documents inédits, Paris, Société des Colonies françaises, 1954.
  • Gabriel Debien, Les papiers de l'abbé J. Rennard et l'Histoire religieuse des Antilles Françaises, in Caribbean Studies, Vol. 4, Janv. 1965, pp. 62-73.
  • Joseph Rennard, À propos d'un récent essai sur l'histoire religieuse de la Martinique, in Revue d'histoire de l'Église de France, 1924, Vol. 10, Numéro 48, pp. 320-332.

Bonne lecture !

C.P.



Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2017/10/focus-manioc-labbe-joseph-rennard-181958.html

lundi 2 octobre 2017

Frontières mouvantes en Amazonie

Frontières mouvantes en Amazonie : le contesté anglo-brésilien

Source Manioc


L’effondrement de l’Empire espagnol à l’orée du XIXe siècle constitue un cas sans précédent historique : pour la première fois, un vaste territoire régi par une seule et même administration étatique éclate en plusieurs États indépendants. Si l’Empire couvrait un immense territoire, courant de Miami au cap Horn, l’Espagne n’a jamais pu, ni matériellement, ni humainement, occuper effectivement toute son étendue. Une très large partie des forêts tropicales, déserts arides des hauts-plateaux et vallées encaissées andines, échappaient à l’administration coloniale. À l’issue de ce processus de décolonisation, de multiples différents frontaliers éclatent entre les nouveaux États ou avec d’autres puissances coloniales.



Cet état de fait se retrouve sur l’immense territoire du Brésil. Administré par le Portugal jusqu’au traité de paix signé à Rio de Janeiro le 29 août 1825, qui proclame l’indépendance de la colonie, ce dernier omet de mentionner expressément l’étendue du territoire du nouvel Empire brésilien alors proclamé. C’est dans ce contexte qu’a eu lieu le différend frontalier entre la France et le Brésil en Guyane française.

Cet épisode diplomatique, aujourd’hui abondamment documenté, occulte pour partie celui qui se joua quatre ans plus tard entre le Brésil et la colonie britannique de la Guyane anglaise lors du contesté anglo-brésilen de 1904. Elle-même issue de la partition de la Guyane hollandaise (actuel Suriname), la Guyane anglaise (actuel Guyana) n’entre définitivement dans le giron de l’Empire anglais qu’en 1804. À la fin des années 1820 et au début de la décennie suivante, deux missions britanniques à vocation missionnaire et scientifique, s’aventurèrent en territoire inconnu, au-delà des côtes atlantiques vers l’intérieur des terres et de ses épaisses et luxuriantes forêts tropicales. Ces incursions provoquèrent une suite invraisemblable de quiproquos et échauffourées diplomatiques entre les deux pays sur la question de leurs frontières respectives. Au final, le Brésil faisait valoir d’affluents en affluents une présomption progressive en faveur de la possession totale du bassin amazonien ; à ces prétentions, le Royaume-Uni opposait les principes du droit international qui exige une possession effectivement réalisée. D’abord limité au seul district de Pirana, le territoire contesté s’étendit ensuite à toute la zone hydrographique couvrant le cours du Rupununi.

Devant les échecs répétés d’une entente à l’amiable, c’est finalement sur une proposition du Royaume-Uni que les deux puissances s’accordent à demander, à l’instar de la France au sujet du contesté de la Guyane, la médiation d’une nation tierce pour trancher cette épineuse question. L’article Ier du traité d’arbitrage signé en 1902 stipule ainsi : « Sa Majesté le Roi du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande, Empereur des Indes et le Président des Etats-Unis du Brésil, conviennent d’inviter Sa Majesté le Roi d’Italie à décider comme arbitre la question relative à la frontière. » L’objet du contesté, décrit avec précision dans l’article II, porte sur un immense territoire, pour l’essentiel vierge d’exploration coloniale, d’environ 33 200 km². Le verdict final de juin 1904 met fin à ce contesté après soixante années de tensions. S’il semble défavorable au Royaume-Uni, ce dernier perdant des milliers de km² de territoire, l’Empire britannique est néanmoins assuré d’un accès au bassin amazonien en dépit de tout bon sens, le roi d’Italie se refusant à suivre la ligne de partage des eaux, principe premier qui anime tout découpage géographique. C’est aussi un camouflet diplomatique pour le Brésil puisque le jugement reprend à son compte le découpage proposé par Lord Salisbury en 1891, découpage alors rejeté par le Brésil.


