Dessinons ensemble le futur de la bibliothèque numérique Manioc !

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Donnez votre avis et partagez vos idées pour construire avec nous la prochaine version de la bibliothèque numérique Manioc.
Pour que la future version soit plus adaptée à vos besoins, il nous faut mieux connaître vos pratiques, vos besoins et vos attentes. L'enquête est ouverte jusqu'au 10 juillet. Les résultats seront consultables en temps réel.
Répondez à l'enquête (en quelques minutes, moins de 10 questions).

mercredi 22 juin 2016

Séminaire international sur la pensée postcoloniale 2

Enjeux civilisationnels des arts et littératures postcoloniaux


Les 23 et 24 juin ont lieu à le deuxième séminaire sur la pensée postcoloniale autour des "Enjeux civilisationnels des arts et littératures postcoloniaux". Rendez-vous demain et vendredi à l'Université des Antilles, campus de Schœlcher pour débattre autour de cette thématique. 


Ce séminaire se situe dans le prolongement du colloque international pluridisciplinaire "Qu'est-ce-que la pensée postcoloniale ?" organisé par Alexandre Alaric les 23, 24 et 25 novembre 2015 à l’Université des Antilles (Martinique). Cette manifestation scientifique entend poursuivre le développement de l’orientation donnée à la recherche sur la culture, le social et le politique par l’organisation de ce colloque. Elle contribue à la réception des recherches et études postcoloniales dans le champ du savoir français et antillais.
Ce séminaire se conçoit comme une entrée dans la dimension civilisationnelle naissante des sociétés caribéennes autour des paradigmes permettant d’éclairer cette émergence. Il se donne pour objectif de répondre à la question de savoir en quoi les arts et les littératures postcoloniaux sont une entrée dans l’intelligence des mutations de ces sociétés vers de nouvelles formes civilisationnelles. Il se propose d’étudier la production culturelle discursive et épistémologique de cette région en rapport avec la question qui se pose aux Caribéens et aux Américains des deux hémisphères après celle de la décolonisation : Comment penser l’avenir des sociétés après la décolonisation des consciences ?
Il s’agit de faire émerger l’originalité de cette véritable civilisation littéraire et artistique dans laquelle les arts constituent les matrices de la construction des peuples. Dans un espace ou le corps est au centre de la production artistique, cette réflexion entend caractériser les modalités selon lesquelles les arts caribéens constituent des matrices corporelles qui engendrent du lien social et de l’être ensemble. Elle entreprend également d’explorer les relations entre ces matrices et les migrations.
Cette réflexion entend également caractériser le rôle de l’articulation des interfaces entre les espaces anglophones, francophones, créolophones et hispanophones dans la dynamique de ces mutations. Elle examine notamment l’apport de la dimension civilisationnelle des sociétés du Commonwealth en tant que premier espace de dissémination de la théorie postcoloniale.
La pensée postcoloniale constitue non pas une théorie aux contours bien définis, mais une modalité de pensée émergeant de la théorisation des procédés d’appréhension des incidences de l’histoire de la modernité coloniale sur le devenir des espaces colonisés par les européens. C’est pourquoi cette rencontre se donne comme objet l’exploration des procédés par lesquels les pratiques scripturaires et artistiques créent les conditions épistémologiques conduisant à l’articulation de paradigmes théoriques et méthodologiques qui s’émancipent du cadre idéologique colonial pour contribuer à une modalité de pensée de nature postcoloniale.


A l'occasion de ce deuxième colloque, Manioc vous propose de visionner quelques conférences du 1er séminaire de novembre 2015 :  

Programme détaillé du colloque des 23 et 24 juin : 





Bonne découverte sur Manioc.org ! 
C.P.


Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2016/06/seminaire-international-sur-la-pensee.html

lundi 20 juin 2016

Fête de la Musique !

♪♪♪♪ Manioc au rythme de la musique ♫♪♪♪♪



Partition

En ce 21 juin, la bibliothèque numérique Manioc vous propose des documents sur cette thématique à l'occasion de la fête de la Musique !

En 1982, une grande enquête sur les pratiques culturelles des Français est menée par le service des études et de la recherche du ministère de la Culture. Cette étude dévoile que cinq millions de personnes jouent d’un instrument de musique alors que les manifestations musicales organisées jusqu’à présent ne concernent qu’une minorité de Français. Ainsi, Jack Lang, alors ministre de la Culture, Christian Dupavillon, architecte-scénographe et membre du cabinet ministériel et Maurice Fleuret, directeur de la musique et de la danse, en déduisent que le paysage de la pratique musicale en France reste à découvrir. Ils imaginent donc une grande manifestation populaire permettant à tous les musiciens de s’exprimer et de se faire connaître. C’est ainsi que la première Fête de la Musique est lancée le 21 juin 1982, jour symbolique du solstice d’été, le plus long de l’année dans l’hémisphère Nord.



