vendredi 12 mai 2017

Chemins croisés de l'Inde

L'Inde à l'honneur sur Manioc !


Source Manioc 
A l'occasion du 164e anniversaire de l'arrivée des Indiens à la Martinique, la bibliothèque numérique Manioc vous propose tous les documents sur l'Inde, sa culture, son histoire ...
Bonne découverte !


Vidéos
Colloque "Chemins croisés de l'Inde"

Colloque international "Patrimonialisation et développement dans la Caraïbe et les Amériques"

"Kréyol bo kampis-nou" 

Colloque scientifique : Esclavage, Traite et Exploitation des êtres humains au regard du droit"
Etudes et Recherches  
Sur ce catalogue collectif des périodiques Caraïbe-Amazonie, vous trouverez des articles plus ciblés sur l'immigration indienne vers les colonies : Martinique, Guadeloupe, Guyane, la Jamaïque et L'île Maurice...
  • Marguerite Labernadie, La révolution et les établissements français dans l'Inde, Revue de l'histoire des colonies françaises devient Revue d'histoire des colonies devient Revue française d'histoire d'outre-mer, n° 6, 1930, p. 603-628.
  • Gilbert Krishna Ponaman, Etat sanitaire d'un convoi d’émigrants de l'Inde vers la Guadeloupe, Carbet : revue martiniquaise de sciences sociales, n° 9, 1989, p. 59-67.
  • Christian Schnakenbourg, Note sur le rapatriement des indiens de la Guadeloupe, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 160, , p. 29-37.
  • Christian Schnakenbourg, Quelques nouveaux éléments sur l'histoire de l'émigration indienne vers la Guadeloupe, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 110, 01-10-1996, p. 55-56.
  • Jean-Pierre Sainton, Notes pour l'étude de la question de l'intégration politique des descendants d'indiens en Guadeloupe au cours de la 1ère moitié du XXe siècle, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 138-139, 2004, p. 139-169.
  • Dominique Taffin, Une intégration silencieuse ? Citoyenneté, nationalité et créolisation à travers le cas des Indiens de la Martinique (1885-1945), Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 138-139, 2004, p. 111-135.
  • Jude Sahai, De l'immigration tamoule à la Guyane, Carbet : revue martiniquaise de sciences sociales, n° 9, 1989, p. 101-108.
  • Jean Benoist, De l'Inde à Maurice et de Maurice à l'Inde, ou la réincarnation d'une société, Carbet : revue martiniquaise de sciences sociales, n° 9, 1989, p. 185-202.
  • F. M. Birbalingh, Les Indiens de la Jamaïque : la vision d'un romancier, Carbet : revue martiniquaise de sciences sociales, n° 9, 1989, p. 139-146.
  • Cheddi Sidambarom, L'acquisition de la nationalité française par les immigrants et fils d'immigrants indiens (1904-1923), Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 146-147, 2007, p. 113-122.
  • Nora Chevry, Survivances d'une culture indienne ?, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 138-139, 2004, p. 97-110.
  • K. O. Laurence, Opposition to indentured immigration in Trinidad (1845-1917), Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 138-139, 2004, p. 59-78.
  • Jacques Adélaïde-Merlande, Etat civil et indianité, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 138-139, 2004, p. 47-48.
  • Hélène Servant, Le voyage d'émigration d'Inde à la Guadeloupe. Le rapport sanitaire du Dr Beaufils, médecin à bord du Jorawur (1880), Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 138-139, 2004, p. 29-46.


Si vous souhaitez approfondir vos connaissance sur le sujet, consultez notre article sur l'immigration indienne. 

Bonne lecture !

C.P.


Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2017/05/chemins-croises-de-linde.html

mardi 2 mai 2017

Gatine : le combat d'un abolitionniste

L'avocat défenseur de la liberté


Lire en ligne 

En ce mois des abolitions, Manioc vous propose un focus sur l'avocat Adolphe Ambroise Alexandre Gatine, ardent défenseur des droits des opprimés pendant la période de l'esclavage. Avocat mandaté par d'anciens esclaves affranchis, il a plaidé pour des affaires devenues symboliques de la lutte contre l'oppression.