Sur Manioc

Gallica 
Source 

X.H.


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mercredi 20 septembre 2017

La naissance du ministère des Colonies

La naissance du ministère des Colonies


Source Manioc

Source Manioc

La France a été une des premières grandes puissances européennes à se lancer dans la conquête coloniale, depuis la découverte du Nouveau Monde jusqu’au partage de l’Afrique, en passant par les appétits que suscitaient les richesses, réelles et supposées, asiatiques. 


Le premier empire français colonial était bien plus vaste que le territoire métropolitain, quoique beaucoup plus faiblement peuplé. Assez vite, est apparu au pouvoir la nécessité de réglementer cet espace immense au sein d’officine centrale en vue d’en tirer le plus de profits. Richelieu organise les premières, en créant en 1626 la charge de « grand maître, chef et surintendant du commerce et de la navigation ». L’idée d’une spécificité coloniale se fait de plus en plus pressante, et dès Colbert, la question de la nécessité et de l’utilité de la création d’un ministère affilié, se pose. Pourtant, il faudra attendre la fin du XIXe siècle pour qu’un ministère des Colonies soit effectivement créé. Auparavant, il se greffe sporadiquement sous la forme d’un simple bureau ou d’une direction attribué au ministère de la Marine, du Commerce ou encore de l’Algérie (à partir de 1830). 

Source Manioc
C’est à Théophile Delcassé (1852-1923), alors sous-secrétaire aux Colonies (1893), que l’on doit l’appui à la Chambre des députés d’une proposition, dont il avait rédigé le rapport, tendant à transformer son sous-secrétariat en ministère et qui obtint un vote favorable. Le 2 mars 1895, son discours à la Chambre fit un large tour d'horizon des possessions françaises d'outre-mer et mit l'accent sur la répression de la piraterie au Tonkin ; sur les aspects financiers, économiques, humains et sociaux de l'administration de l'Indochine ; sur la situation au Congo ; sur la mise en valeur des territoires africains par l'octroi de concessions – combattues par Jaurès qui y voyait un moyen d'expansion du capitalisme – ; sur la formation, enfin, d'une colonne ayant pour mission de protéger le pays de Kong, en Côte-d'Ivoire, contre les incursions des bandes armées de Samory.


Source Manioc
Mais il faudra l’investiture d’André Lebon (1896-1898) pour qu’un ministre des Colonies visite officiellement l'une d'elles, le Sénégal. C’est aussi lui qui paracheva l’œuvre de Delcassé lorsqu'il partagea, contre l’avis de Pierre Savorgnan de Brazza, le Congo français (actuels Gabon, Congo-Brazzaville et Centrafrique) en 40 vastes concessions territoriales, totalisant quelque 700 000 km2 sur les 900 000 de l’ensemble, qui devaient permettre à des sociétés privées de mettre en valeur les ressources de la colonie. Ce régime de concession est une première dans l’histoire coloniale de la France qui, jusqu'ici, administrait directement les territoires coloniaux. Il est possible d’y voir une des premières causes de l’effondrement du second empire colonial français : renonçant à faire lui-même les investissements nécessaires, l’État espérait que l’initiative privée, sous l’aiguillon des bénéfices escomptés, mettrait d’elle-même le pays en valeur. La recherche des origines de cette politique en métropole suggère, outre la pression indéniable de certains milieux d’affaires spécialisés, la responsabilité majeure d’un gouvernement d’abord soucieux de faire des économies à court terme. 

Pour ses détracteurs, le mandat de M. Lebon est ainsi entaché des dérives de ce système où les populations locales, sous la coupe des premières entreprises capitalistes et transnationales, connaîtront une exploitation plus marquée que dans les territoires contrôler directement par la République — une vision toute subjective. On devait aussi vivement lui reprocher d'avoir pris inutilement, comme ministre, à l'encontre du capitaine Dreyfus, prisonnier à l'île du Diable, des mesures d'une rigueur exceptionnelle que l'on est allé jusqu'à qualifier de « tortures ». Après plusieurs échecs électoraux, M. Lebon s'adonne tout entier aux affaires et exerce les plus hautes fonctions dirigeantes de plusieurs compagnies financières ou industrielles.

