Samedi 26 juin, la Marche des fiertés (ou Gay Pride) s'élancera dans de nombreuses villes du monde pour revendiquer la liberté et l'égalité pour toutes les orientations sexuelles et identités de genre, selon le mot d'ordre consacré.
Samedi 26 juin, la Marche des fiertés (ou Gay Pride) s'élancera dans de nombreuses villes du monde pour revendiquer la liberté et l'égalité pour toutes les orientations sexuelles et identités de genre, selon le mot d'ordre consacré.
Pour l'occasion, Manioc vous propose quelques évocations détournées du sujet, puisées dans ses collections. Sans vouloir imputer à aucun des personnages représentés ci-dessous telle ou telle tendance, que rien n'autorise à supposer d'ailleurs, bornons nous à regarder d'un d'oeil entendu les signes et manifestations d'une complicité masculine revendiquée ou subie, mais affichée au vu de tous.
Dans les années 1890, la marche commune de Marchand et Baratier, fort statiques sur ce tendre cliché (1), les conduisit à
pas d'explorateurs vers une Afrique à se partager entre puissances européennes. Le chef de la
fameuse "Mission Marchand" Congo-Nil, qui fut l'occasion d'un célèbre conflit de
pré carré avec l'Angleterre, c'est bien
lui, à gauche sur la photo. Parmi les officiers placés sous ses ordres,
le capitaine Baratier, immortalisé ici dans une veste à brandebourgs du dernier
chic.
Ailleurs, au cours de ce même 19ème siècle, avec l'aval des
autorités, d'étranges pratiques d'accouplement avaient cours. C’était le bagne
au quotidien... Illustrée par Guillebert (2), la séquence représente l'opération consistant, au bagne de Rochefort, à imposer à certains détenus un partenariat de fer liant l'un à l'autre par une chaîne en vue d'une meilleure régulation des flux pénitentiaires.
Non loin de là , à Brest, deux hommes « condamnés
au repos » , contraints de partager la même paillasse, unis par les
fers, davantage, peut-être, que par une communauté de sentiments, peu perceptible sur ce dessin…(3)
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3/ Condamnés au repos |
Mais, sous l’effet d’un quotidien oppressant, il pouvait advenir que la promiscuité tournât au drame, comme le donne à voir une illustration
exécutée de plein fouet (4). Alors, l’explication
entre hommes prenait la forme d’une séance de bastonnade infligée au bagnard déculotté
par d’autres bagnards…
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4/ La bastonnade |
Tout comme les héros enlacés de la mission Marchand, hommes d'ordre et de moralité, il pouvait se trouver des bagnards propres et bien mis que leur situation de fortune au
moment de leur condamnation vouaient à des conditions de détention privilégiées :
ici, hormis la présence peu discrète du garde-chiourme, rien ne distingue ce
couple de bons amis d'une paire de tourteaux ordinaires, luttant
sur le pavé des rues en faveur du mariage pour tous.
A quelques jours de la Marche des fiertés, c’est d'ailleurs l’occasion
de revenir sur ce que furent, en Martinique, les ressorts de la mobilisation des
opposants à la fameuse loi du 17 mai 2013 sur le mariage entre personnes de même sexe. Nadia
Chonville, doctorante en sociologie à l’UA, a étudié le phénomène et livré ses observations
dans un article d’Etudes caribéennes n° 29 : Leviers des mouvements sociaux parallèles au vote de la loi « Mariagepour tous » en Martinique mobilisation des ressources et processus de cadrage.
Retrouvez les illustrations qui ont servi de matière à cet article dans les ouvrages numérisés de Manioc :
POA
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