Né à paris le 30 mars 1805,Adolphe Ambroise Alexandre Gatine est issu d'une famille bourgeoise. Il consacra sa vie à ses activités d'avocat aux Conseils, puis près de la cour de cassation, à la défense des affranchis et des esclaves qui réclamaient leur liberté et celle de leurs enfants. Son cas le plus célèbre fut celui de la guadeloupéenne Virginie, une affranchie qui demandait la liberté pour ses enfants.
En 1831, il consigna avec Fabien et Cyrille Bissette une pétition à la Chambre des députés relative aux droit des esclaves de se pourvoir en cassation.
En 1834, Gatine présente un Sommaire des moyens de cassation à plaider pour les condamnés de la Grande Anse, hommes de condition libre, demandeurs en cassation... et pour les esclaves condamnés conjointement. Son intervention obtiendra des commutations de peine.
En 1848, il fait partie de la commission d'abolition de l'esclavage présidée par Victor Schœlcher. Il apporte ses compétences juridiques et participe notamment à la rédaction de projets de décrets (la naissance des jurys cantonaux, presse aux colonies).
Nommé commissaire général en Guadeloupe à la demande de Victor Schœlcher, il est chargé d'appliquer la politique abolitionniste. Arrivé au début du mois de juin 1848 sur l'île, il souhaite établir une politique de conciliation, de concertation et de fraternité. A son arrivée, l'émancipation avait déjà été proclamée le 27 mai 1848 par le gouverneur Layrle qui craignait des troubles sur l'île comme en Martinique (référence aux troubles de Saint-Pierre).
"A l'opposé, en Guadeloupe, la situation était plus calme [...] A l'annonce du changement de gouvernement, ils avaient, dans leur grande majorité, accepté l'idée d'une abolition prochaine et prêté allégeance au nouveau régime. Les semaines qui avaient précédé l'abolition avaient donc été moins tendues qu'en Martinique et aucun incident sérieux n'avait été à déplorer. Dès le mois d'avril, de fait, l'esclavage ne fonctionnait plus sur les habitations. La nouvelle des événements sanglants de la Martinique décida le Gouverneur, appuyé de plusieurs maires, propriétaires blancs, à convoquer en urgence le Conseil Privé pour le 27 au matin en vue d'abolir l'esclavage le jour même". (Jean-Pierre Sainton, De l'état d'esclave à " l'état de citoyen ". Modalités du passage de l'esclavage à la citoyenneté aux Antilles françaises sous la Seconde République (1848-1850), Outre-mers, Année 2003  Vol. 90, N°338, page 66).
Mais un travail difficile attendait Gatine : "Si la reprise du travail connut des difficultés, ce ne fut pas seulement du fait des anciens esclaves. Ces difficultés "vinent souvent des propriétaires plus que des travailleurs". Ces propriétaires qui conservaient les habitudes, les réflexes de l'époque - encore si proche - de l'esclavage : "on ne dépouille pas facilement le vieil homme, moins facilement encore le vieux maître"Son attitude conciliatrice lui vaut également des attaques auprès des organes de presse tel que le journal L'Avenir. Face à de nombreuses tensions et conflits avec les colons, Adolphe Gatine est rappelé en octobre 1848. Son séjour lui inspira plusieurs ouvrages témoignages : Abolition de l'esclavage à la Guadeloupe, quatre mois d'administration abolitionniste (1849), De la politique conciliatrice et progressive à l'occasion des nouvelles élections de la Guadeloupe (1849).

Dans le reste de sa carrière Gatine interviendra également en faveur des Indiens des comptoirs français de l'Inde. En 1858, il adresse au prince Napoléon, alors chargé du ministère de l'Algérie et des colonies, un Exposé des réclamations des Hindous de Pondichéry.
En 1864, il publie sous forme de poème, Souvenirs d'un abolitionniste. Il meurt le 21 août 1864.