Source Manioc
Du 22 juin 1899 au 3 juin 1902, Albert Decrais (1838-1915) fut ministre des Colonies dans le cabinet Waldeck-Rousseau et, à ce titre, eut à défendre le gouvernement contre l'assaut des interpellations de ses collègues de la Chambre ou des sénateurs, tant sur les grèves agricoles de la Martinique et sur leurs suites, que sur les événements du Soudan ou l'implantation française à Madagascar et, déjà, à justifier les budgets de son ministère.

De nos jours, le ministère des Outre-mer est l’héritier direct du ministère des Colonies.


Sur Manioc :

Sur Gallica :



  • Caricatures de ministres : MM. Delcassé et Decrais [carte postale], [s.l.], [1894-1906 ca.], 2 documents iconographiques.


 X. H.

Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2017/09/la-naissance-du-ministere-des-colonies.html

mercredi 13 septembre 2017

Journées Européennes du Patrimoine 2017

"Jeunesse et Patrimoine"



Pour cette 34e édition des Journées Européennes du Patrimoine, la jeunesse est mise à l'honneur ! Ce week-end tout est mis en oeuvre pour que les jeunes s'approprient le patrimoine. En effet, la sensibilisation des jeunes générations à la connaissance et la préservation du patrimoine est un objectif prioritaire du ministère de la culture. 

Si vous souhaitez connaitre les programmes des journées du patrimoine en Guadeloupe, Martinique et Guyane (cliquez sur les liens correspondants).
Retrouvez sur Manioc plusieurs documents en rapport avec le patrimoine de nos territoires. Bonne découverte !


Vidéos en ligne 


Bonne découverte ! 

C.P.


Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2017/09/journees-europeennes-du-patrimoine-2017.html

mardi 4 juillet 2017

Focus Manioc : Alexandre Moreau de Jonnès (1778-1870)

La rue Moreau de Jonnès


En Martinique nous connaissons tous la rue Moreau de Jonnès à Fort-de-France. Mais qui était-il ? Économiste, statisticien, philanthrope, sociologue, peintre, Moreau de Jonnès était un homme peu conventionnel aimant les aventures et les voyages. De 14 à 27 ans, il participa à plusieurs expéditions parfois très risquées... Découvrons son parcours atypique.


Né en 1778 à Paris, le jeune Alexandre étudia à Rennes ou il était pensionnaire de 1788 à 1791. Après que son établissement soit réquisitionné, il rentre à Paris et s'engage dans la Garde nationale. En 1792, il est incorporé dans la Compagnie du Morbihan et du Finistère. Sa première mission fut en Martinique en 1796. L'île était alors sous occupation anglaise. Il y retourna en 1802 en compagnie des amiraux Villeneuve et Villaret-Joyeuse, afin de reprendre l'île aux Anglais après le Traité d'Amiens. Il sera officier d'artillerie à l'expédition de Saint-Domingue. Puis nommé chef d'état-major de Villaret-Joyeuse. Il sera même fait prisonnier par les Anglais.

Alexandre Moreau de Jonnès resta en Martinique pendant 7 ans au cours desquelles il épousa Rose de Gourselas, le 8 octobre 1810.
Ces années lui permettent d'étudier l'île, sa géologie, sa géographie en l'explorant, l'analysant sous toutes les angles. Notons qu'il sera le premier à explorer les pitons du Carbet.

A l'annonce du retour de Napoléon sur l'île d'Elbe, il retourna en France et s'engagea dans l'armée de La Loire.
Plus tard, il sera attaché au cabinet du ministre de la Marine en tant qu'officier d'Etat-Major, en charge des travaux statistiques et topographiques. Il rédigea un ouvrage sur l'Histoire physique des Antilles françaises, savoir la Martinique et les îles de la Guadeloupe (1822).
Il sera élu à l'Académie des sciences ainsi qu'à celle des sciences morales et politiques en 1849.
A l'âge de 80 ans il publie ses mémoires d'aventurier sous le titre : Aventures de guerre au temps de la République et du Consulat. Moreau de Jonnès excella également en tant qu'artiste peintre dont certaines de ses œuvres étaient inspirées de la Martinique.
Il décède à l'âge de 92 ans à Paris, le 28 mars 1870.


Sur Manioc 

Sur Gallica 

Bonne lecture !
C.P.


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mercredi 28 juin 2017

Livres anciens de la médiathèque Michel Crépeau en ligne !

