dimanche 9 décembre 2018

Manioc à Curaçao

Les bibliothécaires de la Caraïbe accueillis par la Bibliothèque nationale de Curaçao


La réunion du comité exécutif de l'association des bibliothèques de la Caraïbe, ACURIL, se tenait les 6 et 7 décembre à Curaçao. Une belle opportunité pour faire
La réunion d'ACURIL à Curaçao relayée par le journal national
Réunion  des membres du comité exécutif d'ACURIL à Curaçao
Article du quotidien Djasabra (en "papiamentu")
découvrir aux lecteurs de Manioc cette île de la Caraïbe Néerlandaise souvent peu connue des francophones.



La réunion du comité exécutif d'ACURIL à Curaçao


Une quinzaine de professionnels des bibliothèques venus des quatre coins de la Caraïbe (Aruba, Porto Rico, Trinidad et Tobago, Jamaïque, Haïti, Martinique-Guadeloupe*, Suriname, République dominicaine, Bahamas, Curaçao) se sont réunis, sous la houlette de la Présidente de l'association, Monique Alberts, à la bibliothèque nationale de Curaçao, avec pour principal objectif la préparation du Congrès ACURIL 2019 qui se tiendra à Aruba. Nous reviendrons très prochainement sur cet événement professionnel incontournable de la coopération caribéenne, avec tous les détails pour y participer. 
Les sessions de travail à la Bibliothèque nationale de Curaçao ont été clôturées par des événements destinés à découvrir le patrimoine de Curaçao : bibliothèques et collections, musique, littérature, pratiques culturelles... Dans cette île de la Caraïbe néerlandaise, les professionnels des bibliothèques auront pu s'initier au "papiamentu" (graphie Curaçao), fascinant créole aux sonorités latines, et mettre au jour de nombreuses connexions culturelles. Ces actions s'inscrivent pleinement dans le renforcement du rôle des bibliothèques pour la préservation, la connaissance et la transmission du patrimoine des territoires, la valorisation des langues et cultures et la promotion de l'intercompréhension dans la Caraïbe.
Carte de Curaçao
Extrait de : Voyage aux trois Guyanes et aux Antilles

Curaçao

L'île de Curaçao,  Kòrsou en papiamento (graphie internationale), fait partie des îles ABC (Aruba, Curaçao, Bonaire) situées au large des côtes vénézueliennes. C'est un Etat autonome du Royaume des Pays-Bas. La capitale, Willemstad, a conservé un magnifique patrimoine architectural caribéen teinté d'une touche nordique. Le centre ville et le port de Willemstad sont inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 2009. La population, environ 150 000 habitants, est d'origine extrêmement diverse et les migrations continuent d'alimenter cette diversité. Dans cette île dont la population est particulièrement polyglotte, les conversations se déroulent en papiamento mais également en espagnol, en néerlandais, en anglais... 

Les collections de Manioc sur Curaçao
Illustrations anciennes, ouvrages numérisés, conférences filmées : plus d'un millier de documents traitant de Curaçao sont accessibles depuis la recherche fédérée de Manioc ; de quoi initier un voyage intellectuel en traversant diverses époques... Voici une petite sélection :

Ouvrages anciens numérisés :
Curaçao. Le Pont 
Extrait de : Voyage aux trois Guyanes et aux Antilles

  • L'île de CuraçaoAuteur : Verschuur, Gerrit (1840-1906). Édition : Paris, Hachette, 1893. Extrait de la revue "Le tour du monde", T. LXVI, n°6 août 1893. Provenance de l'exemplaire numérisé : Réseau des bibliothèques de la Ville de Pointe-à-Pitre
  • Voyage aux trois Guyanes et aux Antilles. Auteur : Verschuur, Gerrit (1840-1906). Éditeur : Paris, Hachette, 1894. Provenance : Collectivité territoriale de Martinique. Bibliothèque Schoelcher. [L'ouvrage comporte notamment de nombreuses illustrations sur Curaçao].


Conférences filmées :


* Les Bibliothèques de l'Université des Antilles (Service commun de la documentation) sont représentées au comité exécutif d'ACURIL par la coordination interrégionale de la bibliothèque numérique Manioc. 

Mashi Danki (Merci beaucoup en "papiamentu") aux collègues de la Bibliothèque nationale de Curaçao pour leur accueil.

AP


Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2018/12/manioc-curacao.html

lundi 3 décembre 2018

Les Villes des Petites Antilles #1

Voyager dans Manioc


A map of the Caribee Islands in the West Indies
Quelle meilleure façon de voyager, dans le temps et entre les îles, de la Guadeloupe à Trinidad, que de surfer sur Manioc ? Cette semaine, nous avons sélectionné plusieurs passages tirés des ouvrages de la rubrique « livres anciens », ainsi qu’une série de photos de la rubrique « images », pour guider le lecteur dans un voyage en étapes vers la découverte du passé des villes des Petites Antilles.