L'affaire Virginie 

Lire en ligne 
En avril 1832, l'esclave guadeloupéenne Virginie, a été affranchie par testament par sa maîtresse, Madame de Bellecourt. Cet affranchissement n'eut effet que 10 ans plus tard, à la mort de Madame Bellecourt. Au moment de son affranchissement effectif, Virginie avait 2 enfants, Simon et Amélie. S'appuyant sur l'article 47 du Code noir qui impliquait "l'indivisibilité de la famille esclave jusqu'à la puberté des enfants", Virginie réclamait la liberté de ses deux enfants. Sa demande fut rejetée par la cour royale de la Guadeloupe.
Virginie fit appel de ce jugement devant la cour de cassation. L'affaire fut renvoyée à la cour royale de Bordeaux. Mais elle se prononça en faveur des intérêts des héritiers de Bellecourt.
Une nouvelle fois l'affaire fut renvoyée en cassation. Cette fois-ci devant la cour royale de Poitiers, jugée moins sensible aux influences coloniales. Virginie eut gain de cause, sa fille survivante Amélie est déclarée libre. Son fils Simon était mort le 30 juin 1842. En outre, Virginie se voit octroyer la somme de 14000 francs de dommages et intérêts.

L'arrêt de Poitiers fit jurisprudence et permit à Gatine d'intervenir avec succès dans des affaires analogues. L'affaire Virgine marque un tournant dans les procès d'affranchissements. Les esclaves pouvaient avoir droit à la liberté non seulement en vertu de l'article 47 du Code noir mai aussi en parfait accord avec la réglementation...


L'affaire de Marie-Sainte Platon

Suite à l'affaire Virginie, Adolphe Gatine intervient dans d'autres affaires du même genre : comme l'affaire de Marie-Sainte Platon.
Marie-Sainte Platon est une ancienne esclave de l'habitation Casse-Cou au François (Martinique). En 1840, grâce à son pécule et celui de son compagnon François, elle pu racheter sa liberté à l'âge de 46 ans, le 23 mars 1840 pour la somme de 1000 francs.
Mais son compagnon, ses enfants et petits-enfants (au nombre de 13) restèrent en esclavage dans l'habitation.
En 1847, Gatine présente un pourvoi devant la cour de cassation. Une plaidoirie qui vise à obtenir la libération de tous les proches de Marie-Sainte Platon. Une réclamation de liberté appuyée sur 2 fondements : le premier au terme de "l'article 47 du code noir et de l'arrêt Virginie, les 3 enfants impubères séparés de leur mère par l'affranchissement de celle-ci, devaient être libres avec elle". Le deuxième "François, esclave ayant contracté mariage avec une personne libre, était affranchi de droit, avec les enfants antérieurement issus des deux conjoints". En effet, ils s'étaient mariés le 8 novembre 1842 devant le curé de la paroisse du François.
Ainsi une réclamation de liberté fut portée par Mme Platon devant le tribunal civil de Saint-Pierre. le juge déclara libres de droit François et les treize enfants ou petits enfants de Marie-Sainte Platon le 26 mai 1846. 


Sur Manioc 

  • Jacques Adélaïde-Merlande, Un avocat défenseur des droits de l'homme : Adolphe Ambroise Alexandre Gatine (1805-1864), Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 106, 01-10-1995, p. 96-99.

Sur Gallica 

Bonne lecture !
C.P.


Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2017/05/gatine-le-combat-dun-abolitionniste.html

vendredi 21 avril 2017

Focus Manioc : Georges Élteuthère Mauvois

Hommage Manioc 



Les 23 et 24 février dernier, un Croisée-hommage a été rendu rendu à l'écrivain et dramaturge martiniquais Georges Élteuthère Mauvois.
"Durant la deuxième partie du siècle vingtième et jusqu’à son dernier texte, Le Merisier, l’écrivain martiniquais Georges Mauvois n’a eu de cesse, dans le divers de son oeuvre, de porter le particulier de la Caraïbe, et singulièrement de son île, aux horizons du monde. [...] Chez Mauvois, le personnage ne se contente jamais de paraître vraisemblable, il est ; toujours vrai, véritable, véridique, authentique, l’aura de réalité qui émane de ses corps projette le lecteur et/ou le spectateur dans l’immanence sensuelle du sublime comme dans la transcendance idéelle du Beau...". Retrouvez en ligne sur Manioc, l'intégralité de cet hommage.



Fonctionnaire des postes et des télécommunications, Mauvois s'est illustré en refusant sa mutation arbitraire en France, qui avait été motivée par son activité au sein du parti communiste Martiniquais et de syndicaliste engagé. Il fut alors révoqué des P.T.T. 
Après sa révocation, Mauvois se lance dans les études de droit. Il exerce au barreau de Fort-de-France en tant qu'avocat.
Georges Mauvois a une passion pour la littérature. Il commence sa carrière de dramaturge par la pièce Agénor Cacoul (1966), pièce dans laquelle il aborde le sujet de la corruption du pouvoir politique. 
Après une pause (il se lance dans l'apiculuture), Mauvois revient au théâtre dans les années 1980, un théâtre critique vis-à-vis du pouvoir français et de l’aliénation de ses compatriotes dont il se moque. Il fait en effet, la satire de la société coloniale, et souhaite réveiller les consciences. Défenseur du créole, Georges Mauvois a traduit en créole l’Antigone de Sophocle et le Dom Juan de Molière. 


Sur Manioc 


Bonne découverte !
C.P.



Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2017/04/focus-manioc-georges-elteuthere-mauvois.html

mercredi 19 avril 2017

Villes d’Art et d’Histoire en Guadeloupe : le paysage urbain de Basse-Terre

Le style architectural de Basse-Terre



Fort St Charles 
Source Gallica

Le blog Manioc vous propose de suivre deux exemples notoires d’implantations urbaines en  Guadeloupe : Basse-Terre et Pointe à Pitre. D’abord forts, puis paroisses, découvrez une histoire de leur expansion et de leur patrimoine…

Le dernier article de la série se focalise sur le paysage urbain de la ville de Basse-Terre. Bonne découverte !



Ali Tur a eu un large impact sur le visage du chef-lieu, mais la ville reflète d’autres surprises. Elle conserve aussi l’empreinte d’une militarisation plus importante que la ville de Pointe-à-Pitre …

Le quartier du Carmel

Le fort St Charles, actuellement Fort Delgrès, classé bâtiment historique en 1977, s’élève dès la moitié du XVIIe siècle. D’abord simple maison forte, sa construction va se poursuivre conjointement à celle des batteries alentours jusqu’à son déclassement en 1904. Classé parmi les monuments les plus remarquables en 1917, il va malgré tout servir pour la préparation des bananes destinées à l’exportation jusqu’à un incendie de 1950.

Eglise de Basse-Terre 
Source Manioc
A leur arrivée en 1651, Charles Houël fait don aux Carmes de la chapelle qu’il venait de faire construire. Elle sera ravagée par un ouragan au XVIIe siècle, et plusieurs fois incendiée par les attaques anglaises successives. Au début du XIXe siècle, après le départ des Carmes, Notre-Dame du Mont-Carmel est à l’abandon après quelques travaux de rénovation entrepris en 1792. Le cyclone de 1825 la délabre de nouveau. Rénovée en 1844, agrandie en 1857, ce n’est qu’en 1917, puis 1950 que de sérieux travaux sont entrepris pour lui donner son visage actuel en 1957. Elle est classée Monument en 2006.

Le quartier d’artillerie était établit dans les locaux laissés par les jésuites en 1764. A plusieurs reprises endommagé, il est reconstruit dans la seconde moitié du XIXe siècle, avant d’être désaffecté en 1907, puis vendu en 1912. Il est classé monument historique en 2005.