Des livres de la Médiathèque d’Agglomération de La Rochelle disponibles dans Manioc



"Il m’a donné son livre à lire, alloúcoura Iiénrou lacártani toubara ariànga náne lírocou" : voici le deuxième article du Dictionnaire François-Caraïbe publié par Raymond Breton en 1666. 350 ans après la publication de cette œuvre, la médiathèque d’agglomération Michel-Crépeau "donne ses livres à lire" sur Manioc, et notamment ce dictionnaire extrêmement rare, témoignage des premiers contacts entre les missionnaires français et les Indiens de Guadeloupe. Des centaines d’imprimés conservés à la médiathèque sont désormais accessibles en ligne dans la Bibliothèque numérique Manioc grâce à un projet de numérisation financé par l’Université des Antilles et la Bibliothèque Nationale de France.


La Rochelle et les Antilles

Le port de La Rochelle commerce dès le 17e siècle avec l’Amérique ; les Rochelais importent des fourrures du Canada, et participent à l’implantation et au développement de l’industrie sucrière aux Antilles, particulièrement en Guadeloupe et à Saint-Domingue. Mais c’est au 18e siècle que le commerce colonial rochelais connaît une véritable expansion, basée essentiellement sur le commerce du sucre avec Saint-Domingue. La demande des colonies en main d’œuvre servile et la recherche de nouveaux profits incitent les négociants rochelais à pratiquer la traite des esclaves en Afrique : au total, entre le 17e et le 19e s., on relève 475 expéditions de traite au départ de La Rochelle. L’activité économique de la ville - et dans une certaine mesure celle de son arrière-pays – repose sur ces échanges coloniaux; les négociants et armateurs qui organisent ce trafic détiennent le pouvoir économique et politique dans la cité. Ce commerce s’effondre pendant la Révolution française et au moment de l’indépendance d’Haïti, mais les Rochelais ont conservé, au 19e s., des relations familiales et économiques avec les Antilles. 
Mais le port atlantique n’a pas importé que des denrées alimentaires et produits exotiques des Caraïbes : des récits, des textes, ont été rapportés "des Amériques", et ont circulé dans la ville. Plus largement l’intérêt des Rochelais pour ces territoires explique l’enrichissement des collections de l’ancienne bibliothèque municipale sur de nombreux thèmes liés aux Antilles, et sur des supports variés – livres, mais aussi archives, cartes et documents iconographiques. 


Histoire, géographie, littérature… 

Source Manioc 
La numérisation des collections de la médiathèque Michel-Crépeau viennent ajouter sur les étagères virtuelles de Manioc des sources pour l’histoire, y compris économique, juridique et culturelle, mais aussi des références pour la géographie historique et la littérature. Il s’agit de sources classiques, plus ou moins anciennes, relatives aux voyages d’exploration européens et à la navigation dans les Caraïbes – les récits de Louis Hennepin, la description de J.H. de Linschott, mais aussi d’études ou de documents plus récents, jusqu’au milieu du 20e siècle, comme l’Annuaire de la vie martiniquaise de 1936. Saint-Domingue, devenue Haïti, est particulièrement représentée dans les collections rochelaises, en raison des liens historiques de la ville avec ce territoire. On peut toutefois signaler, pour la Guadeloupe, l’édition originale de l’ouvrage de référence d’Auguste Lacour sur l’histoire de l’île, ou encore pour la Guyane les récits de voyage d’Henri Coudreau.

Comme toutes les collections, l’ensemble provenant de la médiathèque Michel-Crépeau mis en ligne sur Manioc est à la fois foisonnant et disparate. A côté de sommes statistiques ou de traités juridiques, le lecteur curieux pourra (re)découvrir des monuments du patrimoine écrit tels que ceux déjà cités, mais aussi quelques "pépites" bibliographiques : Les amours de Zémédare et Carina, le premier roman sentimental écrit en Martinique au 19e siècle par Auguste Prévost de Sansac de Traversay ou encore le Discours d'un nègre marron, qui a été repris et qui va subir le dernier supplice par l'abbé Le Monnier, texte anti-esclavagiste peu connu de la fin du 18e siècle.

La numérisation des collections rochelaises dans Manioc permet d’apporter une contribution aux riches collections de la bibliothèque numérique, de compléter certaines collections, d’accéder en une seule consultation à des titres conservés de part et d’autre de l’Atlantique : le formidable outil numérique qu’est Manioc "donne à lire" les livres de la médiathèque d’agglomération de La Rochelle à tous, où qu’ils soient. 