Vidéos 




"Tambour Kalina"
  • Daniel Maximin et Romuald Fonkoua, Musique : entre résistance culturelle et éclosion identitaire, Cultures sud, n°168, 01-03-2008, p. 250-267.
  • Edelyn Dorismond, "La musique caribéenne : esquisse d'une intuition sur la '''sensibilité caribéenne'''", Recherches Haïtiano-antillaises, n°4, 2006, p. 197-203.
  • Lionnel Davidas, Figuration et configuration esthétique du jazz et du blues dans la poésie de Langston Hughes, Portulan : littératures, sociétés, cultures des Caraïbes et des Amériques noires, n°3, 01-10-2000, p. 177-188.
  • Michel Sardaby, pianiste de jazz, Parallèles, n° 1, 11-1964, p. 24.
  • Stéphanie Pratel, Diaspora portoricaine et musique rap à New-York : entre latinité et culture africaine américaine, Etudes caribéennes, n° 16, 01-08-2010.
  • Jérémie Kroubo Dagnini, The Importance of Reggae Music in the Worldwide Cultural Universe, Etudes caribéennes, n° 16, 01-08-2010.
  • Bernard Camier, Musique coloniale et société à Saint-Domingue. Réevalution et perspectives, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° spécial, 01-01-2006, p. 71-85.


Bonne lecture et bonne fête de la Musique ! 
C.P.


Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2016/06/fete-de-la-musique.html

vendredi 17 juin 2016

Les Journées de l'archéologie 2016

L'Archéologie en fête sur Manioc !



"Fragments de poteries"

A l'occasion des 7èmes Journées Nationales de l'Archéologie (JNA 2016) qui ont lieu les 17, 18 et 19 juin, Manioc vous propose de découvrir plusieurs documents (vidéos et articles) sur cette thématique. Retrouvez sur le site des JNA 2016 les programmes sur vos territoires en cliquant sur ce lien !





  • André Delpuech, Corinne Hofmn et Menno Hoogland, Archéologie amérindienne en Guadeloupe : recherches récentes et perspectives, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 109, 01-07-1996, p. 21-38.
  • André Delpuech, Archéologie historique en Guadeloupe. Une autre approche du passé antillais, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 129, 01-07-2001, p. 19-59.
  • Maurice Barbotin, Archéologie caraïbe et chroniqueurs, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 21, 01-01-1974, p. 41-68.
  • Pierre Vérin, Note sur une culture de Sainte-Lucie du type Suazey et quelques perspectives comparatives pour l'archéologie guadeloupéenne, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 23, 01-01-1975, p. 56-67.
  • Roger Toumson, Archéologie du métissage, archétypes et prototypes, Portulan : littératures, sociétés, cultures des Caraïbes et des Amériques noires, n° 4, 01-10-2002, p. 13-30.
    "Poteries..."
  • Antoine Chancerel, Du vestige à la reconstitution du passé. Un peu d'épistémologie archéologique, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 165, 01-2013, p. 97-106.
  • Jean-Sébastien Guibert, Mémoire de mer, océan de papiers: naufrage, risque et fait maritime à la Guadeloupe (Petites Antilles). Fin XVIIe-mi XIXe siècles, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 165, 01-2013, p. 113-121.
  • Benoît Bérard, De l'archéologie précolombienne au patrimoine antillais : la patrimonialisation des héritages amérindiens en Martinique et en Guadeloupe, Outre-mers : revue d'histoire, n° 382-383, 01-01-2014, p. 237-251.


Bonne lecture !
C.P.


Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2016/06/les-journees-de-larcheologie-2016.html

jeudi 16 juin 2016

Le marronnage en Guyane

La vie de marrons en Guyane 



"Nègre rebelle"

A l'occasion de l'abolition de l'esclavage en Guyane, Manioc vous propose de découvrir des documents liés à l'une des formes de résistances à l'esclavage : le marronnage. 