Aux abords du quartier, on trouve l’Hôpital militaire Saint-Louis (classé en 1979) érigé sur les ruines du couvent des Carmes. Hospice pour les pauvres fondé en 1664, agrandit en 1763 (puis partiellement détruit par un incendie), ce n’est qu’en 1820 que l’Hôpital s’érige. Désaffecté en 1945 il abrite depuis 1950 le lycée Gerville-Réache.

La ville d’Ali Tur

La construction d’une résidence du gouverneur a débuté en 1933 d’après une bâtisse entamée sous l’occupation anglaise, complètement détruit en 1825. Les quelques tentatives de reconstruction sont ravagées par un incendie en 1905. Occupée à titre provisoire des 1935, ce "Palais d’Orléans" (Préfecture depuis 1951) est classé depuis 1997, l’année suivant sa modification par Romney.
Le Palais de Justice est initialement construit en 1813 et détruit par le cyclone de 1825. Ali Tur remodèle le plan en U en équerre. Le bâtiment est classé Monument Historique en 1997.
Le Palais du Conseil Général, également classé en 1997, se dresse sur le site du "vieux gouvernement" dont il occupait déjà les fragiles locaux.


Sur Manioc :

Revues en ligne : 

  • Camille Fabre, Les Carmes de Guadeloupe, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 21, 01-01-1974, p. 9-40.
  • Gérard Lafleur, Basse-Terre et la mer, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 160, 01-09-2011, p. 67-91.
  • Bernadette Dusser-Vidalet, L'Habitation de Mont-Carmel, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 32, 01-04-1977, p. 5-23.
  • Bruno Kissoun, Emmanuel PHILIBERT : De la Grande Armée aux fortifications de Guadeloupe, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 160, 01-09-2011, p. 3-19.

Bonne lecture !
A.S.

Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2017/04/villes-dart-et-dhistoire-en-guadeloupe_19.html

mercredi 12 avril 2017

Décès de Jean Bernabé

Un hommage... sur le vif


Alors que nous venons d'apprendre le décès, cette nuit, du Professeur Jean Bernabé, quelques mots s'imposent, sur le vif, pour l'équipe de la bibliothèque numérique Manioc, qui n'existerait probablement pas sans cette figure de la vie universitaire et intellectuelle.



Jean Bernabé
Source : Image de la bibliothèque numérique Manioc
C'est en effet autour d'une table (en 2004 ou 2005 ?) que Jean Bernabé, alors directeur du CRILLASH et Marie-Françoise Bernabé, alors directrice du Service commun de la documentation de l'Université des Antilles et de la Guyane, avec quelques uns de leurs collaborateurs, ont pensé les prémices de cette bibliothèque numérique, imaginant les nouvelles formes que pourraient prendre la collaboration documentation-recherche.

La genèse de Manioc, ces deux "jambes" (documentation-recherche), - qui lui ont permis de cheminer jusqu'à présent, d'imaginer sans cesse de nouvelles perspectives et connexions, sans jamais se laisser enfermer -, doivent donc beaucoup à Jean Bernabé et à sa femme, que nos pensées accompagnent en ce jour.

Connu pour être l'un des co-auteur d'"Eloge de la créolité", Jean Bernabé a aussi œuvré à l'existence de nombreuses "choses" concrètes : l'Université des Antilles et de la Guyane, les études et la recherche sur le créole (création du GEREC-F, CAPES créole)... Toutes ces "choses", au-delà de leur incidence immédiate et toujours effective (même lorsque les institutions changent de forme), ont contribué à légitimer des cultures, des recherches universitaires, des voies et des voix jusqu'alors minorées. Mais ses travaux de linguiste comme les essais auxquels il s'est consacré jusqu'à son dernier souffle, vont bien au-delà de cette réhabilitation. Ils offrent une parole au monde dont il appartient à chacun de se saisir et de se ressaisir infiniment, dans cette dynamique critique d'exigence dont il ne s'est jamais départi.