Nous allons présenter à travers une série d’articles : Pointe à Pitre et sa baie, collier de perles des Antilles ; Roseau et les traces de son passé français ; la mythique Saint-Pierre, la Pompéi de la Caraïbe ; Castries, forteresse naturelle, entre beauté et serpents ; Bridgetown, carrefour du monde à l’époque du Père Labat ; Kingstown parmi les plus beaux coins des Antilles, mais capable de susciter l’inquiétude des voyageurs ; Saint-George qui selon Henry Nelson évoquait au XIXe siècle une atmosphère d’Italie et pour terminer Port of Spain, gloire de l’architecture caribéenne, ornée de pierres venues d’Angleterre et de marbres italiens.

Afin de donner un aperçu de la diversité de l’espace caribéen et des documents disponibles sur Manioc, nous avons choisi des extraits d’ouvrages en français, anglais et espagnol.

Avant de partir, un peu d’histoire

Nous proposons de commencer ce voyage avec quelques extraits de l’ouvrage Historia de las Antillas. Cet ouvrage historique en Espagnol, publié en 1846, est constitué de deux parties : la première dédiée à l’histoire des Antilles (jusqu'à la page 174) retiendra notre attention ; la deuxième partie concerne l’histoire du Rio de la plata.

Le tracé historique de chaque île de la Caraïbe y est présenté de façon autonome mais à des degrés différents. L’auteur choisit de consacrer la majeure partie de son livre à l’histoire d’Hispaniola (une bonne centaine de pages et 7 chapitres) et des colonies espagnoles (Cuba et Porto Rico) ; le reste de l’ouvrage est dédié aux colonies anglaises, suédoises, néerlandaises et françaises. L’intérêt de cet ouvrage est notamment qu'il livre une perspective historique, un regard du XIXe siècle, sur l’histoire des Antilles. Il nous permet de mesurer le changement qui s'est opéré entre le XIXe et le XXIe siècle dans le regard sur le passé des Antilles.

Venons maintenant aux extraits tirés du livre. La première série présente de façon succincte la caractéristique historique de ces îles, qui d’après l’auteur, C. Famin, ont été des terres de conquête pour les grandes puissances, théâtre d’un conflit toujours renouvelé en vue d’étendre le pouvoir.

p. 5Las Antillas no tienen historia que les sea propia: sus anales se hallan confundidos con las empresas y guerras de los Europeos. Tan solo Haití, que goza ya cuarenta años de independencia, puede ofrecer durante este periodo una verdadera historia nacional. Las playas de estas islas, vasallas del antiguo hemisferio, sirven de exceso á lejanas querellas, cambian de dueño según los azares de la guerra, y están destinadas en los tratados de paz para formar la balanza de las pérdidas y el premio de las victorias.

Así es que vemos flotar en el archipiélago los pabellones de las principales potencias. Cada una tiene su presa, porque cada una ha alcanzado un día de victoria; y de todas estas islas, de las cuales Cristóbal Colon tomó posesión en nombre del rey de España, tan solo nueve pertenecen á sus primeros dominadores: la Inglaterra posee diez y ocho, Holanda seis, Francia cinco, Dinamarca tres y Suecia una. Preciso es pues, para la mayor parte de las Antillas, limitarse en marcar las épocas en (que han pasado de un dueño á otro, y seguir con largos intervalos la suerte que les ha cabido, cuando han llegado a ser el teatro de algún accidente notable en medio de las guerras motivadas por las disensiones del continente europeo.

Algunas sin embargo, entre ellas Santo-Domingo y Cuba, han presenciado sucesos demasiado importantes, paraqué dejemos de consagrarles una listona especial, y todas en general merecen una mención particular, tanto con respecto á la historia de su descubrimiento, como á la del esclavo que las puebla; sorprendente fenómeno social en nuestro siglo…”

Les deux extraits suivants évoquent le deuxième et le troisième voyage de Christophe Colomb dans le « Nouveau Monde », pendant lesquels il rencontre les îles des Petites Antilles.

p. 6La Ilota compuesta de tres grandes embarcaciones y de catorce carabelas, partió de Cádiz el 25 de setiembre de 1493. Este viaje no debía llenar las locas esperanzas de los aventureros; pero no debía ser sin fruto para la ciencia geográfica. Colon, dirigiendo su rumbo mucho más al sur de lo que hizo en su primer viaje, descubrió después de veinte y cinco días de navegación, la Dominica, María-Galante y la Guadalupe…”

p. 7 “En su tercer viaje partió de Europa el 30 de mayo de 1498, descubrió la Trinidad el 31 de julio, y algunos días después Tobago, la Granada y Santa-Margarita…


Livres anciens sur Manioc

-Historia de las Antillas, [suivi de] Historia de las Provincias Unidas del Río de la Plata (Buenos Aires, Paraguay, Uruguay), Famin, César (1799-1853) Regnault, Elias.  Barcelone : Fomento, 1846.

         G.B.


Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2018/12/les-villes-des-petites-antilles-1.html