Pour de nombreux historiens "la fuite de l'esclave est souvent liée à un moment de misère physique ou morale de l'esclave". Pour d'autres, "le retour à la liberté est le paramètre déterminant". Mais tous s'accordent à affirmer que le grand marronnage a existé surtout dans les territoires disposant d'un "hinterland" - un arrière pays - permettant aux esclaves de se réfugier dans des zones reculées difficiles d'accès pour les colons et les autorités. C'est le cas des îles de la Jamaïque, Cuba et des territoires comme le Surinam, le Guyana et la Guyane.
Le terme "marron", l'esclave qui s'enfuit de l'habitation est dérivé du mot espagnol "cimarron" signifiant fugitif et sauvage.
La première cause du marronnage est le désir de liberté. Mais il est également associé à d'autres raisons : les brutalités des maîtres, les vols, les disettes ...


En Guyane, il était très difficile pour les autorités de retrouver facilement les marrons à cause de la topographie du territoire (densité et profondeur de la forêt guyanaise). Celles-ci furent contraintes d'organiser des chasses aux marrons comme des opérations militaires. En effet, dès 1767, des milices blanches, ainsi que des "chasseurs de couleur" - des bataillons de chasseurs de Noirs", composés de soldats, d'habitants, de libres de couleur, d'auxiliaires amérindiens ou d'affranchis et même des esclaves se sont installées dans les quartiers de la colonie. S'ils réussissaient à en capturer, ils recevaient des outils, des fusils, des munitions, voir de l'argent. Pour les esclaves participant à la capture de marrons, ils pouvaient accéder à leur affranchissement.


Quelques dates du marronnage en Guyane :
  • 12 juillet 1696 : le gouverneur Pierre Eléonore de Férolles mentionne l'action d'un groupe de marrons ayant assassiné un Amérindien.
  • 3 avril 1700 : 50 esclaves de l'habitation de Gennes se révoltent, tuent plusieurs Blancs et se réfugient sur la Haute Comté. C'est l'une des premières révoltes d'esclaves de Guyane.
  • 1776 : des "Noirs marrons" ayant fui le Surinam se réfugient en Guyane.
"Chasseur d'esclaves"
Les marrons sont généralement réunis en bande dans la forêt et en amont des fleuves, notamment sur la Comté, le Tonnégrande, l'Oyapock, l'Approuague ou dans les hauteurs de la rivière de Kourou. Il se crée une véritable organisation, une entraide entre fugitifs : ils chassent, pêchent, plantent du manioc, où autres tubercules et cultures vivrières pour leurs besoins quotidiens. Et lorsqu' ils le peuvent, ils retournent dans les habitations se ravitailler en munitions, en armes, en outils (haches, marteaux, limes, platines à cassaves, chaudières à roucou par exemple) ou autres vivres. Ils changent souvent de campement à cause des chasseurs d'esclaves.

Quelques portraits de marrons de la Guyane française :


Le marron Gabriel
En 1712, l'indien ou le métis, Gabriel avec l'aide d'une poignée d'esclaves, font une incursion sur plusieurs habitations dans le but de se procurer des vivres et d'éventuelles recrues. Après une dénonciation, certains membres du groupe se font capturer, dont Gabriel, 2 femmes et 2 enfants. Mais Gabriel et quelques autres marrons s'échappent. Le nom de La Gabrielle est donné au territoire qui a abrité le campement de ce chef marron.

Le marron Pompée
Au XIXe siècle, un certain Pompée se constitue une communauté de marrons. Sa cavale dure près de 20 ans. Il s'enfuit avec sa femme Gertrude et d'autres esclaves d'une habitation située près de la rivière de Tonnégrande. Pourchassé par la troupe de Victor Hugues, il parvient à s'échapper à plusieurs reprises. Il va lutter contre les milices, changer à de nombreuses reprises de campements tels que Bois de fer, Jolie terre, Trace couleuvre, Trace biche, Trace cochon... Au cours de sa cavale, il rencontre d'autres marrons comme Simon et Charlemagne. Il va finir par établir un campement dans un lieu isolé appelé Maripa. Pompée sera capturé et arrêté sur le fleuve La Comté en 1822. Ramené à Cayenne, il est condamné à être pendu et étranglé. Mais à la surprise générale, le gouverneur Laussat décide de surseoir à l’exécution et annonce qu'il "sera recouru au Roi pour implorer sa clémence en faveur du coupable".  Pompée ainsi que ses compagnons sont graciés.

Le marron Linval 
En 1822, l'esclave bossale Linval part en marronnage. Avec l'aide de son compagnon, ils pillent plusieurs habitations.  En 1824, il est capturé et condamné par pendaison. Mais l'esclave préposé à sa pendaison refuse de le faire en disant "qu'il ne pendra pas un camarade, préférant être pendu lui-même". Le gouverneur Milius contrait un bourreau titulaire de l'exécuter : entre sa capture et son exécution il se passera 5 années.
"Le Capitaine J. G. Stedman"


Ainsi tout au long de la période esclavagiste, le marronnage est un phénomène récurrent en Guyane. Malgré les moyens pris par les autorités et les colons pour endiguer la fuite des esclaves, ceux-ci ne s'arrêteront pas à fuir, au péril de leur vie, dans des zones reculées de la forêt pour retrouver leur liberté.