Quelques interventions de Jean Bernabé sur Manioc


Interventions filmées



Textes





A.P.




Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2017/04/deces-de-jean-bernabe.html

lundi 10 avril 2017

Villes d’Art et d’Histoire en Guadeloupe : paysages urbains de Pointe-à-Pitre

L'Architecture de la ville de Pointe-à-Pitre





Le blog Manioc vous propose de suivre deux exemples notoires d’implantations urbaines en Guadeloupe : Basse-Terre et Pointe-à-Pitre. D’abord forts, puis paroisses, découvrez une histoire de leur expansion et de leur patrimoine … Ce billet vous propose quelques exemples de bâtiments classés monuments historiques dans la ville de Pointe-à-Pitre. 

Bonne découverte !






Bâtiments religieux


Eglise de Pointe-à-Pitre 

Le plus imposant bâtit religieux, et premier à recevoir un orgue en Guadeloupe, est l’Eglise St Pierre et St Paul (classée en 1978). C’est en 1807 qu’est posée la première pierre d’un édifice, finalement inauguré en 1818. Néanmoins, après le tremblement de 1843, le gouverneur Gourbeyre décide d’entreprendre la construction d’une église en fer qui ne s’entame qu’en 1847. Inaugurée en 1853, le clocher fut érigé en 1876 et seule la façade fut refaite après le tremblement de terre de 1897. 

L’ancien presbytère (actuel Pavillon de la ville, classé en 1992) fut construit en 1806. Réparé en 1831, il s’effondre pendant le séisme de 1843. Rapidement rebâtit, il est complété et rénové en 1853, puis en 1855, en 1873, en 1882 et en 1893 avant que les colonnes soient abattues après le tremblement de 1897. 

Parmi les bâtiments religieux classés monuments historiques, il y a aussi l’externat St Joseph de Cluny (achevé en 1860, classé en 1988). 




Ville militaire

En 1823, l’administration décide, puisqu’il n’y en a toujours pas à Pointe-à-Pitre, de transformer le tribunal en caserne d’infanterie, conjointement à la prison. Après un agrandissement, le bâtiment est achevé en 1833, alors que l’Etat achète des terrains en 1838 et 1840. Le bâtiment est détruit en 1843 et reconstruit en 1847 et complété en 1858, 1861, 1863 puis 1868. La garnison est finalement supprimée en 1905. Devenue actuelle sous-Préfecture, elle est classée en 1995. 

La construction d’un hôpital militaire a été commencée en 1778. Complété et agrandit de 1826 à 1832 il sera entièrement détruit par le séisme de 1843 puis reconstruit dès 1852 et au début des années 1860. Réaménagé en 1883, il est depuis 1895 "lycée Carnot" (classé en 1979). 



Bâtiments publics

Le marché 

Au début des années 1880, le maire Armand Hanne lance la construction de l’hôtel de ville (actuelle médiathèque Achille René Boisneuf, classée en 1987), inauguré en 1885. Bâtit après le séisme de 1843, détruit en 1871, le marché central s’établit en 1874 (classé en 1992). 

Premier musée Pointois, le Musée Schœlcher qui abrite des dons de Victor Schœlcher est inauguré en 1887 et classé en 1979.






Sur Manioc
Livres anciens :

Vidéos Manioc : 

Revue en ligne :

Bonne lecture !
A.S.

Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2017/04/villes-dart-et-dhistoire-en-guadeloupe.html

mardi 4 avril 2017

5ème Congrès international des écrivains de la Caraïbe

Le dialogue des écritures




Du 6 au 9 avril, débute le cinquième Congrès international des écrivains de la Caraïbe  en Guadeloupe. Le dialogue des écritures sera la thématique centrale de ce congrès. Elle permettra de s’interroger sur la motivation du choix d’écrire sur la Caraïbe. L’auteur peut-il s’émanciper de l’imaginaire ou du réel fertilisant Caribéen pour s’adresser au monde? Quels sont les plaisirs que procure l’acte d’écrire sur la Caraïbe insulaire et continentale? Et pour dire quoi au lecteur d’ici et d’ailleurs? Des questions qui sous-tendent les défis que les auteurs caribéens doivent relever... A noter qu'un hommage sera rendu à Derek Walcott et Guy Tirolien.


