lundi 16 octobre 2017

Les missionnaires aux Antilles : Le Père Breton

Le Père Breton (1609-1679)


Les sources narratives du début de la colonisation française sont limitées : le travail des "chroniqueurs" a longtemps représenté la première et principale source de travail des historiens. Manioc vous propose de redécouvrir certains d’entre eux. Notre premier focus se porte sur le père Raymond Breton.


Né en 1609 à Beaume, Raymond Breton intègre à 16 ans le Prieuré Saint-Jacques à Paris.En 1635, il fait partie de l’expédition de Guadeloupe avec trois autres religieux de l’ordre des Dominicains comme lui-même et reste sur l’île les cinq premières années de sa colonisation. Le témoignage qu’il a rédigé, en latin, aurait servi d’inspiration aux œuvres de Du Tertre et Du Puis. 
En 1640 il s’implante à Saint-Domingue et y réalise un méthodique et fastidieux travail de traduction des langues des autochtones. Ainsi, de 1664 à 1667, il publie trois ouvrages sur les langues et conceptualisation de la culture Kalinago : un petit catéchisme destiné aux Caraïbes, un dictionnaire français-caribe et une grammaire caraïbe. 

Sur Manioc :

Bonne lecture !
A.S.


Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2017/10/les-missionnaires-aux-antilles-le-pere.html

lundi 9 octobre 2017

Focus Manioc : l'abbé Joseph Rennard (18../1958)

Quelques mots sur l'abbé Rennard ...


Cette semaine Manioc  vous propose de découvrir un personnage connu de l'histoire antillaise, celle de l’abbé Joseph Rennard, prêtre, auteur d'ouvrages et d'articles autour de l'histoire religieuse des Antilles. Il a analysé l'évolution ecclésiastique des Antilles françaises depuis les débuts de la colonisation jusqu'à la veille de la première guerre mondiale dans son ouvrage : Histoire religieuse des Antilles françaises des origines à 1914 (1954). Une source documentaire qui a aidé de nombreux chercheurs dont Gabriel Debien :
"M. Rennard, qui a longtemps été curé à la Martinique, étudie le passé religieux de cette île depuis trente ans et plus. Il a vu les registres paroissiaux, les archives des fabriques, il connaît les traditions orales et chaque fois qu'il vient en France, c'est pour courir aux Archives Nationales ou à celles de la rue Oudinot. Il a même poussé jusqu'aux Archives de la Propagande à Rome. Il a publié des textes, une Bibliographie des sources de Vhistoire religieuse des Antilles, une Histoire des paroisses de la Martinique". (Gabriel Debien, J. Rennard, Histoire religieuse des Antilles françaises des origines à 1914, d'après des documents inédits, in Annales. Économies,, Sociétés, Civilisations. 11ᵉ année, N. 4, 1956. pp. 552-553).
L'abbé Rennard a exercé en Martinique pendant près d'une quarantaine d'années, en s'intéressant à l'histoire locale de chaque paroisses. D'abord celle de Mont-Saxonneix en Savoie, puis celle de Martinique (curé à Case-Pilote, au François, au Robert), à Constantine et enfin à Philippeville où il est décédé.


Sur Manioc :


  • Joseph Rennard, Les écoles de la Martinique au XVIIe et au XVIIIe siècle, Les Annales des Antilles : bulletin de la Société d'histoire de la Martinique, n° 22, 1978, p. 15-53.
  • Joseph Rennard, Les écoles à la Martinique au XIXème siècle jusqu'à la troisième République, Les Annales des Antilles : bulletin de la Société d'histoire de la Martinique, n° 22, 1978, p. 46-53.

Autres documents : 
  • Joseph Rennard, Histoire religieuse des Antilles françaises des origines à 1914 : d’après des documents inédits, Paris, Société des Colonies françaises, 1954.
  • Gabriel Debien, Les papiers de l'abbé J. Rennard et l'Histoire religieuse des Antilles Françaises, in Caribbean Studies, Vol. 4, Janv. 1965, pp. 62-73.
  • Joseph Rennard, À propos d'un récent essai sur l'histoire religieuse de la Martinique, in Revue d'histoire de l'Église de France, 1924, Vol. 10, Numéro 48, pp. 320-332.