Muriel Hoareau

Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2017/06/livres-anciens-de-la-mediatheque-michel.html

jeudi 22 juin 2017

L'incendie du 22 juin 1890 à Fort-de-France

Manioc je me souviens : l'incendie du 22 juin 1890


Un quartier de Fort-de-France
après l'incendie
Source Manioc

Le 22 juin 1890, un incendie ravagea une grande partie de la ville de Fort-de-France. Retour sur cet événement tragique à travers quelques témoignages de l'époque.


L'incendie débute dans un immeuble de la rue Blénac. L'histoire En jouant au ballon avec ses camarades, le jeune Omer renverse malencontreusement le réchaud embrasé. Le charbon enflammé est projeté dans la pièce sur plusieurs vêtements. Le feu se propage en quelques minutes dans toute la chambre et rapidement dans les autres pièces de l'immeuble.

Un malheur n'arrivant pas seul, la ville manquait cruellement d'eau. En effet, cette année-là, un forte sécheresse avait vidé les bassins et asséchés les rivières. En arrivant sur les lieux, les pompes municipales, de l'artillerie et de l'infanterie ne suffisent pas à éteindre le feu. Après la rue Blénac, se sont les rues Victor Hugo et Saint-Louis qui sont embrasées.

Très vite les autorités décident de démolir plusieurs maisons afin de circonscrire les flammes. Entre temps des militaires et des pompes arrivent de Saint-Pierre. La décision fut prise par les autorités que toute une ligne de maisons de la rue des Capucins à la rue du Fossé sera détruite. 
"Vers midi, Saint-Pierre envoyait par mer ses pompes et une compagnie de sapeurs pompiers. Mais déjà le fléau avait détruit le marché et, les rues qui l’environnaient, la rue Blénac, le rue Victor Hugo, la rue Isambert, les rues Saint-Louis et Sainte-Catherine ne formaient qu’un affreux tourbillon de flammes autour de l’église qui s’embrasait également. Le clocher fut dévoré en un clin d’œil et on entendit le carillon entier s’effondrer, défoncer le plancher dans sa chute et se briser sur le sol avec un bruit pareil à un glas déchirant. L’hôpital civil n’existait plus, l’usine de la Pointe-Simon était en feu, la bibliothèque Schœlcher, l’école des filles et la mairie étaient en danger. Le palais de justice et la direction de l’intérieur étaient menacées". (Garaud Louis, Trois ans à la Martinique : études des mœurs, paysages et croquis, profils et portraits, Paris, A. Picard et Kaan, 1895, pages 258-259).
Malgré toutes ces tentatives, l'incendie prend de l'ampleur, il se dirige vers la partie militaire et administrative de la ville (la caserne, la prison et le presbytère). La lutte contre l'incendie dure toute la nuit, il n'est définitivement circonscrit qu'au petit matin du 23 juin 1890.

Fort-de-France est un champ de ruines. On dénombre une vingtaines de morts. 8000 personnes se retrouvent sinistrées. 1500 propriétés sont détruites pour une valeur de 8 millions de francs. Parmi les grands bâtiments détruits on compte, la bibliothèque Schœlcher, l'usine de la Pointe Simon, l'hospice, les postes et télégraphes, la cathédrale de Fort-de-France, les douanes ...
"La ville a été détruite dans le centre riche et commerçant et dans le quartier pauvre de la population ouvrière. Il ne reste rien des usines, des chantiers et des magasins qui longeaient le bord de la mer. L’église, l’hôpital civil, la bibliothèque Schœlcher, la mairie, l’école des filles n’existent plus. Le feu marchant rapidement contre le vent d’est qui soufflait violemment, a dévoré, sans épargner une maison du haut en bas de la ville, les rues Blénac, Victor Hugo, St-Laurent, St-Louis, Ste-Catherine et Fossé". (Contour Solange, Fort-de-France au début du siècle, Paris, L’Harmattan, 1994, page 107).


Bonne lecture ! 
C.P.


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mercredi 21 juin 2017

La Musique à l'honneur !

Manioc au rythme de la musique



A l'occasion de la fête de la musique, Manioc vous propose de consulter les dernières vidéos sur cette thématique.
Bonne découverte !