Pour découvrir le programme détaillé, cliquez-ici.

Manioc vous propose des documents en relation avec la thématique du congrès.
Vidéos :

Sur Etudes et Recherches :

  • Nancy Morejon, Les littératures de la Caraïbe, Cultures sud, n° 168, 01-03-2008, p. 148-163.
  • Victoria Curiel, Littérature anglophone de la Caraïbe, Cultures sud, n° 168, 01-03-2008, p. 166-175.
  • Jean-Pierre Arsaye, La littérature en langue créole de la zone américano-caraïbe francophone, Cultures sud, n° 168, 01-03-2008, p. 192-201.

Bonne lecture !
C.P.


Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2017/04/5eme-congres-international-des.html

lundi 27 mars 2017

Villes d’Art et d’Histoire en Guadeloupe : XIXe - XXe siècles

Deux rivages, deux rivaux ?

Pointe-à-Pitre


Le blog Manioc vous propose de suivre deux exemples notoires d’implantations urbaines en  Guadeloupe : Basse-Terre et Pointe à Pitre. D’abord forts, puis paroisses, découvrez une histoire de leur expansion et de leur patrimoine…


Après une première moitié de siècle difficile et éprouvante, les deux villes cherchent un nouveau souffle : en pierre pour Basse-Terre, en fer pour Pointe-à-Pitre. Pourtant, il y a encore quelques épreuves à traverser avant que les deux villes aient le visage qu’on leur connait aujourd’hui…

Nombre de nouveaux libres sont très démunis et en 1849, un hospice est installé à Basse-Terre. En 1850, on aménage les alentours de l’Eglise Saint-Pierre suite à la création des évêchés coloniaux. La ville reste néanmoins triste, et le cyclone de 1865 et l’épidémie de choléra qui s’en suit, n’arrangent pas les choses et laissent la ville en état de forte insalubrité : les plus aisés ne sont pas plus épargnés que les malheureux à cause de l’habitat beaucoup moins "ségrégé" qu’à Pointe-à-Pitre.
L'usine Darboussier
Cette dernière s’active alors à récupérer la gestion administrative de l’île, et à développer économiquement ses faubourgs : en 1869 on implante l’usine Darboussier à la place d’une vinaigrerie fondée près d’un siècle plus tôt, près du carénage. Cette construction vient faire écho au parc à charbon (1860) et au hangar de cantonnement des immigrants indiens (1868) implantés à la pointe Fouillole. En 1866, le gouverneur Frébault entreprend d’améliorer le balisage de la passe, suite au curage du port entamé en 1862 par la drague à vapeur. Contre l’indication des officiels, les bâtis continuent à s’effectuer avec un rez-de-chaussée en pierre et des étages en bois. Après l’incendie de 1871, la préoccupation majeure est toujours l’approvisionnement en eau douce.
Malgré des fondations marécageuses, l’eau est puisé par un siphon depuis l’habitation la Jaille dès 1872, jusqu’à un réservoir à Bergevin, répartissant par canalisations l’eau dans la ville. Les habitants s’approvisionnent ainsi à des fontaines (place du marché, par exemple). L’habitat reste quand même enchevêtré. En 1897, Pointe-à-Pitre connait un séisme et un incendie important en 1899 suite à plusieurs années de sécheresse. La ville  va aussi s’enrichir d’une église (Lauricisque, 1888), crèche et orphelinats (1860 à 1884).
De plus, à l’aube du XXe siècle, à Basse-Terre, l’hôtel de ville est malgré tout inauguré en 1889 et en 1892 la place du marché s’ouvre de deux pavillons en "fer économique". La ville a alors presque pris son visage actuel.
Mais en 1928, un violent cyclone dévaste la Guadeloupe et pose la question urgente de la reconstruction, avec des matériaux plus appropriés. Grace à des fonds importants débloqués par l’Etat et des matériaux de la dette allemande de grands travaux sont lancés. C’est l’architecte Ali Tur qui sera choisi pour mener les chantiers des bâtiments gouvernementaux. Son but est de rebâtir vite, durablement et à faible coût. Ce sont plus de 120 édifices conçus entre 1930 et 1936 dont, à Basse-Terre, le palais du conseil général, la résidence du gouverneur et le palais de justice ainsi qu’un plan d’urbanisme seulement partiellement réalisé.
Dans les années 60, des barres HLM font leur apparition. Un poste à quai est édifié en 1961 et un boulevard maritime élargit et aménagé s’établit entre 1962 et 1965. Dans son prolongement, un nouveau pont est construit au-dessus de la rivière du Gallion au milieu des années 1970. L’activité de la Soufrière en 1976 force l’évacuation de la ville pendant plusieurs mois, qui ne s’en est économiquement toujours pas remis, en contraste avec à la prospérité pointoise…