Retrouvez sur Manioc plusieurs vidéos autour du marronnage en Guyane : 


Ouvrages numérisés : 


Pour aller plus loin :


Bonne lecture ! 
C.P.

Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2016/06/le-marronnage-en-guyane.html

vendredi 10 juin 2016

10 juin 1848 : abolition de l'esclavage en Guyane

Combat abolitionniste


Illustration
"Poems on the abolition of the slave trade"

A l’occasion de la date anniversaire du 10 juin, commémorant l’abolition de l’esclavage en Guyane, la bibliothèque numérique Manioc vous propose de revenir sur l’histoire ou la "pré-histoire" du combat abolitionniste. Sans minimiser aucunement le rôle des résistances dans le processus anti-esclavagiste, nous vous proposons d’approcher l’histoire intellectuelle de ce combat depuis les sociétés colonialistes elles-mêmes, en consultant notamment la conférence de Marcel Dorigny consacrée au combat abolitionniste par les arts, en lisant le vibrant plaidoyer de Louis Blanc, De l'abolition de l'esclavage aux colonies, publié en 1840 ou encore en découvrant l’ouvrage de Thomas Clarkson, Essai sur les désavantages politiques de la traite des nègres, qui pour convaincre son lectorat esclavagiste, semble avoir recours à la "rationalité économique" comme instrument de persuasion.
Mais l’abolition est aussi une affaire du temps présent comme le démontre la conférence de Brigitte Facorat-Gaspard intitulée Actualité juridique de l'esclave en France : la question des réparations.





Livres anciens :



Vidéos : 



Sur Etudes et Recherches :



Sur le catalogue collectif des périodiques Caraïbe - Amazonie :


  • Christian Bouchet, L'utilisation de l'histoire de l'esclavage antique en France lors de la seconde abolition, Bulletin de la societé d'histoire de la Guadeloupe, n° 116 à 118, 01-04-1998, p. 65-74.


Bonne lecture !
C. B.


Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2016/06/10-juin-1848-abolition-de-lesclavage-en.html

mercredi 1 juin 2016

André Rousselet et la Guadeloupe : le saviez-vous ?..

Le passé guadeloupéen peu connu du fondateur de Canal+


Décédé le 29 mai 2016 à 93  ans, André Rousselet, comme quelques célébrités contemporaines (Ségolène Royal, Jacques Foccart, Edwy PleneI...) a eu, dans ses jeunes années, destin lié avec les Antilles françaises, à un point hautement déterminant pour la suite de sa vie personnelle et de son parcours d'homme public.
 

Rousselet acquit une certaine visibilité médiatique en 1981, en qualité de directeur de cabinet du premier président de la République socialiste, François Mitterrand, avant de partir fonder et diriger, en 1984, la première chaine de télévision payante française, Canal+.

Mais c'est comme haut fonctionnaire, après la Seconde Guerre mondiale, qu'André Rousselet a commencé son parcours professionnel. Sous-préfet, il est nommé à Pointe-à-Pître en 1949, où il fait deux rencontres décisives : celle de sa première femme (qu'il épousa dans l'archipel), et celle de... François Mitterrand, alors ministre de la France d'outre-mer.

A la suite d'un différend sur fond de fraude électorale entre le jeune sous-préfet, décrit comme un incorruptible, et un leader politique local à la trajectoire et aux pratiques controversées, Maurice Satineau, le séjour guadeloupéen du fonctionnaire Rousselet prend fin : il est rappelé en métropole. 

Animé par des journalistes et des universitaires, le site d'information The conversation revient brièvement, à l'occasion d'un compte rendu d'ouvrage, sur la période guadeloupéenne d'André Rousselet, où l'on apprend notamment "qu'il y découvre à la fois le racisme des békés, qui se manifeste ostensiblement lorsqu'il ose danser avec une mulâtre, et la fraude électorale, tout aussi peu déguisée"...


La photo ci-dessous représente Maurice Satineau, cité plus haut. Un numéro récent de "Outre-mers, revue d'histoire" évoque la personnalité de ce journaliste qui fut notamment sénateur et député du département. Satineau est l'auteur de Histoire de la Guadeloupe sous l'Ancien Régime : 1635-1789, disponible dans Manioc.







POA

Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2016/06/andre-rousselet-et-la-guadeloupe-le.html