Vidéos 

Bonne écoute !
C.P.



Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2017/06/la-musique-lhonneur.html

jeudi 8 juin 2017

Révolution, dictature, résistance, dans le monde américano-caraïbe

Nouvelles vidéos en ligne sur manioc.org ! 


En avril dernier, des journées d'études étaient organisées autour de la thématique suivante : "Révolution, dictature, résistance, dans le monde américano-caraïbe". Manioc vous propose de consulter dans son intégralité les conférences. 
Bonne découverte ! 



Bonne découverte ! 
C. P. 


Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2017/06/revolution-dictature-resistance-dans-le.html

mardi 6 juin 2017

Focus Manioc : Ali Tur (1889-1977)

L’identité architecturale de l’Etat en Guadeloupe



A la suite de notre volet Villes d'Art et d'Histoire en Guadeloupe, Manioc vous propose un focus sur l'architecte parisien Ali Tur qui a été mandaté pour reconstruire les édifice publics en Guadeloupe, suite au cyclone du 12 septembre 1928. Entre 1929 et 1937, 120 édifices ont été réalisés par l'architecte ...Bonne découverte !


Ali Georges Tur est né le 20 février 1889 à Tunis, d'un père fonctionnaire envoyé y refaire la voirie. Mobilisé en 1914 alors qu’il étudie aux Beaux-Arts, puis diplômé en architecture après la guerre, il gagne le grand prix de la décoration de la fondation Rougevin et intègre en 1925 la liste des 10 architectes du ministère des colonies.

En 1928, la Guadeloupe est dévastée par un cyclone. Lors d’un séjour à Paris, le gouverneur Tellier rencontre Ali Tur et le choisit comme architecte chargé de la reconstruction de l’île. De plus, à l’approche du tricentenaire de l’occupation française, il s’agit de lui "offrir un autre visage". Les deux hommes y arrivent le 22 mars 1929.

Il s’agit de "construire le plus vite possible et le plus économiquement possible". Un contrat de 4 ans est établi le 1er Avril "pour la réalisation de divers bâtiments gouvernementaux" pour un montant de 40 millions d’anciens francs. C’est un emprunt total de 125 millions de francs que la colonie effectue pour se procurer les matériaux nécessaires auprès de l’Allemagne. Des cadres et techniciens, majoritairement italiens, sont déménagés vers les Antilles pour former la main d’œuvre locale au béton armé. Ali Tur décide de mettre en place une procédure d’appels d’offres, permettant à de nombreuses entreprises de travaux publics de s’installer sur le territoire.
Des enseignements des savoirs météorologiques de l’exposition coloniale de 1928 en tête, le style Ali Tur, qui mêle arts déco et béton, montre que le risque cyclonique et les conditions climatiques des Antilles sont bien connus de l’architecte qui ne se croit pas en Afrique. Ses constructions dialoguent avec les paysages et les Alizées. À Basse-Terre, il signe, entre autres, le palais du gouverneur, celui du Conseil général, le palais de justice. Sur le reste du territoire également : mairies à Pointe-Noire, Anse Bertrand, Lamentin et Baillif, églises de Sainte-Anne et de Baie-Mahault, bureaux de poste de Bouillante et de Vieux-Habitants et bien d’autres édifices.

Entre 1931 et 1937 soit deux ans de plus que prévu à force de nouvelles commandes et travaux, Ali Tur aura réalisé environ cent vingt bâtiments, pour un coût total de 50 millions de francs supplémentaires à la commande initiale. Il est d’ailleurs en 1938 en procès face au gouvernement de la colonie à ce sujet et l’emporte. Le début de la guerre l’année suivante met un frein aux travaux d’Etat et au remboursement de son indemnisation. Il s’éteint le 26 septembre 1977.

Cinq édifices (Hôtel de la préfecture de la Guadeloupe, le Palais du Conseil général, Le Palais de Justice, L'Hôtel de ville de Pointe-Noire et l'Eglise Saint-André de Morne-à-l'eau) sont tout de même protégés en 1991 à l'occasion d'une campagne thématique sur l'oeuvre de cet architecte en Guadeloupe. Il est l’introducteur de l’architecture moderne en Guadeloupe, jouant des constructions traditionnelles locales et du courant classique. Aux abords surprenants, ses immeubles fonctionnels ont eu un grand impact sur le patrimoine guadeloupéen.