Sur Manioc
Livres anciens :

Sur le catalogue collectif des périodiques Caraïbe - Amazonie :
  • F. Fabre et G. Stehle, Le cyclone de 1928 à la Pointe à Pitre, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 91 à 94, 01-01-1992, p. 41-73.
  • Roméo Terral, La ville de Pointe-à-Pitre du cyclone de 1928 au départ du Gouverneur Félix Eboué (1938) : Le virage vers la Modernité, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 157, 01-09-2010, p. 19-39.
  • Caroline Pourtugau et Bruno Kissoun, Le morne Darboussier à Pointe-à-Pitre : de l'habitation à la constitution de l'usine centrale, 1807-1867. L'histoire par un cimetière d'habitation, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 166 à 167, 01-09-2013, p. 5-101.
  • Roméo Terral, La rénovation urbaine de Pointe-à-Pitre, du départ de Félix Eboué (1938) à la fermeture de l'usine Darboussier (1981), Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 169, 01-09-2014, p. 111-116.
  • Christian Schnakenbourg, La banque de la Guadeloupe et la crise de change (1895-1904). Loi de l'Usine ou loi du marché ?, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 87 à 90, 01-01-1991, p. 31-95.
  • Christian Schnakenbourg, La banque de la Guadeloupe et la crise de change (1895-1904). Loi de l'Usine ou loi du marché ? (suite), Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 104 à 105, 01-04-1995, p. 3-99.
  • Josette Fallope, Le problème sucrier en Guadeloupe dans la première moitié du XIXe siècle (1815-1860) - 1ère partie, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 23, 01-01-1975, p. 3-55.
  • Josette Fallope, Le problème sucrier en Guadeloupe dans la première moitié du XIXe siècle (1815-1860) - 2ème partie, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 24, 01-01-1975, p. 3-50.

Revues en ligne : 

Ouvrages disponibles dans les bibliothèques de l'Université des Antilles  : 
  • Anne Pérotin-Dumon, La ville aux îles, la ville dans l'île Basse-Terre et Pointe-à-Pitre, Guadeloupe, 1650-1820, Karthala, 2001.
  • Bruno Kissoun (dir.), Pointe à Pitre, urbanisme, et architecture religieuse, publique et militaire, XVIIIe-XIXe siècles, (par le service patrimonial de la ville de Pointe-à-Pitre), Jasor, 2008.
  • Maison architecture Guadeloupe, Regards sur la ville, art architecture et citoyenneté dans la Caraïbe, PLB Editions, 2013.
  • R. Bélénus, Le Carmel, berceau de l’histoire de la Guadeloupe, Editions du signe, 2012.
  • M-E. Desmoulins (dir.), Basse-Terre, patrimoine d’une ville antillaise, (par le service régional de l’Inventaire général de la DRAC Guadeloupe), Jasor, 2006. 
Bonne lecture ! 
A.S.

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