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mardi 13 août 2013

Focus Manioc : Magloire Pélage

Le soldat martiniquais Magloire Pélage  


Capitulation des Anglais à la Guadeloupe

Pour ce nouveau numéro de "Focus Manioc", arrêtons-nous un instant sur l'article de Vincent Hughues-Belrose : "Magloire Pélage à la lunette Bouillé (Martinique, 1794)". A la lecture de cet article, intéressons-nous à ce militaire martiniquais : Magloire Pélage


Né en 1766 au Lamentin (Martinique), le jeune Magloire est sans doute de condition servile. En effet, beaucoup d'historiens ne sont pas d'accord sur son origine (se référer à l'article de M. Vincent Hughues-Belrose).  
C'est à l'âge de 27 ans qu'il entre dans la milice des gens de couleur. Enrôlé comme fusilier dans le 1er bataillon de chasseurs de la Martinique, il est nommé sergent quelques mois plus tard (en avril 1793).
Lors de l'assaut du Morne Vert-pré contre les royalistes, le 8 juin 1793, Pélage est blessé à la cuisse. En récompense de sa bravoure, le général Rochambeau l'élève au rang de lieutenant en décembre 1793. Et lors de l'attaque anglaise de février-mars 1794, il est chargé de défendre une redoute du Fort de la République. 
Le général  Rochambeau
(1850-1813)
Après la capitulation, Magloire Pélage est envoyé en Europe où il est promu capitaine du bataillon des Antilles, constitué en octobre 1794. 
L'année suivante, le bataillon quitte la France pour la Guadeloupe. Avec sa troupe, il participe à la reconquête de Sainte-Lucie et devient le chef de bataillon le 3 juillet 1795.
A la suite de la reconquête de l'île par les anglais en 1796, il est à nouveau blessé et fait prisonnier. Envoyé en Grande-Bretagne, il est libéré en octobre 1797. 
Quelques temps plus tard, il tient la garnison à Fécamp, Rouen puis Morlaix, avant de devenir chef de la brigade en 1799. A la fin de cette même année, il retourne en Guadeloupe comme aide de camp des agents Jeannet-Oudin, Baco de la Chapelle et Lavaux.
Pourtant officier de couleur au grade le plus élevé, c'est Jean-Baptiste Raymond de Lacrosse qui s'attribue le commandement de la garnison à la mort du général Béthencourt en août 1801. A la suite de cela, Lacrosse est arrêté et expulsé de l'île au cours des mois d'octobre-novembre de la même année. Après ces évènements qui aboutissent à la chute de Lacrosse, Magloire Pélage commande l'arrondissement de Point-à-Pitre. Officier de couleur le plus gradé, et jouissant d'une grande popularité, il est nommé à la tête du Conseil provisoire du gouvernement qui dirige l'île jusqu'à l'arrivée du général français Antoine Richepance. Il s'évertuera de maintenir l'ordre et à prouver son loyalisme. En octobre 1801, il se marie avec Anne Charlotte Mantel.
Présenté comme un rebelle par la propagande de Lacrosse, et en dépit des humiliations qu'il subit, Pélage apporte une aide au général pour lutter contre Delgrès et Ignace. Il entraîne près de 600 hommes de l'armée coloniale. Après la victoire de Richepance, il est envoyé en France en juillet 1802 avec toute sa famille. Mais soupçonné par le pouvoir central, il est arrêté et libéré en novembre 1803.
Après de multiples demandes de réintégrations dans l'armée, le premier consul le réintègre et Pélage retrouve son grade de chef de la brigade en 1808. On l'envoie rejoindre l'armée française en Espagne en octobre de la même année. Il meut le 7 avril 1810, en Espagne à Estalla (Navarre) dans les rangs de l'armée française d'occupation. 


Plan des environs des forts de la République
et de la convention dans l'isle Martinique
Manioc vous propose une sélection d'ouvrages liée à Magloire Pélage et à l'histoire de la Guadeloupe  (fin  XVIIIe siècle - début XIXe siècle).
Sur le catalogue collectif des périodiques Caraïbe - Amazonie : 
  • Joseph A. Borome, Pelage et Toussaint Louverture, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n° 21, 01-01-1974, p. 3-7.
  • Anne Pérotin-Dumont, Témoignages sur la Guadeloupe en 1794 à la mémoire d'Alejo Carpentier, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n°47, 01-01-1981, p. 3-33.
  • Jean Barreau, La perte et la reconquête de la Guadeloupe en 1794Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n°28, 01-04-1976, p. 13-48.
  • Raymond Boutin, Entrer dans la vie en Guadeloupe entre 1850 et 1946, Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe, n°111, 01-01-1997, p. 5-50.
  • Léon- Rameau Danquin, Chronologie indicative des évènements de la période 1794-1802, Études guadeloupéennes (Abymes), n° 8, 01-08-2003, p. 19-32.
 Vidéo : 

Pour finir, voici quelques ouvrages disponibles dans nos bibliothèques universitaires  pour approfondir vos connaissances  sur le sujet : 
  • André Nègre, La rébellion de la Guadeloupe 1801-1802, Ed. Caribéennes, 1988, 163 pages.
  • Jacques-Adélaïde Merlande, René Bélénus, Frédéric Régent, La rébellion de la Guadeloupe 1801-1802, Archives départementales de la Guadeloupe, 2002, 355 pages.
  • Josette Fallope, Esclaves et citoyens : les noirs à la Guadeloupe au XIXe siècle dans les processus de résistance et d'intégration : 1802-1910, Société d'histoire de la Guadeloupe, 1992, 713 pages.
  • Jacques Adélaïde-Merlande, Delgrès ou la Guadeloupe en 1802, 2ème édition, éditions Karthala, 2002. 
  • Germain Saint-Ruf, L'épopée Delgrès, la Guadeloupe sous la révolution française (1789-1802), Paris, 3ème édition,L'Harmattan,1988. 
  • Roland Abduse, Joseph Ignace, le premier rebelle. 1802 : la révolution anti-esclavagiste guadeloupéenne, Editions Jasor, 1989.

Bonne lecture !

P.C.

Lien vers l'article : http://blog.manioc.org/2013/08/focus-manioc-magloire-pelage.html

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