Bonne lecture !

C.P.



Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2017/10/focus-manioc-labbe-joseph-rennard-181958.html

lundi 2 octobre 2017

Frontières mouvantes en Amazonie

Frontières mouvantes en Amazonie : le contesté anglo-brésilien

Source Manioc


L’effondrement de l’Empire espagnol à l’orée du XIXe siècle constitue un cas sans précédent historique : pour la première fois, un vaste territoire régi par une seule et même administration étatique éclate en plusieurs États indépendants. Si l’Empire couvrait un immense territoire, courant de Miami au cap Horn, l’Espagne n’a jamais pu, ni matériellement, ni humainement, occuper effectivement toute son étendue. Une très large partie des forêts tropicales, déserts arides des hauts-plateaux et vallées encaissées andines, échappaient à l’administration coloniale. À l’issue de ce processus de décolonisation, de multiples différents frontaliers éclatent entre les nouveaux États ou avec d’autres puissances coloniales.



Cet état de fait se retrouve sur l’immense territoire du Brésil. Administré par le Portugal jusqu’au traité de paix signé à Rio de Janeiro le 29 août 1825, qui proclame l’indépendance de la colonie, ce dernier omet de mentionner expressément l’étendue du territoire du nouvel Empire brésilien alors proclamé. C’est dans ce contexte qu’a eu lieu le différend frontalier entre la France et le Brésil en Guyane française.

Cet épisode diplomatique, aujourd’hui abondamment documenté, occulte pour partie celui qui se joua quatre ans plus tard entre le Brésil et la colonie britannique de la Guyane anglaise lors du contesté anglo-brésilen de 1904. Elle-même issue de la partition de la Guyane hollandaise (actuel Suriname), la Guyane anglaise (actuel Guyana) n’entre définitivement dans le giron de l’Empire anglais qu’en 1804. À la fin des années 1820 et au début de la décennie suivante, deux missions britanniques à vocation missionnaire et scientifique, s’aventurèrent en territoire inconnu, au-delà des côtes atlantiques vers l’intérieur des terres et de ses épaisses et luxuriantes forêts tropicales. Ces incursions provoquèrent une suite invraisemblable de quiproquos et échauffourées diplomatiques entre les deux pays sur la question de leurs frontières respectives. Au final, le Brésil faisait valoir d’affluents en affluents une présomption progressive en faveur de la possession totale du bassin amazonien ; à ces prétentions, le Royaume-Uni opposait les principes du droit international qui exige une possession effectivement réalisée. D’abord limité au seul district de Pirana, le territoire contesté s’étendit ensuite à toute la zone hydrographique couvrant le cours du Rupununi.

Devant les échecs répétés d’une entente à l’amiable, c’est finalement sur une proposition du Royaume-Uni que les deux puissances s’accordent à demander, à l’instar de la France au sujet du contesté de la Guyane, la médiation d’une nation tierce pour trancher cette épineuse question. L’article Ier du traité d’arbitrage signé en 1902 stipule ainsi : « Sa Majesté le Roi du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande, Empereur des Indes et le Président des Etats-Unis du Brésil, conviennent d’inviter Sa Majesté le Roi d’Italie à décider comme arbitre la question relative à la frontière. » L’objet du contesté, décrit avec précision dans l’article II, porte sur un immense territoire, pour l’essentiel vierge d’exploration coloniale, d’environ 33 200 km². Le verdict final de juin 1904 met fin à ce contesté après soixante années de tensions. S’il semble défavorable au Royaume-Uni, ce dernier perdant des milliers de km² de territoire, l’Empire britannique est néanmoins assuré d’un accès au bassin amazonien en dépit de tout bon sens, le roi d’Italie se refusant à suivre la ligne de partage des eaux, principe premier qui anime tout découpage géographique. C’est aussi un camouflet diplomatique pour le Brésil puisque le jugement reprend à son compte le découpage proposé par Lord Salisbury en 1891, découpage alors rejeté par le Brésil.


Sur Manioc

Gallica 
Source 

X.H.


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