Sur Manioc

Autres sources 
  • Sophie Paviol, Ali Tur, un architecte moderne en Guadeloupe, in Culture et Recherche, Patrimoines des outre-mer, n° 126, Hiver 2011-2012, p. 39-40.
  • Sophie Paviol, Ali Tur, un architecte moderne en Guadeloupe, Infolio, 2014, 169 pages.
  • Jean Michel Guibert, Ali Tur, vidéo, Architectes du patrimoine.
  • Michèle Robin-Clerc, Guadeloupe - Années 30, Ali Tur. L'architecte d'une reconstruction, Région Guadeloupe , Somogy, éditions d'art, 2015, 247 pages.
  • Dominique Amouroux,  Ali Tur, l'architecte et le cyclone : Guadeloupe 1928, Nouvelles éditions JMP, 2016, 84 pages.
  • Christian Galpin, Ali Tur architecte, 1929-1937 : itinéraire d'une reconstruction, Conseil général de la Guadeloupe, 1991, 8 pages.

Bonne lecture ! 
A.S.





Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2017/06/focus-manioc-ali-tur-1889-1977.html

mardi 30 mai 2017

Nitassinan : une revue au nom des peuples autochtones des Amériques

Présentation de la revue Nitassinan 


Nitassinan : notre terre. D’emblée les rédacteurs de la revue publiée par le Comité de Soutien aux Indiens des Amériques (CSIA) ont placé au cœur de leur réflexion militante la question fondamentale de la spoliation des terres, orchestrée par les pouvoirs coloniaux de l’Alaska à la "Tierra del fuego".

Un témoignage des mobilisations politiques et sociales amérindiennes

Créée en 1978, Nitassinan prend le parti de défendre les luttes politiques des Amérindiens partout où elles éclosent sur le continent, elle désigne clairement les peuples autochtones comme figure de la résistance à l’ordre colonial. Cette revue a donc accompagné le "réveil indien" des années 1970 symbolisé notamment par les mobilisations de Wounded Knee en 1973 aux États-Unis, l’insurrection zapatiste du Chiapas en 1994 ou encore l’accession du syndicaliste Evo Morales à la Présidence de la République de Bolivie en 2006.


Nitassinan témoigne en somme d’une reconnaissance des peuples amérindiens, passés de la marginalisation sociale et politique, le plus souvent violente, à une certaine centralité dans nombre d’États latino-américains. C’est un autre mérite de la revue dirigée par Marcel Canton que d’avoir su exposer le caractère à la fois populaire et identitaire des luttes amérindiennes. La radicalité de la critique sociale amérindienne s’est en effet nourrie d’un attachement viscéral à la tradition sans pour autant verser dans un culturalisme étroit.


Les peuples autochtones de Guyane et la France 

A ce titre, cette publication trouve naturellement sa place dans la bibliothèque Manioc où l’histoire culturelle et politique des populations caribéennes et amazoniennes tient une place essentielle. Nous mettons à la disposition de nos lecteurs le numéro 4 daté de 1985 consacré aux Peuples indiens de "Guyane française".

Les guillemets choisis par les rédacteurs se lisent comme un abus de langage et résument assez bien l’orientation générale de la publication. Les principes républicains sont ainsi sous le feu de la critique et, dans cette mise en question, les pratiques assimilationnistes sont vigoureusement dénoncées. L’universalisme de la République est-il synonyme d’acculturation forcée ? La République une et indivisible peut-elle accueillir en son sein les cultures amérindiennes de Guyane tout en respectant leur intégrité ?
Nitassinan nous propose des réponses à l’aune de son engagement anti-colonial. 


Pour aller plus loin :

  • Yves Géry, Alexandra Mathieu et Christophe Gruner, Les abandonnés de la République : vie et mort des Amérindiens de Guyane française, Albin Michel, 2014, 352 pages.
  • Eduardo Galeano, Les veines ouvertes de l'Amérique latine‎ : une contre-histoire, Pocket, 1993, 447 pages‎.
  • Élise Marienstras, La résistance indienne aux États-Unis‎ : XVIe-XXIe siècle, Gallimard, 2014, 349 pages.

Les 41 numéros de la revue Nitassinan sont désormais accessibles sur Manioc.org > cliquez-ici.  

Bonne lecture !
C.B.



Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2017/05/nitassinan-une-revue-au-nom-des-peuples.html